‹ Louis XVII (volume 2)Chapitre 34 sur 264 · LIVRE II. — LES TUILERIES · texte numérisé non relu

LIVRE II. — LES TUILERIES

le nom des Épauleties blanches ou de Henri IV: cette seconde dénomination lui venait de ve qu'il se réunissait au pont NeuF. Cette concurrence amena de vives altercations, d'où résultèrent plusieurs duels; trois enfants furent blessés à la baïonnette, un quatrième reçut un coup de sabre fort dangereux. Il n'en fallut pas davantage, non pour calmer les mauvaises tètes des apprentis soldats, mais pour refroidir le zèle effarouché des parents, qui tous, sans se consulter, pensèrent unanimement que c'était i\ eux qu'il appartenait de donner cette fois la consigne et le mot d'ordre, et de leur autorité ils prononcèrent lu dissolution du Royal-Dauphin.

Les funéniilles de Mirabeau fturentime des plus imposantes cérémonies publiques dans lesquelles figura la milice enfantine. Deux mois plus tard nous la retrouvons mêlée à l'efFervescence que la fîiite du Roi pour Montmédy avait excitée : la générale battit dans tout Paris, et les petits tambours en faisaient partie ' . C'est peu de jours après qu'eut lieu le licenciement, ou plutôt la transfonnation du Royal-Dauphin, qui prit le nom de Bataillon des élèves défenseurs de l'autel de la patrie. Les adolescents y restèrent , mais les tragédies de la me devenaient trop sérieuses pour qu'on put y laisser un rôle aux enfants. De son côté, le régiment des Epaulettes blan-ches s'intitula Bataillon des élèves de V espérance de la patrie.

L'année suivante, ces deux bataillons se fondirent ensemble, sous la dénomination de Légion des élèves défenseurs de la patrie^,

' Alexaodre Pîccini, coin|M>sitcur de iniisir|iic (né 2t Paris le 17 scpfein» bre 1779, mort à Daden«Batlen le 30 mars 1850), in*a raconlé que, caporal dans le Iloyal-Danpliin , il écait préciséiiivnt de {«arde an poste du maire de Paru dans la nuit da 20 au SI juin 1701; qu'il a%'aic vu, à une lieure du ■oaûn, une dame, entièrement veine de blanc, sortir du fond de l'hAtel, traverser la cour et gagner la rue; que %\\ 1% sept heures plus tard il apprit, comme tout le monde, la nouvelle dn dé|Yart de la famille royale, maii qu*il a'avait jamais pu sVxpliquer la mystérieuse apparition dont il avait été témoin dans Li conr de T hôtel de M. Bailly.

> L*almanach de 1703, an II de la Répnhiiqne, donne le personnel de rétat-major :

l.«ouis-Deni:^aIiricl Antheaunic, colonW, instituteur en chef.

Mais n'anticipons point sur les faits.

Le Dauphin ne se rendait plus à son |>etit jardin sans trouver sur son passage bien des mères et bien des enfants; il saluait les unes avec prévenance, les autres avec cordialité. Les enfants ^i désiraient lui parler arrivaient à lui oomme a un camarade; il les écoutait, car il savait écouter, et plus d'une fois (car il savait aussi se souvenir) il fit donner de l'argent à ceux qui lui avaient dit que leurs familles étaient dans le besoin. Une pauvre mère vint un jour le trouver au milieu de ses fleurs, et le pria de solliciter une grâce pour elle : « Ah ! Monseigneur, lui disait-elle , si j'obtenais cette faveur, je serais heureuse comme une reine. » Le Prince, qui s'était baissé pour cueillir des reines-marguerites, se relève, la regarde, et lui dit d'un air pénétré : Heureuse comme une reine!... Moi, j'en connais une qui ne fait que pleurer'. »

Il se chargea du placet de la pauvre femme, qui revint, impatiente, le trouver le lendemain à son petit jardin. « J'ai une réponse, » lui dit l'enfant plein de joie; et tout radieux, il tira de sa poche une pièce d'or enveloppée dans un papier :

TIuf{ue»-Simon Vial, adjudant géiiéral.

Joseph Serin, adjudant {^l'iiôrnl en second.

François-René Vallet de Villeneuve, lieutenant-colonel.

iean-Clande Blanchet, licutenant<KX>lonel en second.

Etc., etc., etc.

Le 10 septcnilire 1793, un arrêté de la commune destitua le citoyen Antiienumc. Les mères de ses él«ves réclamèrent : le conseil général nomma dcuv commissaires (Arnaud et Lelièvre) pour examiner sa conduite; l'un d'csix présenta au conseil les faits en sa faveur et ù sa charge : « Le citoyen Antlieaume, présent, dit le registre de la commune, prend la parole pour se discul|icr; il entre dans le détail des inculpations lanoéei contre lui; il se justifie d*avoir été l'agent de la Fa^-elte, d*ètre l'ennemi des sociétés populaires: il dit avoir toujours inculqué à ses élèves les principes républicains; il proteste de son civisme, et termine en aitril>aant à l'intrigne de set ennemis les dénonciations contre lesquelles il est obligé de se défendre, et en demandant le rapport de l'arrêté du conseil tpii le concerne et qni l'accuse d'incivisme. Un membre réfute le citoyen Ahtkeannie, et annonce qu*il esc on de ceux qui ont soulevé les aristocrates et les modérés de la 8(*ciion du Mail contre les patriotes de cette section; il demande Tordre du jour. I^ conseil passe à l'ordre du jour, en confirmant Tarrftté qui concerne le citoyen Antbeaume. »

' Ëckard, Mémoires histori<fues ; S« édit., page 22 à 23.

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