LIVRE III. — VOYAGE DE VARENNES
Arrivé à Claye, l'équipage rencoatm les daines Neuville et Brunier, premières femmes de chambre, Tune de M. le Dauphin , l'autre de Madame Royale , toutes deux parties quelques heures ai:qiaravant dans une chaise de poste. Cette chaise de poste suivît la beriÎDe attelée de six chevaux. A ce même rdaîs, la barlioe, quoique neuve, a besoin de quelques réparations. Elles sont faites snr-le-champ, les chevaux repartent, franchissent Tenace, et de minute en minute la confiance des voyageurs redouble. «Me voilà donc, disait le Roi, hors de cette ville de Paris où j'ai été abreuvé de tant d'amertume ! » II se met à parler de ses projets : son premier but est d'atteindre Montmédy, pour aviser au parti qu'il conviendra de prendre, bien résolu de ne sortir du royafume que dans le oaa on les daroonstances exigeraient qu'il traversât quelques villes frontières pour arriver plus vite à celles de France où il doit fixer son séjour, ne voulant pas même s'arrêter un instant en pays étnmger. Il dédare sa volonté fomelfe d*étre autre qu'il, n'a été, son ^pérance fondée de revoir bient6t ses frères et ses fidèles serviteurs, de restaurer la région, de faire le bonheur de la France; puis il donne leeture du mémoire qu'il a laissé aux Tuileries pour être porté à l'Assemblée; et, alors, regardant sa montre qui marquait huit heures : « La Fayette , dit*il , est présentement bien embarrassé de sa personne. » Au bourg d'Étoges, entre Montmirail et Ghàlons, on eut un moment d'inquiétude : on crut être reconnu. Le Roi, avec sa coaifiance ordinaire, se laissait trop voir. Il descendit plusieurs ibis de voiture, monta (tes côtes à pied, et même, des témoignages juridiques en font foi , il cagagea la conversation avec, des paysans. Ce qui devait être plus funeste encore, c'est que deux fois, entre Chaintris et Ghàlons, les chevaux s'abai> tirent, tous les traits cassèreot, et on perdit plus d'une heure à réparer ce désastre. Toutefois l'inquiétude n'atteint pas encore les fogîtîft. « Quand nous aurons passé Ghàlons, dit le Roi , nous n'aurons pks rien à redouter; nous trouverons