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à Pont-de-Somme-Vesle ie premier détachement des troupes, et notre voyage est assuré. >
A Ghàlons , où l'on arriva à quatre heures de l'aprèsHuidi, on fut tout à fait reconnu y et par lé maitre de poste et par quelques personnes qui avaient vu le Roi à l'époque de son sacre; mais ces personnes fidèles et prudentes firent en silence des vœux pour sa fuite; elles aidèrent elles-mêmes à atteler les chevaux, et pressèrent les postillons de partir. La famille royale ne s*apcrçut pas de cette tacite conspiration. On ne s'arrêtait nulle part pour les repas, qui se faisaient dans la voilure.
A Pont -de-Somme-Vesle , première poste après Cliàlons, devait se trouver un détachement de hussards pour escoiler la voiture jusqu'à Montmédy ; mais arrivé là vers six heures, le Roi n'aperçut ni les troupes, ni MM. de Ghoiseul et de Goguelat, qui d'après les ordres de M. de Bouille devaient organiser les escortes suivantes. Ne pouvant questionner personne à ce sujet , Louis XVI ne sut pas que ces troupes s'étaient présentées six heures plus tôt, sous le prétexte d'un convoi d'argent à protéger; que la vue d'un détachement attendant si longtemps à poste fixe avait fini par causer une sorte d'attroupement; que la municipalité de Ghàlons avait envoyé savoir le motif de tous ces mouvements, et que M. de Ghoiseul, craignant qu'une seule parole, même légère et jetée étourdiment, ne sufBt pour faire naître un soupçon compromettant, avait feint d'ajouter foi au récit d'un voyageur, qui affirmait que la diligence du matin était fort pesamment chargée. « Il parait clair qu'elle portait le trésor attendu , dit M. de Ghoiseul; nous n'avons plus rien à faire ici, retirons • nous. » Tout s'était calmé à ces mots, et, les hussards partis , les rassemblements s'étaient dissipés. Chose étrange! à Paris, on avait le pressentiment de la fuite du Roi ; sur la route, on avait le pressentiment de son passage. Il y avait à peine une heure que ce fait s'était passé lorsque le Roi arriva ; on relaya sans difficulté , mais ici il faut noter