I CONVENTION NATIONALE
Le Comité de sûreté générale.
u Dq 17 floréal, l'an III de la Répobliqoe une et indiviiible (6 mai 179B).
> Le Comité de sûreté générale , instruit par les rapports des gardiens de l'enfant Capet qu'il éprouve une indisposition et des infirmités qui paraissent prendre un caractère grave , arrête que le premier officier de santé de l'hospice de l'Humanité se transportera auprès du malade pour le visiter et lui administrer les remèdes nécessaires ; il ne pourra faire ses visites qu'en présence de ses gardiens.
> Les représentants du peuple composant le Comité de sûreté générale ,
> PéuARTiN, AiGUis, Mathieu. Montuayou. Kbrvblrgan, GuYOMAR, Sbvestrb, Pbrrin et Calâs. »
Xous trouvons à la même date l'arrêté suivant :
0 Dq 17 floréal , l'an III de la Répabliqae nue et indivisible (6 mai 1796).
» La commission des secours publics aura l'administration économique de la maison du Temple , ainsi que celle de toutes les autres maisons d'arrêt de ce genre.
> Le présent arrêté sera adressé tant à la commission des secours publics qu'à celle des administrations civiles, police et tribunaux.
> PiBRRBT, Courtois. Bbrgobin, Auguis, Montuatou, Kervelegav , Ma^hibu, Ysaobau, et Ch^nibr. »
s'y manifestait avec aucun symptôme violent , ni rebelle ophthalmie, ni vastes ulcères, ni gonflements articulaires chroniques. Le vrai mal dont se mourait cet enfant, vieux avant le temps, et dont la taille était voûtée, la peau terreuse et la marche chancelante, c'était Tépuisement, c'était le marasme parvenu à un point qui ne laissait guère d'espoir de salut. Desault osa proposer à l'autorité de faire immédiatement transporter le Prince à la campagne; il espérait que le bon air, un traitement assidu, des soins constants pourraient parvenir à lui rendre un peu de vie. Les comités, comme on le pense bien, ne firent aucune attention à ces propositions.
Desault revint le lendemain à neuf heures. Il examina de nouveau le malade, ne changea rien aux prescriptions de la veille; seulement il ordonna, de plus, des frictions d'alcali volatil sur les tumeurs. Comme il se retirait, Gomin lui de» manda s'il ne faudrait pas essayer de promener l'enfant dans le jardin : « Et comment? dit M. Desault, chaque mouvement lui cause une, douleur. Certainement il a besoin d'air, mais c'est l'air de la campagne qu'il lui faut ! » Les frictions ordonnées furent faites par Lasne. Louis-Charles n'y mettait pas obstacle, et d'ailleurs il n'eût point eu la force de s'y opposer; mais il fut moins facile de lui faire accepter la potion ordonnée la veille , et dont il n'avait pas voulu encore goûter. Soit par dégoût de la vie , soit dans la crainte du poison , il demeurait insensible à toutes les instances que ses gardiens faisaient pour le décider. Le premier jour son refus était' resté inébranlable. Gomin eut beau , à trois reprises différentes , boire devant lui un verre de cette potion, cet exemple ne le persuada pas, et on n'en obtint rien. Le second jour, Lasne renouvela ses sollicitations : « Monsieur sait bien que je ne veux que le bien de sa santé, et il m'afflige profondément en repoussant ainsi ce qui peut y contribuer. Je le supplie en grâce de ne me point faire ce chagrin. » Et comme en disant ces mots Lasne recommençait à goûter la potion dans un verre , l'enfant lui prit des mains la cuillerée qu'il lui présentait : « Tu as donc juré que