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LIVRE XVIU. - AGONIE ET MORT

Normand, sous^-lieutenant, de rHomme arme; Vuillaume, sergent, des Arcis ;

Damont, j

1^ . > commissaires civils ci-dessus nommés ;

Bigot, idem, des Droits de Fhomme;

Bouquet, idem, de la Fidélité.

Ce procès-verbal fut inséré dans le journal-registre de la tour du Temple, qui plus tard fut déposé au ministère de Tintérieur*.

Pendant cette visite arrivèrent à la porte extérieure du Temple les chirurgiens chargés de faire Fautopsie; c'étaient Duman* gin, médecin en chef de Thospice de FUnité; Pelletan, chirurgien en chef du grand hospice de FHumanité; Jeanroy, professeur aux écoles de médecine de Paris; et Lassus, professeur de médecine légale à FÉcole de santé de Paris. Ces deux derniers avaient été choisis par Dumangin et Pelletan, à cause des rapports qu* avaient eus, M. Lassus avec Mesdames de France, et M. Jeanroy avec la maison de Lorraine^, ce qui donnait une autorité toute particulière à leur signature. Gomin les reçut dans la chambre du conseil et les y retint jusqu'à ce que la garde nationale , en descendant du deuxième étage , fût venue signer le procès-verbal de Darlot; cela fait, Lasne, Darlot et Bouquet remontèrent immédiatement avec les chirurgiens et les introduisirent dans Fappartement de Louis XVII, qu'ils examinèrent d'abord sur son lit mortuaire; mais M. Jeanroy ayant

* « Le minisire de l'iotërieur déclare que le citoyen Lasne, gardien du Temple, lui a remis quatre registres sur l'un desquels sont deux bandes de scellés d'un carton où sont des papiers, le tout relatif à la détention des cidevant Roi et Reine, d'Elisabeth, des fils et fille desdifs ci-devant Roi et Reine , plus un petit paquet cacheté , de tout quoi il décharge ledit citoyen Lasne.

» Plus, il lui a remis deux cachets sur cuivre, l'un de l'ancienne municipalité, et l'autre des commissaires gardiens du Temple.

» Paris, le 19 germinal an IV de la République française, etc.

» Bbxbzrgh.

» Ghaiipagnbux , chef de la première division. »

' Lettre de M. Dumangin à M, Pelletan . déjà cit<fe.

fait observer que le demi-jour de cette chambre était peu favorable à Faccomplijisement de leur mission, les commissaires dressèrent dans la première chambre , près de la fenêtre , une table sur laquelle le cadavre ayant été apporté, les chirurgiens commencèrent la triste opération pour laquelle ils étaient réunis ï,

' En voici le procès -verbal :

■ ProcèS'verbal de l'ouverture du corps du Jils de défunt Louis Capet , dreué à la tour du Temple, à onze heures du matin, ce ^l prairial*.

a Noas soussignés , Jean-Baptiste-Eugënie Damangin , médecin en chef de l'hospice de l'Unité , et Philippe- Jean Pelletan . chirurgien en chef du grand hospice de l'Humanité, accompagnés des citoyens Nicolas Jeanroy, profei> seur aux écoles de médecine de Paris , et Pierre Lassus , professeur de mé' decine légale à l'École de santé de Paris, que nous nous sommes adjoints en vertu d'un arrêté du comité de sûreté générale de la Convention nationale, daté d'hier, et signé Bergoing, président; Courtois, Gauthier, Pierre Guyo* mard; à l'effet de procéder ensemble à l'ouverture du corps du fils de dëfîint Louis Capet, en constater l'état, avons agi ainsi qu'il suit :

a Arrivés tous les quatre à onze heures du matin à la porte extérieure du Temple , nous y avons été reçus par les commissaires , qui nous ont introduits dans la tour. Parvenus au deuxième étage, dans un appartement, dans la seconde pièce duquel nous avons trouvé dans un lit le corps mort d'un enfant qui nous a paru âgé d'environ dix ans, que les commissaires nous ont dit être celui du fils de défunt Louis Capet , et que deux d'entre nous ont reconnu pour être l'enfant auquel ils donnaient des soins depuis quelques jours. Les susdits commissaires nous ont déclaré que cet enfant était décédé la veille , vers trois heures de relevée ; sur quoi nous avons cherché à vérifier les signes de la mort, que nous avons trouvés caractérisés par la pâleur universelle , le froid de toute l'habitude du corps , la roideur des membres , les yeux ternes, les taches violettes ordinaires à la peau d'un cadavre, et surtout par une putréfaction commencée au ventre , au scrotum et au dedans des cuisses.

» Nous avons remarqué, avant de procéder à l'ouverture du corps, une maigreur générale qui est celle du marasme; le ventre était extrêmement tendu et météorisé. Au côté interne du genou droit, nous avons remarqué une tumeur sans changement de couleur à la peau, et une antre tumeor moins volumineuse sur l'os radius , près le poignet du côté gauche. La tumeur du genou contenait environ deux onces d'une matière grisâtre, puriforme et lymphatique , située entre le périoste et les muscles ; celle du poignet renfermait une matière de même nature , mais plus épaisse.

a A l'ouverture du ventre, il s'est écoulé plus d'une pinte de sérosité purulente, jaunâtre et très -fétide; les intestins étaient météorisés, pâles, adhérents les uns aux autres, ainsi qu'aux parois de cette cavité; ils étaient

* I.a date do l'annér da ip trouve dans aocao endroit de OB' procét-verbal.

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