‹ Louis XVIIChapitre 114 sur 206 · LIVRE XVIII. — AGONIE ET MORT · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII. — AGONIE ET MORT

Pendant que ces choses se passaient au Temple, Achille Sévestre, député d'ille-et- Vilaine, qui avait voté la mort de Louis XVI et qui (le 13 avril 1794) avait dit en parlant du Dauphin : Cet enfant ne sera jamais majeur , faisait, au nom du comité de sûreté générale, le rapport suivant à la Convention :

parsemés d'une grande quantité de tubercules de diverses grosseurs , et qui ont présenté à leur ouverture la même matière que celle contenue dans les dépôts extérieurs du genou et du poignet.

> Les intestins , ouverts dans toute leur longueur, étaient très-sains intérieurement, et ne contenaient qu'une très-petite quantité de matière bilieuse. L'estomac nous a présenté le même état; il était adhérent à toutes les parties environnantes, pâle au dehors, parsemé de petits tubercules lymphatiques, semblables à ceux de la surface des intestins; sa membrane interne était saine, ainsi que le pylore et l'œsophage; le foie était adhérent par sa convexité au diaphragme, et par sa concavité aux viscères qu'il recouvre; sa substance était saine , son volume ordinaire , la vésicule du fiel médiocrement remplie d'une bile de couleur vert foncé. La rate, le pancréas, les reins et la vessie étaient sains; l'épiploon et le mésentère, dépourvus de graisse, étaient remplis de tubercules lymphatiques semblables à ceux dont il a été parlé. De pareilles tumeurs étaient disséminées dans l'épaisseur du péritoine» recouvrant la face intérieure du diaphragme; ce muscle était sain.

• Les poumons adhéraient par toute leur surface à la plèvre, au diaphragme et au péricarde ; leur substance était saine et sans tubercules ; il y en avait seulement quelques-uns aux environs de la trachée -artère et de l'œsophage. Le péricarde contenait la quantité ordinaire de sérosité; le cœur était pâle , mais dans l'état naturel.

> Le cerveau et ses dépendances étaient dans leur plus parfaite intégrité *• » Tous les désordres dont nous venons de donner le détail sont évidemment l'effet d'un vice scrofuleux existant depuis longtemps, et auquel on doit attribuer la mort de l'enfant.

» Le présent procès-verbal a été fait et clos à Paris, au lieu susdit» par les soussignés , à quatre heures et demie de relevée , les jour et an que dessus.

» J. B. E. DuHANGitV, P. J. Pellbtan, p. Lassus, N. Jbanroy. >

Ce procès-verbal fut complété en 1817 par M. Pelletan, qui fit la déclaration suivante ;

> Je soussigné, chevalier de l'ordre royal de la Légion d'honneur, membre de l'Académie royale des sciences, professeur de la Faculté de médecine, certifie de plus, qu'après avoir scié le crâne en travers, au niveau des orbites , pour faire l'anatomie du cerveau dans l'ouverture du corps du fils de

* Le vieux M. Jeanroy, m'a dit Lame , assura qae , depoii plos de quarante ans qu'il eierçait toa art, il n'avait point encore tu le cerveau aniii développé dans nu enfant de cet ige . et que. selon toutes les apparences, Louis XVII eût été un homme d'un grand caractère. B.

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u Citoyens, depuis quelque temps le fils de Capet était incorn mode par une enflure au genou droit et au poignet gauche; le 15 floréal, les douleurs augmentèrent, le malade perdit Tappétit, et la fièvre survint. Le fameux Desault, officier de santé, fut nommé pour le voir et pour le traiter; ses talents et sa probité nous répondaient que rien ne manquerait aux soins qui sont dus à Thumanitc.

V Cependant la maladie prenait des caractères très-graves. Le 16 de ce mois, Desault mourut; le comité nomma pour le remplacer le citoyen Pelletan , officier de santé très-connu , et le citoyen Dumangin, premier médecin de Thospice de Santé, qui lui fut adjoint. Leur bulletin d'hier à onze heures du matin annonçait des symptômes inquiétants pour la vie du malade, et à deux heures un quart après midi nous avons reçu la nouvelle de la mort du fils de Capet.

» Le comité de sûreté générale m*a chargé de vous en informer. Tout est constaté. Voici les procès-verbaux qui demeureront déposés dans vos archives K »

La Convention nationale écouta cette déclaration avec les apparences de l'indifférence. H entrait dans sa politique de ne point sonner avec fracas la dernière heure du Prince, bien qu'elle fût le résultat désiré d'un plan longtemps suivi. - Revenons à la tour. L'autopsie terminée, les hommes de

Louis XVI, qui m'avait ëté ordonnée, j'ai remis la calotte du crâne en place, et l'ai couverte de quatre lambeaux de peau que j'en avais sépares et que j'ai cousus ensemble: qu'enfin j'ai enveloppé toute la té^e d'un linge ou mouchoir, ou peut-être d'un bonnet de coton fixé au-dessous du menton ou de la nbque, comme il se pratique en pareil cas. On retrouvera cet appareil, s'il est vrai que la pourriture ne l'ait pas détruit; mais certainement la calotte du crâne existera encore enveloppée des débris de ces linges ou bonnet de coton.

» Signé : Pblletan.

. Paris, 17 août 1817*. . .

* Séance du 21 prairial , Moniteur universel du 23 prairial an III (11 juin 1795.)

* M. Pelletan décltra plat ttrd avoir mit à part le cœar do Daophin dant Topération de l'aotoptie. et l'avoir emporté, a6n de pouvoir offrir à la famille royale cette triste et foaèbre reliqoe de l'eofaDt-Roi. (Voirtax Docomentt, n» XI(. la polémique qai t'engagea i ce tojet.)

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