‹ Louis XVIIChapitre 125 sur 206 · LIVRE XIX. - LE CIMETIEKE · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. - LE CIMETIEKE

dans le cimetière de Sainte-Marguerite , en 1802, lui fit remarquer un lieu près du pilastre à gauche de Téglise, d^oii il enleva environ deux pieds de terre ; il découvrit une pieiTe du mur de fondation de Téglise sur laquelle était une croix; Bétrancourt ajouta qu^on y ferait un jour un monument; car il y a, disait-il, ci-dessous , le cercueil du Dauphin.

» De tous les renseignements obtenus de ces différentes personnes et consignés dans le procès-verbal qui en a élé dressé par les commissaires , il résulte que le 24 prairial an III (12 juin 1795) ', la dépouille mortelle de Sa Majesté Louis XVII, renfermée dans une bière de bois blanc de quatre pieds et demi de longueur, a été apportée du Temple au cimetière de Sainte-Marguerite , vers neuf heures du soir , et déposée dans la grande fosse commune ; qu'un procès-verbal de cette cérémonie a élé dressé dans la maison curiale par le sieur Gille, alors commissaire de police; qu'il paraît vraisemblable que le corps a été retiré de la fosse commune ; que cette opération a été exécutée en secret, et pendant la même nuit ou la suivante par Voisin ou Valentin ; que si c'est par ce dernier, le lieu 011 reposent les cendres du jeune Roi est au-dessous du pilastre gauche de la porte de l'église , en entrant par le cimetière; que si c'est par le premier, la fosse particulière peut être retrouvée dans l'enceinte que Voisin a désignée à la gauche de la croix élevée dans le milieu du cimetière, en tournant le dos à l'église.

» Les commissaires qui ont fait l'enquête penchent à croire que si les restes précieux du jeune Roi ne sont pas restés confondus avec ceux des autres morts , ils doivent se trouver dans

* Cest le 22 prairial (10 juin) que l'inliumation eut lieu, et noa le 8 juiu, comme le disait tout à l'heure la lettre du ministre de la police, ou le 24 prairial , comme Taffirme ici le préfet de police. A des récits contradictoires se mêlent, même dans des pièces officielles, des erreurs de date. Ajoutons que le nom du sieur Gille, commissaire de police, qui figure en la présente pièce, ne se trouve ni dans la déclaration du décès de Louis XVII, ni dans l'acte mortuaire, ni dans l'acte d'inhumation. Ce n'est pas sans peine qu'on arrive à la vérité.

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Fendroit désigné par la veuve Bétrancourt, ou Valentin, et par le sieur DecoujQet.

n Telles sont les mesures que j'ai prises pour remplir les intentions de Votre Excellence et répondre au désir de Sa Majesté; tel est Tétat des recherches et le résultat qu'elles ont produit pour parvenir à retrouver les dépouilles mortelles du jeune et infortuné Roi Louis XVIP.

n Je prie Votre Excellence d'agréer, etc.

» Le ministre d'État, préfet de police,

» €*• AifGLès. »

' Quoique cette lettre du préfet de police résume par£ûiemeiit les renseignements que lui avaient fournis ses commissaires, nous croyons devoir donner ici leur rapport tout entier, afin de n'enlever à ce procès funèbre aucune des pièces qui le concernent :

■ Répanse ait sujet de* précieux reste» de Louis XV ÎI. • A Son Excellence le ministre d^Etat, préfet de police i a Monseigneur,

> Par sa lettre du 8 de ce mois , Votre Excellence nous a chargés de procéder, auprès des sieurs Dussel*, ex-commissaire de police , Voisin et autres , à une information qui pût conduire à retrouver les cendres du jeune et infortuné Roi Louis XVII, mort aU Temple en 1795.

» tlonorés d'une mission aussi importante , nous n'avons rien négligé poar la remplir avec succès ; mais nous n'osons nous flatter que nos découvertes parviennent à satisfaire la juste impatience de tous les bons Français.

a Pour suivre la marche que Votre Excellence nous a tracée, nous nous sommes d'abord transportés auprès de M. Dusser, ancien commissaire de police de la section du Temple, qui avait dirigé l'inhumation; nous avoua ensuite recherché la demeure des sieurs Biard et Goddet, commissaires civila de la même section, qui l'avaient assisté ; enfin nous avons interrogé le nommé Voisin, qui, en sa qualité de conducteur des convois, avait été chargé du matériel de cette fatale cérémonie.

a M. Dusser prétend avoir répandu sur la pompe funèbre plus d'éclat qu'il ne convenait à sa propre sûreté, et avoir, contre les dispositions de l'anto* rite supérieure, ordonné l'ouverture d'une fosse particulière; mais U affirme eu même temps qu'il ne pourrait nullement indiquer, même à peu près, le lieu où elle fut creusée. Comment accorder un tel manque de mémoire afsc les sentiments dont M. Dusser a dû être pénétré, en remplissant à l'égaidde son Roi un devoir qui, suivant lui, pouvait mettre sa vie en danger?

a Voisin, vieillard de soixante-quinse ans, retiré à l'hospice de Bicêtre, * déckré que ce fut lui qui fit sortir le cortège par la grande porte du Temple, et non par la petite , comme «on le voulait ; qu'arrivé au cimetière de Saittt'

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