‹ Louis XVIIChapitre 127 sur 206 · LIVRE XIX. — LE CIMETIERE · texte numérisé non relu

LIVRE XIX. — LE CIMETIERE

comme je regardais sans y prendre trop d'attention, il me dit : a Ah bien , tu n'es guère curieuse , pour une femme ! tu ne me demandes pas seulement ce qu'elle est devenue, cette bière. » Sur quoi je lui répondais que je ne me mêlais pas de politique , et que si j'avais su qu'il me dérangeât pour si peu de chose , je serais bien restée à étendre mon linge. Il me dit là-dessus que je ne serais jamais qu'une bête ; et je retournai à mon ouvrage , pendant qu'il continua de se croiser les bras ,

avec If. Dusger et d'antres fonctionnaires; qu'il paraît vraisemblable que le corps a ëtë retiré de la fosse commune ; que cette opération a été exécutée en secret et pendant la même nuit ou la suivante ; ' que feu Bétrancourt ou Voisin ont rendu au jeune Monarque ce dernier service d'un sujet respec» tueux; que si c'est Bétrancourt, le lieu consacré à recevoir les cendres de Louis XVII est au-dessous du pilastre gaucbe de l'église , en entrant par le cimetière ; que si c'est Voisin . la fosse particulière peut être retrouvée dans l'enceinte qu'il a désignée à gauche de la croix élevée au milieu du cimetière, en tournant le dos à l'église ; que, néanmoins, il est plup que probable que la fosse a été faite par Bétrancourt; que l'opinion de cet bomme et son dévouement pour la famille des Bourbons a pu le porter à cet acte généreux ; que M. Dusser n'a guère pu, dans les circonstances oii il exerçait, se permettre d'agir ouvertement et en présence d'un grand nombre de personnes . de faire déposer le corps du jeune Monarque dans une fosse séparée ; que si cette opération eût eu lien comme il l'affirme , et publiquement , il y aurait eu assez de témoins qui, depuis deux ans, se seraient réunis pour constater une chose aussi désirable.

» Nous penchons à croire que si les restes du jeune Roi ne sont pas confondus avec ceux des autres morts, ils doivent se retrouver dans l'endroit désigné par le sieur Decouflet et la veuve Bétrancourt. Si, cependant, on n'en découvrait aucune trace dans ce dernier lieu, les assertions de Voisin devraient alors être vérifiées.

> Les sieurs Biard et Goddet n'ont pu être consultés : le premier est mort dans son domicile, rue Chariot; le second, dont le fils tient un café, rue de Rivoli , est retiré à Loret . près Pacyrsur-Eure.

■ Telles sont. Monseigneur, les notions auxquelles nous ont conduits nos démarches multipliées depuis la réception de vos ordres.

• Si nous n'avons pas réussi à faire preuve d'un parfait discernement, il nous suffira d'avoir pu faire éclater notre empressement à vous plaire, et notre dévouement envers l'auguste famille des Bourbons.

f Nous avons l'honneur d'être, etc.

* Les commissaires de police des quartiers de l'Hôtel de ville et du Temple,

> Simon, Petit.

• Paris, le 15 mars 1816. »

appayé sur sa pelle , comme quelqu'un qui pense. A peu de temps de là , il revint encore sur le propos de cette bière , en me disant que le corps avait été retiré de la fosse commune la nuit même de TenterreifieDt , et qu'il avait été placé dans une fosse creusée d'un bout dans le mur de fondation, et de l'autre dans le cimetière, à la gauche de la porte de l'église, du côté de l'autel de la communion. Il n'aurait tenu qu'à moi de savoir l'endroit au juste, mon mari m'y aurait menée, si j'avais voulu ; mais je ne m'en étais jamais intéressée , vu que ça ne me regardait pas ; si bien qu'à l'heure qu'il est, je ne puis que répéter ce qu'il m'a dit. »

Comme le prouvent le rapport du comte Angles , le procèsverbal dont il contient la substance, et le récit de la veuve Bétrancourt, les témoins mêmes de l'inhumation du mois de juin 1795 n'étaient plus d'accord au mois de mars 1816. Voisin et Diisser ' prétendaient, comme Lasne, qu'une sépulture

' Le sieur Dasser revendiqua , à l'époque de la Restauration , le souveuiri de la condaîte qu'il avait tenue dans cette circonstance. Nous croyons devoir reproduire la pétition qu'il adressa, en novembre 1814. au gouvernement royal ; on y trouvera quelques détails sur les funérailles du I^uphin ; mtis nous ferons remarquer qu'il faut lire avec précaution cette pièce, qui n'eat pas sans analogie avec le rapport d'Harmand (de la Meuse). Dusser avait un commissariat de police à obtenir, et les préoccupations du pétitionnaire exercent sur le récit du témoin officiel des obsèques du Prince une influence réroactive. Voici cet acte :

• Archives de l'hôtel de ville. — Carton des demandes de places

de commissaires de police.

I Eûptrait d'un Mémoire de M. Dusser, pour être compris dans V organisation des commissaires de police. Novembre 1814.

• Obsèques.

» Le 24 prairial an III, je fus requis par le Comité de sAreté générale de me transporter à la tour du Temple pour constater le décès de la jeune e( innocente victime qui venait d'y expirer. Je fus également requis de iar> veiller son inhumation au cimetière de Sainte-Marguerite, fiiubourg Saint- Antoine.

» Cette cérémonie funèbre avait attiré un grand concours de monde devant la porte du palais du Temple . et l'on voulait faire sortir secrètement et sans cérémonie le corps de ce malheureux en&nt par une petite porte qui donnait dans l'enclos du Temple. Moi seul me rendis opposant i cette mesure pen

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