LIVRE XIX. - LE CIMETIÈRE
ducune idée de subslilulion. La lutle recommença entre les sieurs Bureau et Dusser, celui-ci ayant pour lui la voix de Voisin et de Lasne , et celui-là Tirrécusable appui d^un rëglttment inflexible. Devant tant de rapports contradictoires, le* doute avait grandi, Tautorilé se troubla, et les recherches n^eurent pas lieu.
Depuis , r archiviste Peuchet a essayé d^établir une concordance qui n^est pas complètement dénuée de vraisemblance entre les deux principales versions , celle de Valentin Bétrancourtet celle de Charpentier : « S. M. Louis XVIIÏ, dit-il, n* était
finq à trente pieds, ce saint dépôt devait te retrouver, les pieds tournés vers le nord.
> Suivant ce fossoyeur, la fosse commune où le corps avait séjourné plusieurs jours avait une direction du nord au sud , et longeait le mur du fond lu cimetière, à gauche de la porte d'entrée, dont elle n'était éloignée que l'environ trente pas.
» Suivant lui encore , il est certain que la personne qui fut chargée de :ette mutation (et j'ai soupçonné que c'était lui-même, parce qu'il mettait )caucoup de réserve dans sa conversation, ne me connaissant pas), l'avait ait secrètement, et, pour n'en donner aucun soupçon, avait pris 1^ précauiou de retrancher de la fosse nouvelle et particulière ce monticule de terre ju'un remarque ordinairement sur toutes les autres, car elle était au niveau lu terrain dans toute sa superficie.
» Cet homme, dont je n'ai jamais su le nom, donnait k sa narration un ca- *actère de vérité qui m'a vivement séduit.
k C'est dans la ferme croyance où Je suis que le corps de ce malheureux 'rince doit se retrouver dans le lieu que j'indique, que je désire obtenir de l'otre Excellence la permission d'entrer dans le cimetière de l'église de >aiate-Marguerite , et, si le temps a respecté la tombe de mon père, je me 'ais fort, en me plaçant comme j'étais le jour où le fossoyeur me fit ses confidences, d'indiquer pertinemment le même endroit que lui-même m'a indiqué.
» J'ai l'honneur, etc.
» PiXON DUCLOS DE VaLUER , » Chevalier de la LégioD d'boDOPor, roe Baffaut, n** 13.
> Paris. 20 juin 1810. »
A cette lettre est joint ce mot administratif:
• Le ministre de la police générale a l'honneur de transmettre à monsieur e préfet de police une lettre d'un sieur Pinon Duclos de Valmer, relative au ieu où seraient ensevelis les restes du jeune et malheureux Louis XVIL II >8t invité à utiliser ce document, s'il le croit utile. » Ce 20 juin 1816. •
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rien moins que certaine que ce fussent bien les restes de Louis XVI, de Marie-Antoinette et de. Madame Elisabeth qui avaient été retrouvés et transportés à Saint-Denis... Plusieurs fois on lui avait insinué qu*elle avait été trompée, et que la fausseté de ces reliques résultait de preuves anatomiques incontestables. Elle craignait que sa piété familiale ne l'eût rendue le jouet de quelque mystification, et plusieurs rapports faits, soit à la police du château, soit à la police générale, l'entretenaient dans cette crainte, fort légitime dans un moment où l'opinion ennemie des Bourbons commençait de déverser le ridicule sur les royales exhumations.
» Ce fut cette crainte , plus que le vague des informations , qui empêcha de donner suite à l'exécution des ordres pour la recherche de la sépulture de Louis XVII. Dans le doute sur la réalité d'une première découverte, Louis XVIII n'a pas voulu s'exposer à impatroniser un intrus dans les tombeaux de soti auguste race... Ainsi, le lieu où fut inhumé le jeune Louis Xlll est, jusqu'à ce jour, resté enveloppé de ténèbres; seulement, je le répète, l'opinion la plus vraisemblable et la mieux fondée,
-c'est que le corps fut porté au cimetière de Sainte-Marguerite, qu'il ij resta un ou deux jours, ou dans la fosse commune, on dans une fosse particulière; et qu'ensuite le gouvernement d'alors, c'est-à-dire, d'après ses attributions , le comité de sûreté générale, donna des ordres et prit des mesures pour le
faire ôter du cimetière de Sainte-Marguerite, et porter à celui de Clamart^. »
Nous n'avons ni à justifier ni à blâmer le gouvernement de la Restauration de la décision qui annula les effets de l'ordonnance royale. Les contradictions inquiétaient sa confiance, sans doute ; mais peut-être ne devaient-elles point entraver son zèle et l'empêcher de remplir un devoir. Je crois qu'il aurait obtenu des résultats satisfaisants, soit en suivant les indications données par Voisin, soit plutôt en écoutant les déclarations que
* Peuchet, Recherches pour l'exhumaUon du corps de Louis Xi//; J/rtnoire» de tous, t. II, page 35(>.
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