‹ Louis XVIIChapitre 14 sur 206 · LIVRE XII. — MORT DE LA REIXE · texte numérisé non relu

LIVRE XII. — MORT DE LA REIXE

îeteau, s'écria Simon en courroux, tu ne voulais pas hier îr : Vive la République! mais tu le vois bien, imbécile, la publique est éternelle. Allons , il faut que tu dises avec nous , République est étemelle. » En parlant ainsi , il l'avait pris r les deux épaules , et il le secouait avec force pour lui arraer la phrase demandée. « Il n*y a rien d'éternel, « dit Tennt, et aussitôt un bras furieux Fenleva et le jeta sur son lit ec un jurement qui fit trembler les murs de la cbambre. Laisse-le, Simon, dit laTemme, il est aveugle, ce petit, il a è élevé dans les abus et dans les mensonges. » Et Simon allait venait gesticulant , son journal à la main , et cherchant à tancher, dans Fagilation de ses membres, les bouillonnements e sa colère. Quelques instants après , il s'arrêta devant le lit D Prince qui pleurait à chaudes larmes : « C'est ta faute , si ) te mène ainsi , tu l'as bien mérité. — Je me suis trompé, dit enfant dont les sanglots élevaient la voix ; je me suis trompé : Keu est éternel , mais il n'y a que lui * ! »

\ous redisons ces scènes telles qu'elles nous ont été racontées, es paroles telles qu'elles nous ont été répétées bien des fois , ertain que si les bouches par lesquelles elles ont passé ont pu Jianger involontairement quelque chose à la forme, elles n'ont li inventé ni altéré le fond.

Pendant que se célébraient les saturnales dans lesquelles on brûlait les attributs de la royauté, le jour même où l'on couronnait les héroïnes du 6 octobre , les héros du 10 août et de septembre, accomplissant la volot) té sacrilège de la Convention, s'étaient portés vers l'antique abbaye de Saint-Denis, avaient détruit les mausolées élevés par la Religion , et jeté aux vents les cendres royales que douze siècles avaient respectées : l'œuvre de destruction ourdie contre les vivants atteignait les morts. Les sépultures étaient violées ; les tombeaux étaient livrés à la spoliation et à la risée , les ossements étaient brisés par la hache , pour être balayés pêle-mêle dans un trou, comme

* Détails transmia par mademoiselle Ménager, qui les tenait de la femme Simon.

un amas de poussière banale. La Convenlion couvrit d'applau* dissements le récit qui lui fut fait de ces profanations dont on avait outragé les restes révérés de Charles V, de saint Louis ,. de Louis XII , de Henri IV et de Louis XIV.

De son côté , Simon , qui ne perdait pas une occasion de ra* mener le descendant de ces grands rois au sentiment de Tégalité , trouva une joie étrange et mit un empressement cruel à lui faire connaître les outrages que la justice nationale avait fait subir aux dépouilles de ses ancêtres. L^ enfant se mit à pleurer; il avait compris sans doute que c^ était comme une seconde mort dont on avait voulu frapper ceux de sa race.

Le sacrilège accompli à Saint -Denis fut imité dans toute k France. La rage des briseurs d'images se rua partout sur les édifices sacrés; des bossages dégradés signalèrent, par leur teinte moins sombre, les mutilations apportées comme une tache, par une populace iconoclaste, au front des vieux monuments blasonnés.

£t , comme les contrastes les plus incroyables devaient se rencontrer dans cette époque de vertige et d'enthousiasme, à côté des barbares qui déchiraient aveuglément les annales delà patrie, les plus vaillants enfants de la France partaient pour en défendre le sol : dans la neige , sur la glace, sous des torrents de pluie ou de mitraille , ils marchaient pieds nus , au pas de charge, et sans pain, victorieuse armée, sympathique aux vaincus , excitant chez les nations les transports qu'elle ressentait, et commençant avec d'autant plus de facilité sa longue promenade de victoire , que les peuples croyaient qu'à l'ombre de son drapeau elle conduisait la liberté avec elle !

Madame Elisabeth et Madame Royale n'avaient pas tardé i se procurer des nouvelles de \A Reine : le dévouement de M. Hue était parvenu à établir quelque communication entre la Conciergerie et la tour du Temple ; il avait rencontré un auxiliaire dans une femme préposée à la garde de Marie-Antoinette, madame Richard , désignée sous le nom de Sensible dans la correspondance secrète de Madame Elisabeth. Cette femme.

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