LIVRE XX. — MARIE-THKRÈSE
nouvelle à votre intention, intitulée la Chèvre et VAne^. « es que la nouvelle se fut répandue que Marie-Thérèse se nenait librement dans le jardin, M. Hue s'empressa de r une chambre dans la Rotonde, cette maison voisine de la y dont nous avons parlé dans la description du Temple, et
de tous les édifices d'alentour, était le point le plus rap- ^hé qui dominât Tenclos. Des fenêtres de cette chambre, '*e au plus haut étage , on pouvait voir Madame Royale et
vu d'elle. C'était dans cette mansarde que le fidèle servi-
du Roi montait chaque jour, par l'escalier n*^ 4, pour 'cevoir la fille de son maître. Madame Hue, qui était trèsle musicienne, s'y rendait aussi avec madame Duguerre, te de Louvois, qu'elle accompagnait sur la harpe, à l'heure promenades de la Princesse*.
)n publia à cette époque une Romance sur le chien et la chèvre élevés Harie- Thérèse dans le Temple. Des trois couplets de cette pièce , entadu mauvais goût du temps, il n'est guère que le dernier qui mérite 5 cité r
« Vooi qoi toajoori éloignés d'elle .
Sor son aort n'avei point gémi ,
Ingrats , voyet ion chien fidèle ,
Et roagisset de votre oobli;
Il 8 partagé sa misère ;
Dans ses fers il l'a sa charmer.
Ooi . c'est ainsi qo'on peat loi plaire.
Et voilA comme on doit l'aimer. «
te romance se trouve, page 42, dans les Adieux de Marie-Thérèselotte de Bourbon; Almanach pour tannée 1796, etc., par M. d'Albin s laud), àBasle. chez Tournesen, libraire, 1796 (Paris, Gueffier). in-18iprimë secrètement et devenu rare.
Intre autres romances , Madame pouvait entendre assez distinctement ce et , qui lui annonçait sa prochaine délivrance ;
« Calme-toi , jeone infortonéé ; Bientôt ces portes vont s'oavrir ; Bientôt , de tes fers délivrée , D'on ciel par to pourras joair.
Mais en qaittant ce lieo faneste .
Oà régna le deail et l'effroi , Sooviens-toi , da moins . qo'il y reste Des cœors toujours dignes de toi ! •
vers sont de M. Lcpitre. orficicr municipal, auteur de la romance la filiale , que nous avons donnée dans ce volume, page 16.
Ces témoignages de sympathie tendaient à se propager. Le 24 thermidor an III (il août 1795), les gardiens du Temple écrivirent au comité de sûreté générale :
« Citoyens représentants,
» Nous avons observé, aujourd'hui, que des croisées de la rue de la Corderie, qui ont vue sur le jardin, on a chanté une romance; ayant cru nous apercevoir que Ton répétait cette romance à la vue de la jeune détenue, nous avons dirigé sa promenade d*un autre côté.
)> Salut et fraternité.
» GoMiN, Lasne. »
Quatre jours après (le 28 thermidor, 15 août), jour de la fête de Marie-Thérèse, la musique de la mansarde de la Rotonde ne pouvait manquer de se faire entendre. Madame parut dans le jardin et s'y promena longtemps , afin de témoigner à ses amis combien elle était sensible à la marque d'intérêt qu'ils lui donnaient. Mais ses larmes coulèrent aux souvenirs que cet anniversaire lui rappelait, a Je marchais, me dit Gomin, à une certaine distance derrière elle et derrière madame de Chanterenne , et je saisissais peu leur conversation ; mais en nous croisant, à un détour du jardin, je vis Madame essuyer ses yeux. La «musique et surtout la présence de Madame avaient éveillé l'attention du voisinage, bien des personnes se mettaient aux fenêtres de la rue de la Corderie. Cette particularité fut portée aux oreilles du comité de sûreté générale; le surlendemain j^y fus mandé, u On donne des concerts ! — Citoyens , c'est une actrice qui répète ses rôles. — L'affaire en resta là. »
Le gouvernement avait fait aussi prévenir indirectement M. Hue qu'il excusait l'hommage rendu au malheur, mais qu'il fallait mettre un terme à cette manifestation. Le 25 août, comme au jour de l'Assomption, Madame descendit au jardin;