LIVRE XX. — MAUIE-ÏHEKESE
non pas plus occupée que par le passé (car la jeune Princesse ne restait jamais oisive), mais ses occupations furent plus variées et ses chagrins plus distraits, sinon moins présents. Elle passait habituellement la matinée à écrire; dans l'après-midi elle lisait, brodait, dessinait. Outre les livres qui lui avaient été fournis , elle en demanda plusieurs autres que Ton mit à
devoir sacre pour mon cœur. « Vous avez éprouve bien des malheurs •, me dit-elle. « Madame, je ne m'occupe que d'ea vôtres. > Madame, à ces mois. 8e jette dans mes bras, et les plus affectueuses étreintes nous tiennent enchaînées l'une à l'autre ; elle m'ordonne de m'asseoir à côte d'elle. Madame de Ghanterenne était tout près de nous , ce qui mit dans notre entretien de la réserve et de la 'contrainte. Il y aivait de longs repos dans notre conversation. Je lui annonce qu'on s'occupe de sa destinée , qu'un avenir moins malheureux va s'ouvrir pour elle. « Ah! mon sort ne changera jamais •, dit-elle en me prenant la main. « L'Europe entière », répondis-je, « a les yeux fixés sur « Madame, et j'aurai bientôt le bonheur de lui annoncer que ses fers sont • brisés. » (Je la serrais dans mes bras, je la couvrais de baisers.) J'ajoute que je fais auprès de la Convention les plus vives instances pour obtenir do la suivre; que, si Madame veut bien y consentir, je ne la quitterai jamais; que ce devoir si doux à remplir m'est imposé par mon attachement bien plus encore que par ma surintendance.
» Je crus voir dans les embrasscments de Madame le consentement le plus ûaite^. Deux heures sonnent, on lui annonce son dîner; nous nous séparons , et elle remonte k la tour. »
(Mémoires historiques de Stéphanie-Louise de Bourbon-Conti , écrits par
elle-même. Paris, chez l'auteur, rue Cassette, n» 914. Floréal an VI.
— T. II, p. 289 et suiv.)
Ce ne fut pas tout : Stéphanie-Louise (nous lui donnerons tout à l'heure soo vrai nom) feignit de se croire autorisée par Marie-Thérèse à ne pas séparer sa destinée de la sienne.
Voici la lettre qu'elle écrivit au comité de sûreté générale . et qui , comme cela devait être, demeura sans résultat :
« Citoyen président ,
» Je dois à vos bons offices la satisfaction de voir et d'embrasser tous les Jours Marie-Thérèse, fille de Louis XVI, ma cousine; nous nous sommes Juré un attachement éternel, et que nous ne nous séparerons jamais. Je viens d'apprendre que son sort est décidé et- qu'enfin elle va bientôt sortir de sa prison. Je passe la majorité de mon temps auprès d'elle, ce qui me prive d'avoir l'honneur de conférer avec vous relativement à nos affaires ; mais je me flatte, représentant, que vous me continuerez vos bons services, en consommant à mon égard l'ouvrage que vous avez commencé. Les personnes qui me continuent leurs bons offices au comité de salut public m'ont fait dire que le moment est venu où il faudrait que les membres du comité de sûreté • générale parlassent de mon départ, pour accompagner ma cousine Marie-
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M disposition, les oof rages île Rarine et ée Boileui^ les lettre de madame de Sé%igiié et de madame de MaiotenoB. EnseceiK soos les débris do trdne, elle ¥o«lait ¥oir encore ipidqae cliost des beaux siècles de la monarchie; eUe se retirait dans le passé pour troorer on horizon de prospérité et de grandeur. Hélas! ses illusions finissaient arec sa lecture. Quelquefois elle des-
<■ reaiaat esapte à ■■ bmbWc •• 4cmx àe h pantr 4e bob pcrû. Vo«c aarez qae j'ai CimrBi à cet c^ard ioaCe U atisfactiaa ^ k eoaûté àe §ànU ^éoérale a «igce tle cer^ficat 4e aa fcctisat. et fae m amdvte ett iifme d'être citée. Et qae c'est à t«ates ces t^mnàénûmm fU l'entrée dm Teaple a'a été accorëée. VcaiUex 4e ^lice %en* ocraper 4e cette a&ire . roas accoaplirex les totx les plas aréeats ; cc«x 4e bm CMsiae H les mieat ae ibat qa'aa ; et, p«is^ae nos seatiaMats soat coaauias, ceai éi la reconoaissaace terart les séaMs.
> Salât et frateraité.
> SrirBisiB-LoriSB dc Bocbbos.
* f» fructidor, .1* anaée <â6 aoAt n95i. >
L'origine de cette mptérieose personne a occupé quelques biographes. U» nnf ont voda qu'elle fât fille du prince de Conti et de la duchesse de llua* rin , aiuf i que semblait l'indiquer le nom (qu'elle avait pris) de comtesse de Moot-Cair-Zaio, qui n'est que l'anagramme de Conti et Mazarin; ils ontpr^ tendu que reconnue par son père, légitimée par Louis XV, elle avait été vktiroe d'un complot ourdi par madame de Maxarin et le comte de la Marche (depuis prince de Conti) . Les antres , et ces derniers sont tout i ùàt dans le vrai, n'ont vu en elle qu'une intrigante, née à Paris le 30 juin 1756, baptiifc sous les noms d' Anne-Louise- Françoise, fille d'une dame Delorme, doateli troubla la vie par l'excentricité de son caractère. Mariée à dix-huit aas i If. Billet, procureur au bailliage de Lons-le-Saulnier. la jeune Ddome M aussi rebelle épouse qu'elle avait été fille insoumise. Ayant perdu sa laère en 1778, elle conçut le projet de se donner nue origine illustre. Retire en 1786 au couvent des Visitaudines de Gray, elle écrivait à une de ses amies à Lons-le-Saulnier : « J'ai fait une découverte précieuse. Je suis réeUemeiil née du sang des Bourbons. Ne m'écrivez plus sous d'autre nom que celui fpt je signe : Comtesse de Mont-Cair-Zain. • En 1794, elle prend un passe-ptft sous le nom de Stéphanie-Louise de Bourbon , puis elle obtient un difOti auquel son mari ne met point obstacle. En floréal an III (avril 1795), 4b sollicite une pension provisoire sur les biens de son prétendu père, ci 4b est mise en possession d'une maison d'émigré, rue Cassette. En floréal aaVI (avril 1798), elle publie ses Mèmoireê historiques ^ dans lesquels eHeam^f* sa vie aventureuse, avec le concours de la plume de J. Coreutin-BofOi.fi> tissu d'intrigues eut sa fin toute naturelle, et la prétendue Stëphanie-ltidtf de Bourbon mourut en 1825 dans l'oubli et la misère.