‹ Louis XVIIChapitre 153 sur 206 · LIVRE XX. — MARIE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — MARIE-THÉRÈSE

Madame de Chanterenne , qui savait que les douleurs humaines se ravivent souvent à la vue des personnes chères qu'on a connues dans les jours heureux, et qui était déjà autorisée à craindre que, sous les apparences de T affection, des sentiments moins désintéressés n'amenassent au Temple d'autres personnes , ne voulut ni encourager la Princesse à recevoir de nouvelles visites, ni conseiller au gouvernement de les permettre. Elle écrivit au comité :

« Au Temple , le 5« jour supplémentaire , Tan 3* de la République (21 septembre 1795).

» Citoyens représentants,

n Marie-Thérèse-Charlotte a reçu la citoyenne Mackau , admise auprès d'elle d'après la permission du comité, avec les démonstrations de la joie la plus vive; celle que cette aimable femme a témoignée de son côté ne laisse pas d'équivoque sur son tendre attachement pour son intéressante élève.

généreuse sensibilité. Je vous prie d'observer que , de toutes les personnes qui ont donné leurs soins à l'enfance et à la jeunesse de la fille de Louis Capet , aucune ne s'est trouvée comme moi par sa place et les circonstances dans le cas de ne la pas quitter pendant treiie ans et par conséquent d'en être autant aimée.

> Fréhinvillb , ■ Rue de la Michaudière . n<* 8. •

« Au citoyen Gauthier, membre du comité de sûreté générale.

• Citoyen bbprksbvtant,

• Je continue de m'adresser à vous plutôt qu'au comité réuni pour obtenir la permission que je sollicite depuis trois mois d'entrer au Temple. Vous avei lu plusieurs fois les motifs que j'ai pour la demander et l'obtenir ; je persiste à croire et à espérer que , loin de vous y opposer, vous me la feres accorder, parce que c'est une chose par&itement juste , et que , du moment que le comité a pu en donner une seule, j'ai dû en espérer. Gomme les pétitions que j'ai présentées à ce sujet ne sont sûrement plus sous vos yeux , je joins ici mon adresse. Soyei bien persuadé, citoyen, que je n'oublierai jamais le service que vous pouves me rendre dans cette occasion.

■ Salut. ^

■ FRéMIVVlI.LR .

■ Rue des Quatre-Fils, no 27, au Marais. •

¥» LOUIS XVll.

Cette jeune détenne parait sensible, citoyens représentaiits , aux adoucissements qu'on apporte à sa situation , par Ia facilité qui lui est procurée de voir et d'entretenir des personnes qui lui sont chères ; son cœur est maintenant satisfait à cd égard , elle m'en a fait l'aveu en m'assurant que la présence de tonte antre personne que celles qu'elle voit, lui serait à peu près indifférente. Je pense donc qu'il serait à propos d'éviter de renouveler sans objet l'occasion de ces scènes d^attendrissement , qui pourraient nuire à la santé de Marie-Thérèse , oo tout au moins produire le fâcheux effet de détruire peu à peo le calme et la sérénité que nos soins avaient obtenus de sa raison et de son courage. Je m'en rapporte néanmoins, citoyens représentants , à votre sagesse pour prendre ou non en considération cette simple réflexion, que, d'après mes propres observations , j'ai cru devoir vous présenter. Je ne doute pas que votre décision ne soit conforme aux vues de bienfaisance et d'humanité qui vous dirigent , et dont Marie- Thérèse-Charlotte est bien digne d'être l'objet. Je ne me lasse pas de vous répéter que cette jeune infortunée désire vivement la fin de sa captivité, dont les bontés du gouvernement semblent lui permettre l'espoir. Son affection pour moi répond toujours au tendre intérêt que j'ai pour elle et qu'il est difficile de ne pas éprouver quand on la connaît.

r) Salut et fraternité ,

» Hilaire Chanterenne. »

Cependant les concerts avaient repris leur cours dans les mansardes de la Rotonde. Une dénonciation fut faite en ces termes :

u II y a environ quatre mois qu'on donne de temps à autre des concerts dans la Rotonde du Temple , en montant par l'escalier n<* 4 aux mansardes du quatrième.

» Ce logement était occupé par de braves gens que Ton a très-lacement payés pour le céder.

» Depuis deux décades ces concerts prétextés se répètent '"'"^^ktaucoup plus souvent danis ce lieu ; ce sont des femmes très-

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