‹ Louis XVIIChapitre 159 sur 206 · LIVRE XX. — MARIE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — MARIE-THÉRÈSE

Cependant le mouvement qui entraînait Fopinion publique et qui, vraisemblablement, sans les coups d^Ëtat du 13 vendémiaire, et plus tard du 18 fructidor, aurait abouti à la restauration de la monarchie, se faisait sentir de toutes parts d'une manière si impérieuse, quMl atteignait à leur insu les chefs mêmes du gouvernement républicain. Voici dans quels termes le Directoire exécutif autorisa le départ de la prisonnière du Temple.

Extrait du registre du Directoire exécutif, du Séjour du mois de frimaire, fan 11^ de la République française , une et indivisible (27 novembre 1795).

« Le Directoire exécutif arrête que les ministres de Fintérieur et des relations extérieures sont chargés de prendre les mesures nécessaires pour accélérer l'échange de la fille du dernier Roi contre les citoyens Camus, Quinette et autres députés ou agents de la République; de nommer, pour accompagner jusqu'à Basle la fille du dernier Roi, un officier de gendar-

Mait déji m'en voilà parti.

Povero caro Carletti !

■ J'avais l'hamear rëpablicaine , Et je m'accommodaii sans peine De tout ce qu'on faisait ici.

Povero caro Carletti!

n Jadis ActëoD sur Diane Osa porter un œil profane :

Par des chiens il fat assailli.

Povero caro Carletti !

» A cette jeune prisonnière Mon cœur ne s'intéressait guère; Je n'y songeais pas jusqu'ici.

Povero caro Carletti I

B Tout à coup il me vient en télé D'être tant soit peu plus honnête :

Comme Actéon je suis puni.

Povero caro Carletti !

Ainsi, après le drame, on avait en la petite comédie. L'imprudence et la maladresse d'un pauvre diplomate furent jugées comme elles devaient l'être ; mais ce fut assez pour retarder de quelques jours la délivrance de Madame Royale.

Al^ LOUIS XVII.

merie décent et convenable à cette fonction; de lui donner^ pour raccompagner, celles des personnes attachées à son éducation qu^elle aime davantage.

» Pour expédition conforme :

»Rewbell, président.

» Par le Directoire exécutif :

r) Lagarde, secrétaire général. « Le ministre de Tintérieur :

» Benezech. »

M. Benezech , ministre de Tintérieur, mit autant d'empressement à exécuter cet ordre qu^l avait mis de zèle à le provoquer. Dès le lendemain, 7 frimaire an IV (28 novembre 1795), il se présenta lui-même au Temple pour apprendre à Marie- Thérèse la nouvelle de sa délivrance , et lui demander quelles étaient les dames qu^elle désirait pour F accompagner. Madame lui indiqua tout d'abord la baronne de Mackau, et sMnforina si les personnes qu'elle emmènerait pourraient, sans incon* vénient, rester auprès d'elle à la cour de Vienne. « Certainement, lui dit M. Benezech, si l'Empereur le permet : l'obstacle ne viendra pas du gouvernement français. » Ëncou*ragée par les paroles bienveillantes du ministre : a Je voudrais bien , ajouta Marie^Thérèse , emmener aussi madame de Tourzel, qui était gouvernante de mon frère, et madame de Sérent, qui était dame d'atdurs de ma tante. — J*espère, répondit M. Benezech, que l'exécution des désirs de Madame ne rencontrera pas de difficulté. Je vais les faire connaître au Directoire et aux personnes qu'elle a nommées. Ce n'est pas tout; il est quelques autres dispositions qui dépendent pins spécialement de mon ministère , et mon intention est qu'eUes soient prises à votre gré : je veux parler des objets de toilette que vous devez emporter. J'enverrai aujourd'hui ou demain deux personnes pour vous consulter à cet égard *. Elles se

* Registre-Journal de la tour du Temple dû 8 frimaire.

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