‹ Louis XVIIChapitre 161 sur 206 · LIVRE XX. — MARIE-THERESE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — MARIE-THERESE

le 8 du présent, nous leur avons fourni aujourd'hui les états des objets qui sont ou qui peuvent être mis à F usage de Marie- Thérèse-Charlotte .

» Il est dans la salle basse de la tour une commode sur laquelle sont apposés des scellés; nous ignorons ce qu'elle renferme ; nous croyons qu'il est de notre devoir de vous faire connaître ce fait.

» Xous n'avons rien autre chose à vous annoncer ; la surveillance est exacte.

» Salut et respect. »

La naïve intrigue de Gomin réussit sur ce point.

Le ministre, par l'entremise des administrateurs de police, demanda des explications ' ; il apprit d'eux , et sur les rapports des gardiens du Temple , que la commode en question avait été descendue dans la salle basse de la tour le 24 brumaire an II (14 novembre 1793), et que les scellés y avaient été apposés par les membres de la Commune de service au Temple ce jour-là ^. Les citoyens Hannocque-Guérin , commissaire administrateur de la police , et Baron , juge de paix de la section du Mail , vinrent au Temple , sur les ordres du ministre, procéder à la levée des scellés et à la vérification des objets que renfermait le meuble '.

Cette levée de scellés fut connue au dehors et donna lieu à des bruits étranges et ridicules. Pour les apaiser, le citoyen François, inspecteur des domaines nationaux, vint quelques jours après (le 9 frimaire) vérifier les scellés apposés dans l'ancien palais* du Temple. Il constata que la commission administrative de police n'avait point empiété sur les attributions de la commission des domaines *,

* Regiitre-journal de la umr du Temple do 12 frimaire.

* Ibidem.

^ Ibidem, 14 frimaire.

Un procès-verbal fut dressé de cet inventaire ; nous le donnons aux Documents . n° VII.

* Hegisire-journal de la tour du Temple du 19 frimaire.

TOUK II. 24

Gomin avait obtenu la levée des scellés ; son succès n*aUa pas plus loin. « L*inventaire , m'a-t-il dit, comprenait plusieurs choses dont la possession eût fait grand plaisir à Madame ; je ne crois pas que M. Benezech ait pu les lui faire remettre. On m*a assuré que sa bienveillante pensée trouvait une vive opposition dans le sein du Directoire, divisé d'opinions et de volontés, n

Malgré les entraves qv*îl rencontrait , le ministre de Tintérieur n*en poursuivit pas moins son dessein de faire confectionner pour Marie-Thérèse un trousseau digne d'elle. Trouvant aussi de la résistance de ce côté dans la personne même de la prisonnière , il résolut de se passer de son consentement , et fit demander aux commissaires du Temple le nom et l'adresse des couturières en robes et en linge de la personne confiée à leur garde K Ce n'est pas sans peine que les deux commissaires parvinrent à se procurer ces adresses *.

La citoyenne Clouet, couturière en linge, rue de Lille» n» 670'.

La citoyenne Garnier, couturière en robes, boulevard de Babylone, n» 730^

Benezech fit venir chez lui ces ouvrières, leur donna luimême ses instructions, leur recommandant le zèle le plus soigneux et la plus prompte exactitude. Elles n'avaient pas besoin de cette exhortation ; il avait suffi de leur apprendre pour qui elles avaient à travailler.

Cinq jours et cinq nuits fuirent employés par leurs magasins à confectionner le trousseau destiné par la République à la fille du dernier Roii

* Registre'journal de la tour du temple du 16 finmaire;

* Ibidem, 17 frimaire.

' La citoyenne CloUet était la même dont la petite fille jodait afee Louis XVII. On trouvera aux Documents, n» XIII, un mémoire qui proove qu'elle était à la fois blanchisseuse et couturière de Marie-Thérèse.

* Mademoiselle Garnier était la couturière en titre de Marie-Thérèse ; méii pendant sa détention , la commission du Temple en avait choisi une antre. Document XIV.

Page 1