‹ Louis XVIIChapitre 167 sur 206 · LIVRE XX. - HAHIE. THÉRÈSE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. - HAHIE. THÉRÈSE

8011 oncle Louis XVIH , pour lui rendre compte de sa sorlie du Temple el de son arrivée aux fronliferes.

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Vers dix heures du soir, comme elle terminait sa lettre, M. Hue arriva. Celait la première fois qu'elle le revoyait depuis le 2 septembre 1792 ; quand M. Hue avait quitté le Temple, Marie-Thérèse avait encore toute sa famille. Elle lui fit le plus cordial accueil, lui témoignant moins encore le plaisir de le revoir que l'estime et la recOn naissance que son caractère et sa conduite lui avaient inspirées. Le petit chien Coco était entré dans la chambre de Madame avec M. Hue; peu s'en fallut, quand il revit sa maîtresse, qu'il ne mourût de joie comme le chien d'Ulysse.

Marie-Thérèse chargea le bon serviteur de sa famille de faire parvenir sa lettre à Louis XVIH,

M. Hue rapporte que ce ne fut pas la seule fois qu'il reçut pareille commission, et que, dans une de ces occasions, Madame, pour lui donner une preuve de sa confiance, l'avait invité à lire la lettre dont elle le chargeait. Fidèle aus Iradi-

tions ineffables de clémence et d^amour qu'elle avait reçues de toute sa famille^ la jeune Princesse disait dans cette lettre i son oncle, en lui parlant des meurtriers de ses parents : « C'est celle dont ils ont fait mourir le père, la mère et la tante, qui, à genoux, vous demande et leur grâce et la paix ! »

On n'ignorait pas à F hôtel du Corbeau quelle était la jeune voyageuse qui venait y loger sous le nom de Sophie. Le propriétaire de cette auberge, François-Joseph Schuldz, mît tout en œuvre pour la bien recevoir; et sa femme, malgré un étal de grossesse avancée qui paralysait quelque peu son activité, attachait un grand honneur à préparer elle-même le souper de Madame Royale, lorsque Meunier arriva et revendiqua les privilèges de sa charge.

Le 25 décembre , dans la matinée , dès qu^elle sut que Madame était levée , Thôtelière monta à sa porte pour s'informer de ses nouvelles. Elle était accompagnée de deux beaux enfants de neuf à dix ans , bien proprement vêtus , et portant chacoB un petit bouquet ramassé à grand' peine dans cette arrièresaison. Madame ayant témoigné le désir de les recevoir, madame de Soucy les fit entrer. « Ce sont vos enfants ? dit la Princesse en s'adressant à madame Schuldz. — La petite fille * est à moi, répondit l'hôtesse ; le petit garçon est un orphelin , pupille de mon mari et élevé par nous ^ : il nous appartient donc aussi. > S'étant arrêtés sur le jeune orphelin, les yeux de Marie-Thérèse se remplirent de larmes. Frappée de la ressemblance de cet enfant avec son frère , elle n'avait pu cacher sou émotion. Elle chercha une diversion à son trouble , s'approcha de k petite fille , lui prit la main et la questionna. Ravie de ses réponses naïves : « Que diriez-vous, dit-elle à madame Schuldi, si je vous priais de me laisser emmener cette enfant ? — Hier au soir et ce matin, répondit l'hôtesse, j'ai prié Dieu d'acconh

' Marie Schuldï, femme du colonel Prétost de Saint- Cyr, tué le 27 Wf tembre 1820 par un capitaine de son régiment, à Perpignan.

' Conrad Haffner, devenu plus tard capitaine en Algérie, est mort k Stit»* bourg le 29 mars 1837.

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