‹ Louis XVIIChapitre 168 sur 206 · LIVRE XX. — MARIE-THÉRÈSE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — MARIE-THÉRÈSE

plir tous vos vœux : aurais-je la force de résister à celui-ci..., si vous le formiez? — Je ne dois pas le former, repartit la Princesse ; il est trop cruel d*être séparée de ses parents ! » L'effort que Madame venait de tenter pour échapper à ses* souvenirs Ty ramenait encore malgré elle. Prenant alors les fleurs de la main des deux enfants : « Je vous remercie, leur dit-elle, je vous verrai encore avant mon départ ; vous viendrez me dire adieu , n'est-ce pas ? »

Dans la journée, M. Méchain reçut une lettre de M. Bâcher qui le priait d'informer Marie-Thérèse-Charlotte que le lendemain entre quatre et cinq heures il viendrait la prendre pour la conduire auprès du prince de Gavre et du baron de Degelmann, chargés de la recevoir au nom de Sa Majesté Impériale. M. Méchain répondit qu'il venait de communiquer cet avis à Marie-Thérèse-Charlotte, et qu'elle était prête à s'y conformer. A ce billet , Gomin en joignit un autre ; c'était la prière de faire prendre à la poste de Basle les lettres à son adresse. La Princesse et madame de Soucy espéraient recevoir presque chaque jour des nouvelles de madame de Mackau, qu'elles avaient laissée fort souffrante , et il avait été convenu que ces lettres porteraient l'adresse du citoyen Gomin. M. Bâcher rendit avec empressement le service qu'on lui demandait K

L'arrivée des deux voitures de poste dans cette petite ville de Huningue était , déjà depuis le malin , l'entretien des nouvellistes de l'endroit. Le bruit de l'arrivée de Madame se répandit si promptement, que l'hôtel du Corbeau fut, pendant tout le jour, environné de monde. L'ordre fut donné de tenir la porte fermée; la Princesse fut invitée à ne pas ouvrir les

' « Je ferai chercher, citoyen , vos lettres à la poste de Basle , de même que celles qui pourront arriver. Disposez de moi , et comptez sur tout mon empressement à vous être de quelque utilité dans tout ce qui pourra dépendre de moi.

" Salut et fraternité.

» Bachrr.

» Le 4 nivôse an IV. »

LIS LOL'IS \111.

fenêtres Daut, lu journée elle e(:rii'i[ à madame de Tourael, lit avei ses crajons le dessm de sa ehambre , el avec sa plumr le récit de son voja^p que nous ui'ons rapporté. Cependant plus d une fois elle ail i n la fenêtre , et en souleva léijëreuieiil les rideBu\ La tonsi^ne inipoEèe pour la sécurilé de l'bâtel étail nécessaire parmi le peuple, <|éDéralement sympalhiqup, circulaient quelque-> malveilianls. Deu\ gendnrmes suffirral pour interdire 1 entrée de la maison. L'ne femme, loutefoiî, trompa leur surveillance madame Spindler, femme d'un capitaine du geme alin de \oir la Princesse, prit l' accoutrement monta une cruche d'eau dans sa chambre.

Gomiu, eu prodi5uant ses sains à Madame, était navr^ it cette pensée qu'il la servait pour la dernière fols. L'émotiu qu'il avait au cœur se manifestait trop sur son visage poor que Madame ne l'aperçiil pas. " Je vous remercie, lui ditelle , de toute la peine que vous vous êtes donnée pour moi dans ce voyage. ■ — Hélas! Madame, répondit Gomin en pleurant , le vojlil Qni ! — Je vous en laisserai un souvenir,

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