‹ Louis XVIIChapitre 176 sur 206 · LIVRE XX. — MARIE-THERESE · texte numérisé non relu

LIVRE XX. — MARIE-THERESE

La France venait de rendre à F Autriche tout ce qui restait du sang de cette Marie-Antoinette, la plus brillante de ses archiduchesses. L* Autriche donna à Madame la position la plus heureuse, dans la cour la plus puissante, auprès du prince le plus distingué ; mais , tout en se montrant sensible aux attentions de la famille impériale, la jeune Princesse ne dissimula point qu^il y avait pour elle quelque chose au-dessus des offres gracieuses qui lui étaient faites : elle avait un cousin, proscrit comme elle, et n'ayant sur la terre étrangère qu'un asile qui pouvait lui être ôté le lendemain; elle avait une famille sur laquelle semblait peser la fatalité des Stuarts : sa sympathie pour le malheur, aussi bien que sa soumission filiale , avaient décidé des sentiments, de son cœur. Son inclination la portait déjà du côté où il y avait des chagrins à partager et des larmes à essuyer ; aussi les attraits de la prospérité ne la retinrent pas longtemps à Vienne : elle demanda sa part d'un exil qui devait durer longtemps , et recommencer pour ne plus flnir.

L'Empereur avait trop présumé des soins qu'il avait pris lui-même pour amener le mariage qu'il désirait. Le renvoi de madame de Soucy avait été un acte de sévérité inutile : le pouvoir se trompe souvent quand il emploie envers les âmes élevées et les caractères forts les combinaisons de l'habileté politique ; il réussit presque toujours quand il consent à être tout simple*ment bienveillant et généreux.

Quelques cadeaux de l'Empereur couronnèrent la négociatioti de Basle ^ Les actes de munificence furent reçus avec une

* Le baron de Thugut, minisire d'État de S. M. L, écrivit à M; de Degelmann :

« Trés-honorë baron ,

a Par les messageries de ce soir, on a expédié à Rasle, sons votre adresse ; tin paquet contenant :

> Une tabatière émaillée en or, garnie de brillants et ornée dit chiffre dé S. M. en brillants ;

> Une bague en brillants ;

» Une médaille en or attachée à une chaîne d'or.

» La première est destinée à M. le bourguemaître Bonrcard, à Basie ; la

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