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LIVRE XXI. — DÉMOLITION DE LA. TOUR

du Temple, témoin de la tyrannie populaire la plus atroce et 'de Fagonie royale la plus touchante, Finquiétait doublement. Comment laisser sous F œil du peuple une prison où le peuple avait tenu un roi captif? comment offrir aux émotions publiques tin monument qui ravirait la pensée de la dynastie ancienne ?

Il fut donc décidé que pas une pierre ne resterait debout de cette sainte tour', pas une de ces pierres qui avaient gardé une voix pour se plaindre, lapides clamahunt!

Le Temple redevint solitaire et silencieux. Presque toutes

▼os observations sur les inconvënients de l'aliénation de cet édifice, ainsi que vos vues sur sa destination.

■ Je vous saine ,

• L. Bonaparte. •

' Le 3 juin 1808, l'ordre suivant fut adressé à Fauconnier, concierge de 2» maison d'arrêt du Temple :

« Paris, le 3 juin 1808.

a Le sénateur, ministre de la police générale de l'Empire, ordonne au con- «nerge de la maison du Temple de remettre les prisonniers confiés à sa garde lA M. Pâques , inspecteur général du ministère , qui est chargé de les &ire transporter dans le donjon de Vincennes ; après cette remise . il se transpor- "aera à Vincennes pour y recevoir lesdits prisonniers . dont il continuera de ^««ster chargé dans cette nouvelle prison.

• FoLCué. »

Les prisonniers remis à M. Pâques étaient au nombre de dix - sept. Voici K es noms de ces derniers habitants du Temple :

David, prêtre.

Lavillate, propriétaire.

Garrez de Mécières . ancien officier.

Begon de la Rouzière , propriétaire.

CoUin. ditCupidon, domestique.

Vaudricourt. rentier.

De Rousse de Puyvert, rentier.

Polignac (Armand), vivant de son bien.

Polignac (Jules), vivant de son bien.

Bournisac, propriétaire.

Laneu ville, prêtre.

Chassuart ou Chassour, distillateur.

Daniaud-Duperrat , négociant.

Gouchery, employé.

Anerweck, cultivateur.

Montmayeux. professeur de mathématiques.

Tilly-Blaru, ex-propriétaire à Saint-Domingue.

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les personnes employées û la surveillance et au service dd détenus les avaient sui\is à Vincennes. Les autres avaient fli congédiées. Les meubles furent disséminés dans les prisons oi dans les hospices , ou rentrèrent au Garde-Meuble. Les appa^ tements furent entièrement dégarnis ; la tour, condamnée i périr, semblait subir elle-même la toilette des criminels promis au bourreau ; ses murailles , mises à nu , n^attendaieflt plus que le marteau des destructeurs.

Les matériaux à provenir de la démolition furent mis es adjudication. Cette annonce attira au Temple un nombre immense de familles qui, sous prétexte de songer à une acquisition , accomplissaient un pèlerinage.

Le vendredi 7 octobre 1808, M. Robert Morel, propri^ taire , demeurant à Paris , rue Traversière-Saint-Honoré, n*37, se rendit adjudicataire de la tour du Temple moyennant k somme de 33,100 francs.

Témoin des pieuses sympathies qui amenaient chaque jotf une foule de visiteurs dans les appartements qu^ avait occapéi la famille royale , Facquéreur avait espéré qu'il trouverait um défaite extrêmement avantageuse de tous les matériaux qoii comme les cheminées, les portes, les chambranles, les lambris, les croisées, etc., pouvaient être conservés en entier et être placés ailleurs.

De plus, il avait pensé qu'une fois maître des lieux, ^ pourrait lever un tribut facile sur la curiosité publique; ilft imprimer et vendit des cartes d'entrée à la tour.

Ce trafic dura peu de jours. Instruit de ce qui se passait, kli ministre de la police générale lui fit défendre de laisser péni' trer dans la tour qui que ce fut et sous tel prétexte que CifM être, fut' ce même des dignitaires. Le colonel de la gendanneftl^ résidant au Temple fut chargé de surveiller Fexécution de ed ordre.

M. Morel s'aperçut alors qu'il s'était trop hâté dans double combinaison; l'interdiction des billets d'admission faisait pressentir les nouvelles entraves qui devaient l'a

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