‹ Louis XVIIChapitre 204 sur 206 · II. Dépenses de la bouche des détenus depuis /e 13 août · texte numérisé non relu

II. Dépenses de la bouche des détenus depuis /e 13 août

jusqu'au 30 novembre.

L'étiquette et les formules observées pour la table de Louis à sa cour l'ont suivi au Temple ; mais la dépense y a été bien légère en

' Au lieu de 56)400 (erreur que nous reproduisons avec notre scnipuleuse exactitude de copiste, mais que nous devons signaler).

M4 DOCVMEXTS

Comparaison àe ce qo*elle était ^ Yenailles et mèHie 9m% Tnilenes, pWMp'il n'y a qn'ane table fomnie et servie seaiement par traie officiers <• Pour jjO^r des profosioBS et des ccoMMues, il £uit en considérer le senrice sons quatre époques : la prenûère, da 13 août an 2 de septembre; la seconde, pour le reste de septemlire; et les deux antres, ai octobre et en novembre. Dans U pvemicre, la t^ile était dirigée par denx contrôleurs de la boncbe eC du gobelet, qui ont été remerciés, et il y a en pendant quelques jours des personnes de plus h la tour; dans la seconde, elle n'a été diiîgée que par les denx chefs de la cuisine et de l'office; et dans les deux autoct, les commissaires de service y ont concouru avec ces deux cbels.

Les bordereaux de la dépense de boncbe, dans la première époque, la font monter à onze mille deux eeni trenU'Sept iimres ome sous neuf deniers; mais les mémoires en ont été réduits par les commissaires à 10,400 livres pour environ -vingt-cinq jours, et qui l'aurait portée à environ 13,000 livres, si le mois eut été complet.

Pendant les vingt-trois derniers jours de septendbre, la dépense n'a été que de huit mille hait cent dix-huit livres, suivant les bordereanx, et de huit mille cent deux livres d'après les réductions des commissaires.

Celle d'octobre a été, sur les bordereaux, de neuf mille deux cent quatre-vingt-quinze livres six sous ; mais elle a été réduite par les commissaires à huit mille denx cent quarante-cinq livres.

Enfin celle de novembre, portée à huit mille neuf cent quatrevingt-douze livres quatre sous six deniers, sur les bordereaux, a été léduite par les commissaires à huit mille quatre cent trente-cinq livres.

Il peut y avoir quelques légers mémoires, présentés après coup, qui n'entrent point dans cet état, mais ce ne peut être que bien peu de chose. Il résulte du moins de cet exposé que les commissaires ont diminué, du consentement même de la plupart des principaux fournisseurs, trois mille quatre cents livres sur les mémoires de bouche, qui par leur nature et leur variabilité étaient irréductibles [^ ] en justice, et que leur vigilance a fait diminuer la dépense de bouche au Temple de plus de cent livres par mois, pendant le temps qu'ils y ont travaillé, quoique leur autorité fut insuffisante pour remédier aux abus qui s'y sont introduits avec l'étiquette de la ci-devant Cour royale.

* Cent trente mémoires qiii ont été présentés aux commissaires des comptes , ont été ordonnancés par une nouvelle commission qui leur a été jointe,. d'après un arrêté de l'ancien Conseil du 38 novembre.

* Cette lacune existe dans le manuscrit.

Mais il a paru aux commissaires des comptes plus important de préparer les économies pour l'avenir que de réduire les profusions faites. D'accord avec la commission des travaux, ils ont cru que le moyen d'économiser était de reporter la cuisine du palais à la tour, pour qu'elle fournît à la fois la table de la famille ci-deyant royale et celle des commissaires de l'état-major. Ils ont pensé unanimement que par cette réforme seule la première table ne serait pas moins bien servie, et que la seconde le serait beaucoup mieux, sans qu'il en coûtât davantage, c'est-à-dire qu'on supprimerait ainsi le traiteur et le limonadier, qui coûtaient environ 3,000 livres par mois.

Les lieux étaient préparés pour cette réforme par les. soins, des deux commissions, lorsqu'elles ont cessé au commencement de décembre, et cette réforme a été adoptée par le nouveau conseil au commencement de janvier 1793.

Mais ce changement ne suffit pas pour mettre fin aux profusions; il est absolument nécessaire que l'administration, quelle qu'elle soit, mette fin à cette multiplicité de fournisseurs pour le même genre de denrées, dont les uns les font payer un quart et même un tiers plus cher que les autres , et qu'elle ne se servit pour chaque genre que d'un fournisseur, avec lequel elle conviendrait d'un prix fixe. Peut-être même pourrait-on couper court à tous ces abus, en faisant un forfait avec le chef de cuisine sur un plan de service convenu. Les commissaires ont proposé ce projet au chef de cuisine, et il a paru vouloir s'y prêter. Cette forme de service préviendrait bien des embarras, en établissant des économies fixes.

m. Fournitures faites immédiatement a la famille ci-devant royale,

sur les demandes de Louis Capet,

Lorsque Louis est arrivé au Temple, il n*y a point trouvé les commodités qu'on s'empressait auparavant d'accumuler auprès de lui. Les effets h son usage journalier avaient été mis sous les scellés au château des Tuileries, et sa famille n'y est entrée qu'avec les vêtements qu'elle portait. Dans ce dénûment, Louis a donné des ordres pour se procurer des vêtements, du linge et autres effets nécessaires, et ses valets de chambre ont transmis ses ordres aux anciens fournisseurs par ses anciens commissionnaires. Les commissaires de la Commune se sont prêtés à ses besoins et à ses désirs, et il a été fourni de tout ce qu'il a demandé. En conséquence, ses serviteurs nous ont présenté quatre-vingts mémoires des fournitures qui lui ont été faites depuis le 10 août jusqu'au 30 octobre. Il ne nous a pas été difficile d'y reconnaître les mêmes abus que pour la bouche, continués par des fournisseurs de l'ancien régime royal.

Non-seulement il en est qui paraissent au premier coup d*œil évidemment exagérés, mais encore la multiplicité des fournisseurs, pour des vêtements et des linges de même sorte, ont décelé Tavidité de quelques-uns, par des prix bien différents.

Les exagérations de bien des mémoires ont frappé même le ci-devant Roi et la ci-devant Reine , qui nous en ont parlé , en nous invitant à les réduire h leur juste valeur, et nous nous en sommes occupés avec gens connaisseurs.

Nous avons commencé par faire payer au citoyen Pétion deux mille litrres qu'il avait avancées à Louis; et à Hue, son premier valet de cKambre, cinq cent vingt-six livres; et le valet de chambre acttiel a administré l'emploi de ces deux sommes pour le ci-devant Roi.

Leis deux serviteurs actuels nous ont présenté les soixante-dix-buit mémoires de vêtements, linge de corps, étoffes et autres effets fournis à Louis , son épouse, son Gis, sa fille, et à sa sœur, depuis le 10 août jusqu'à la fin d'octobre.

Ils forment un total de vingt-neuf mille cinq cent cinq livres quatorze sous un denier, suivant le prix que les fournisseurs ont mis à leurs marchandises. Mais le plus grand nombre de ces mémoires, et les plus considérables, sont réductibles par une diminution de plus de mille écus ou quatre mille livres. Nous en avons fait les observations au conseil général de la Commune, dans noire rapport du 18 novembie, et le conseil ordonnança le payement des fournitures les moins considérables qui ne paraissaient pas réductibles, en arrêtant que les commissaires s'adjoindraient des experts pour taxer les autres. Différentes circonstances ont empêché la première commission des comptes de pouvoir commencer cette expertise ; mais le début des experts justifie ce qu'on vient d'avancer. Sur neuf mémoires montant à la somme de 3,182 livres, ils ont fait une diminution de 722 livres, en portant les fournitures et façons au plus haut prix.

Pendant les deux premiers mois et demi, il a été fait encore quelques légères fournitures, dont les valets de chambre ne nous ont remis les mémoires qu'en décembre, avec ceux des fournitures de novembre. Le nouveau conseil nous a obligés de les remettre, dans l'état où on nous les avait donnés, à la nouvelle commission des comptes qu'il a nommée. Nous observerons seulement que nous en avons fait voir aux experts , et qu'ils les ont jugés susceptibles de pareilles réductions que les premiers.

Je finirai cet article en observant qu'il ne faudrait pas présenter les dépenses à faire , pour ces objets, par celles qui ont été faites; les premiers besoins nés des circonstances ont été remplis; l'entretien doit être maintenant bien moins considérable.

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