LIVRE XIII. — L'OEUVRE DE SIMON S'ACHÈVE
COMMUNE DE PARIS
tt Le cinquième jour du deuxième mois de i*an second de la République une et indivisible , à huit heures du soir ; •
» Le citoyen Simon est venu au conseil du Temple pour lui faire part d^une conversation qu'il avait eue avec le petit Capet, par laquelle un membre de la Commune paraissait avoir eu des intelligences avec sa mère. Simon ne voulant pas nommer le membre sans qu'au préalable le conseil eût reçu lui-même la déclaration du petit , alors le conseil a nommé les citoyens Foloppe et . Figuet pour interroger le peti^ Capet ; ces deux membres sont de suite montés dans sa chambre , où étant , et en présence de la citoyenne Simon , ils ont fait rouler la conversation sur différentes choses, et l'amenant insensiblement sur les membres de la Commune , il a dit :
n Qu'un jour Simon étant de service au Temple auprès de sa mère avec Jobert , ledit Jobert avait remis ce jour- là deux billets sans que Simon fut (sic) aperçu; que cette espièglerie avait fait rire beaucoup ces dames , d'autant plus qu'elles avaient trompé la vigilance de Simon, mais que lui déclarant n'avait point vu les billets , seulement que ces dames le lui avaient dit.
n Les commissaires dénommés descendus au conseil ont donné lecture de la présente déclaration; alors Simon a dit qu'elle était conforme à celle que le petit Capet lui avait fait (sic) verbalement.
n Lecture faite au petit Capet de la présente déclaration , a dit qu'elle contient vérité, y persiste et a signé.
» Et avant de signer, le petit Capet a dit que sa mère craignait sa tante ; et que sa tante était celle qui exécutait mieux les complots. »
Cette signature du jeune Prince, la dernière que nous possé-
' Cette pièce est an dépôt des Archives de l'Empire , Armoire de fer.
dions de lui, a été exactement reproduite, ainsi que les quelques mots de F écriture de Simon qui raccompagnent.
oapet:
On peut mesurer, en comparant les caractères incertains et vacillants de la signature du fils de Louis XVI au bas de ce document, à son écriture dont nous avons donné un spécimen tome I'", page 253, la décadence physique et morale dans laquelle il était tombé.
La Commune eut assez d'intelligence pour ne pas adopter sérieusement un pareil récit ; elle eut assez de pudeur pour n*en pas faire usage sans le fortifier par quelques nouvelles déclarations, et le 13 frimaire suivant (3 décembre 1793), fut fabriqué un second procès-verbal, dans lequel Simon contraignit encore de paraître le plus innocent et le plus effroyable accusateur qu'on trouvera jamais dans Thistoire. Cette nouvelle pièce n'est qu'un tissu d'absurdités qu'il suffit de livrer à l'attention intelligente du public pour qu'il en fasse justice luimême. La voici m extenso :