‹ Louis XVIIChapitre 37 sur 206 · LIVKE XIII. — L'OEUVRE DE SIMON S'ACHÈVE · texte numérisé non relu

LIVKE XIII. — L'OEUVRE DE SIMON S'ACHÈVE

tout épier, à tout dénoncer, ont tout à coup perdu les yeux, rouîe et la langue !

Je passe sous silence cette clairvoyance impossible d^un enfant qui devine, à la marche du bruit qui se déplace, que les prisonnières quittent la pièce du bûcher pour sMnstaller dans Fembrasure de la fenêtre de leur chambre à coucher, et y cacher àefaux assignats. Quoi! il sait mieux que tout le monde dans le Temple les dispositions de chaque appartement , il sait la correspondance exacte de chaque chambre avec la chambre de Vétage supérieur ! il connaît les faux assignats ! il pense que sa mère , sa sœur et sa tante pourraient les passer par la fenêtre pour les communiquer à quelqu'un !

La seconde partie de ce procès-verbal est relative à la correspondance nocturne* que Louis XVI, pendant le temps que dura son procès, avait, de concert avec Cléry, établie avec Madame Elisabeth. Nous y remarquons cependant que Charles Capet était fortement persuade que les détenues avaient des intelligences ou correspondances avec quelqu'un. En vérité, la dérision ici est trop forte. Une chose m'y frappe toutefois, c'est le refus fait par Simon de s'associer à sa femme et au Dauphin dans la première déposition que contient ce second procèsverbal, et qui est relative au bruit entendu dans l'appartement des Princesses. Le prétexte qu'il allègue de sa surdité pour n'avoir point connaissance de ce bruit semblerait un scrupule de conscience qui aurait le droit d'étonner chez un tel homme, si Ton n'y voyait plutôt de sa part un calcul raisonné pour donner plus de crédit à ses autres allégations , notamment à celle qui suit immédiatement, et dont l'absurdité dépasse tout, à savoir, que depuis environ huit jours Charles Capet se tourmentait pour faire sa déclaration aux membres du conseil.

Laissons là ce factum stupide, œuvre d'un zèle aussi maladroit que fanatique , au bas duquel on retrouve dans la signature du pauvre enfant la violence matérielle visiblement faite à sa main, pour le contraindre à signer; et remarquons que le

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conseil général de la Commune, si peu scrupuleux qu*il était, recula lui-même devant Tidée d'asseoir une accusation capitale sur de p^eils motifs. L'enfant, abasourdi, avait signé : qui le nie, mais qui ne voit la main qui le fait signer? Sa pauvre mère , en mourant , demandait grâce pour lui à Madame Eli* sabeth, mais celle-ci, pas plus que la Reine, n'avait rien à pardonner.

Les rigueurs qui se manifestaient contre Madame Elisabeth s'étendaient, nous l'avons dit, sur Tison lui-même, relégué depuis le 21 septembre dans la tourelle. Amendé par la réflexion , résigné et repentant , ce malheureux acceptait sa disgrâce et supportait en silence la captivité, comme une expiation de sa conduite passée. Cependant, inquiet de sa femme et de sa fille, dont il n'avait pas de nouvelles, le 10 décembre il sollicita sa liberté. Hébert combattit sa demande , alléguant qu*on se priverait, en le relâchant, des renseignements qu'il était à même de donner sur Madame Elisabeth. Avant de statuer sur la pétition, le comité de salut public ordonna que le pétitionnaire serait soigneusement interrogé. L'interrogatoire n'ayant amené aucune charge contre la sœur de Louis XVI , le comité , loin d'accorder une grâce qui n'avait point été méritée par une délation, ordonna que Tison serait mis au secret et réduit au plus strict nécessaire. Cette nouvelle n'affligea point précisément Simon, qui regardait Tison comme un traître, mais elle l'inquiéta , ou tout au moins elle lui donna à réfléchir sur sa position personnelle. Il se demandait quelle serait sa propre récompense après avoir dépensé des mois et des années peutêtre dans le rôle si dur qui lui était imposé. Bien qu'il eût confiance dans la protection de ses chefs et dans la stabilité de leur pouvoir, le spectacle général des vicissitudes si fréquentes dans ces temps d'orage, l'exemple particulier de son voisin Tison, ne laissaient pas que de le troubler. Malgré les avantages et les gros appointements qui rachetaient à ses yeux les ennuis de sa position, et qui la rendaient enviable aux yeux de ses collé • gués, il commençait à se dégoûter de sa vie recluse, si esclave

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