LIVRE XIII. — L'OEUVRE DE SIMON S'ACHÈVE. \1Z
nant aucune rébellion ne provoquait , que ne justifiait aucune résistance , y avait-il un penchant machinai qui le disposait à faire incessamment acte de puissance , une irritabilité sans motif, aussi bien que le souvenir de Todieux engagement quMl avait contracté. Au moment où , par son obéissance et sa résignation , le malheureux enfant devait se croire à Tabri de ses atteintes, il se précipitait sur lui, réveillé tout à coup dans ses instincts cruels par une irritabilité que rien ne motivait.
Mais Dieu ne voulait pas que tout fût encore accompli.
Le 13 nivôse an II (2 janvier 1794), le corps municipal prend un arrêté qui , conformément à Tarticle 8 , section 3 , de la loi sur le gouvernement provisoire, interdit le cumul des fonctions de membre du conseil général et des emplois salariés par TEtat. Simon , instituteur de Gapet, et Coru , économe du Temple , se trouvent atteints par cette mesure.
Dès le lendemain, Coru se rend à F hôtel de ville et déclare devant ses collègues qu'il renonce à sa place pour rester membre du conseil général*. Son désintéressement est applaudi et une mention civique lui est décernée. « Alors , dit le procèsverbal de la séance, une discussion s* élève sur la question de savoir si le citoyen Simon , membre du conseil , qui se trouve dans le cas de Toption , sera tenu d*opter malgré la mission dont il est chargé. Celte discussion se termine par Tordre du jour motivé sur la loi qui prononce d'une manière précise sur cet objet. »
La résolution de Coru rendait la démission de Simon inévitable. Celui-ci , en effet , ne pouvait se montrer ni moins désintéressé que son collègue , ni moins désireux du témoignage d'estime qu'il avait obtenu.
Le 16 nivôse (5 janvier) , il informe le conseil général qu'il résigne une position grassement rétribuée pour reprendre les fonctions gratuites auxquelles l'ont appelé les suffrages du peuple. Le conseil agit à son égard comme il avait fait envers
* Coru (Jacques-Pierre) , âge de soixante et un ans , était marchand grainier, et demeurait rue Saint-Antoine, no229, section de l'Arsenal.
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Coru, en lui accordant la mention civique au procès-verbal et rinscription de son nom sur la liste des candidats pour les missions salariées à la disposition de la Commune.
Le 19 nivôse (8 janvier), le conseil général de la Commune députe cinq de ses membres au comité de salut public, pour lui demander son vceu sur la nomination du citoyen qui doit remplacer le citoyen Simon, gardien du petit Capet,
Le 27 nivôse (16 janvier), ces commissaires annoncent au conseil général que le comité de salut public regarde comme inutile la mission de Simon, et pense que les membres du conseil doivent seuls surveiller les prisonniers du Temple.
Le conseil général arrête alors que quatre de ses membres , commissaires de garde au Temple, auront à Tavenir la surveillance immédiate des détenus à la tour du Temple.
Le 30 nivôse an II (19 janvier 1794) , un grand bruit se lit entendre dans la tour ; c^ étaient Simon et sa femme qui déménageaient et prenaient congé de tous les employés du Temple^ Les adieux du maître à son élève furent ce quUls devaient être , une injure et un blasphème. La femme avait dit à F enfant : a Capet, je ne sais quand je te reverrai. — Oh! le crapaud, reprit Simon , il n^est pas encore écrasé , mais il ne sortira pas de la crapaudière , quand bien même tous les capucins du ciel se mêleraient de Ten tirer. » Et en même temps , il appuyait la main sur la télé du jeune prisonnier, qui, muet et les yeux baissés , recevait immobile cette dernière malédiction de son geôlier^.
' Marie-Jeanne Aladame, veuve d'Antoine Simon, admise à l'hospice des incurables (femmes), rue de Sèvres, 10* arrondissement, le 23 germinal an IV (12 avril 1796), sur la présentation du ministre de l'intérieur, en date du 14 du même mois (3 avril 1796), est décédée dans cet établissement le 10 juin 1819. On verra plus loin comment mourut Simon.
^ Le lendemain , le procès-verbal de la séance de la Commune portait ce qui suit : « Un commissaire de ^rde au Temple annonce au conseil général que Simon et sa femme ont présenté aux commissaires de garde le petit Capet, et qu'ils les ont priés de leur en donner décharge; le conseil général arrête qu'il sera donné décharge au citoyen Simon et à sa femme de la personne du petit Capet. »