‹ Louis XVIIChapitre 71 sur 206 · LIVRE XVI. — GOMIN ADJOINT A LAURENT · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. — GOMIN ADJOINT A LAURENT

des soins presque paternels pour assurer leur existence et leur éducation.

n Voici le journal et Farticle dont les autres périodistes n'ont été que les trop dociles échos. » Puis ayant fait lecture des lignes du Courrier universel que nous avons rapportées , il ajouta :

u Le premier devoir du comité , pour écarter cette fable du royalisme, est de présenter à la Convention un récit simple des mesures par lui prises pour assurer le service du Temple et la garde des enfants du tyran.

J » A Tépoque du 9 thermidor, un nouveau gardien avait été placé au Temple par le comité de salut public. Un seul gardien a depuis paru insuffisant au comité de sûreté générale. Un citoyen, d'un républicanisme éprouvé, fut demandé à la commission de police administrative de Paris. Indiqué par elle, il fat adjoint au premier pour remplir cette fonction ; et comme, aux yeux des hommes prévenus et ombrageux , la permanence de deux individus au même poste éveille Pidée d'une séduction possible avec le temps, pour compléter et assurer d'autant mieux la détention des enfants du tyran, le comité arrêta que, chaque jour et successivement, l'un des comités civils des quarante-huit sections de Paris fournirait un membre pour remplir, pendant vingt-quatre heures, les fonctions de gardien, concurremment avec les deux nommés à poste fixe.

9) Le comité a regardé cet ensemble de mesures comme nécessaire pour dter aux récits fabuleux tout aii* de vraisem-' blance, et à la malveillance, soit active, soit calomniatrice, tout prétexte de plaintes ou d'agitations.

9 Pour la partie militaire du service de cé poste , le comité de sûreté générale s'est concerté avec le comité militaire. Ploôeurs représentants l'ont visité, et les deux comités se sont assurés que le service s'y faisait avec exactitude et ponctualités

» Par cet exposé , l'on voit que le comité de sûreté générale n*a eu en vue que le matériel d'un service confié à sa sur-

veillance; qu*il a été étranger à toute idée d* améliorer la captivité des enfants de Capet, ou de leur donner des instituteurs. Les comités et la Convention savent comment on fait tomber la tête des rois, mais ils ignorent comment on élève leurs enfants.

n Si le royalisme voulait élever la voix , il serait à Tinstant anéanti. Pour en ôter la pensée aux amis de la chose publique, et prévenir les conspirations qui, trop souvent , sont le produit de la faiblesse des gouvernements , le comité doit annoncer qu'il a pris , dans cette circonstance , des mesures contre les coupables, et quUl saura, fidèle aux principes, faire respecter les lois et le gouvernement, et empêcher qu'on ne provoque une perfide pitié sur les restes de la race de nos tyrans , sur un enfant orphelin , auquel il semble qu'on voudrait créer des destinées.

» Depuis plusieurs jours , le bruit se répandait que les assignats démonétisés reprenaient quelque crédit; on s'efforçait de leur donner une sorte de valeur dans l'opinion ; nul doule que tous ces bruits, les uns relatifs aux rejetons d'une race abhorrée , les autres à des signes retirés de la circulation , ne dussent concourir au même but et s'étayer mutuellement. Ainsi, l'esprit public s'affaiblissait, des fluctuations étaient imprimées à l'opinion publique ; mais , en dépit de toutes les manœuvres et de toutes les trames , le crédit national s'affermira sur les plus solides bases , la tranquillité publique sera maintenue, et le fils de Capet, ainsi que les assignats à effigie, restera démonétisé ^ »

Aucune voix ne s'éleva, dans la Convention devenue libre ^ pour défendre deux enfants innocents et malheureux. Quelques députés proscrits au 31 mai étaient pourtant depuis longtemps revenus siéger dans la Convention ; mais l'inhuma-

* Moniteur universel du 14 frimaire, Tau III de la République (4 décembre 1794). — Mathieu, né à Compiègne eu 1764, banni de France en 1816 comme régicide, y rentra après la révolutiou de 1830, et se retira à Gondat, près de Libourne, où il mourut subitement le 31 octobre 1833.

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