LIVRE XVI. — GOMIM ADJOINT A LAURENT. i
piicé de la mort; mais dans la séance du 19 nivôse an 111 (8 janvier 1795), Barras ayant fait la motion de célébrer par ane fête T anniversaire du Jour où le dernier tyran roi avait expié fur réchafaud les crimes dont il s'était souillé, un membre de la Convention, dont le Moniteur ne dit pas le nom, profita de Tentraînement que le discours de Barras avait produit dans TAssembiéè, pour demander que le lendemain de cette fête on entendît le rapport des comités sur la famille de Capet. Cette mesure fut également adoptée par acclamation.
Pendant que les partis intérieurs s'agitaient autour de la prison de Tenfant-Roi , les princes étrangers , ses alliés par le sang et ses amis par le cœur, faisaient leurs efforts pour Far* racher aux maux dont il était accablé.
L'Espagne mettait pour première condition de la paix et de la reconnaissance du gouvernement républicain la délivrance des prisonniers du Temple. Elle disait que « non-seulement Sa Majesté Catholique , mais que le Roi de Sardaigne ne consentiraient jamais à aucun rapprochement avec la République française avant d'avoir obtenu une satisfaction fondée sur les sentiments les plus forts de la nature. »
La Toscane négociait dans le même but ; le comité de salut public s'en trouvait embarrassé; il s'abstenait de répondre, et prescrivait en ces termes la même réserve à ses négociateurs : (c Trop d'empressement pourrait être considéré comme une espèce d'avance; or, une grande nation n'en doit jamais faire quand elle est menacée. »
Cette hauteur vis-à-vis de l'étranger se révélé dans tous les actes de cette époque. Le gouvernement révolutionnaire, atroce et impitoyable au dedatls , avait , en face de l'ennemi , quelque chose dé Id fierté et de la rudesse romaines. Simonin, commissaire du gouvernement , envoyé à Madrid pour traiter de l'échange des prisonniers, avait écouté et transmis au gouvernement la proposition suivante :
u Le Roi d'Espagne est dispo^ à traiter de la paix sur les bases suivantes : l*' l'Espagne reconnaîtra la République fran-
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caûe; i* la France remettra les enfants de Lonis X\l à Sa Majesté Catholique; ^ les profinoes françaises limitrophes de TEspagne formeront on Etat indépendant poor le fils de I>jhiîs XVI, qu'il goairemera comme roi de Xavarre. >
Le comité de salut public prescriiit immédiatement en ces termes le rappel de cet agent : - Faites rerenir sur-le-champ Simonin, il compromet la dignité du penple français. >
La démarche maladroite du Roi d*Espagne nuisait donc ati fils de Louis Xll au lieu de lui servir; elle rangeait le sentiment de la fierté nationale du côté de la rérblution, et fournissait un motif plausible à un refus cruel.
Les comités de salut public, de sûreté générale et de législation réunis, tinrent rengagement qu*ils araient pris d'apporter à la Convention, le 3 pluviôse an III (ââ janvier 17d5), Texamen de la question que Lequinio ' avait soulevée, et Cambaoérës, en leur nom, fit le rapport suivant :
(( . . . . Jusqu'ici la prudence avait écarté la question dont il s'agit. Aujourd'hui les circonstances paraissent exiger qu'elle soit examinée, autant pour tromper des espérances criminelles ou pour déjouer des manœuvres perfides , que pour fixer irrévocablement ropinion du peuple. 11 n'y a que deux partis à prendre à l'égard des individus dont il s'agit : ou il faut les rejeter tous du territoire de la République, ou il faut les retenir en captivité. En les retenant, vous pouvez craindre qu'ils ne soient au milieu de vous une source intarissable de désordres et d'agitations.... S'ils sont bannis, au contraire, n'est-ce pas mettre entre les mains de nos ennemis un dépôt funeste , qui peut devenir un sujet éternel de haine, de vengeance et de
* Lequinio (Joseph -Marie), ne à Sarzeau vers 1140, avait voté la morl de Louis XVi, en regrettant que la sûreté de l'Etat ne permit pas de le condamner aux galères perpétuelles , et assurant que si la peine de la détention obtenait la majorité, ce ne serait qu'au bagne qu* on pourrait t enfermer . En IHOI, ce démagogue voulut dédier au général Bonaparte son Voyage pittùresque et physico-économique dar^ le Jura, 2 vol. in-8*. Le premier Consul ne voulut pas agréer cet hommage. L'auteur changea quelques mots à la dédicace , et l'adressa au Tonnerre. Lequinio est mort avant la Restauration.