‹ Louis XVIII et le duc Decazes, 1815-1820;Chapitre 4 sur 36 · PREFACE. III · texte numérisé non relu

PREFACE. III

«rattache une bien autre importance aux innombrables lettres reçues par Decazes quand il était au pouvoir, conservées dans les archives de la Grave, où elles forment des liasses volumineuses. Les correspondants du ministre royal se nomment en ce temps : Richelieu, Pasquier, Mole, Laine, de Serre, Maine de Biran, Royer-Collard, Barante, de Broglie, Villemain, Guizot, Pozzo di Borgo, Wellington, Castlereagh et combien d'autres mêlés à divers titres aux affaires auxquelles il prit part. Hommes d'État, diplomates, chefs de parti, on pénètre à leur suite dans les dessous de la politique d'alors; à travers la poussière de leurs passions éteintes aujourd'hui, on voit encore étinceler les paillettes d'or de leurs nobles idées et de leurs patriotiques ardeurs.

Mais le joyau de cette rare collection, c'est la correspondance que Louis XVIII entretint avec Decazes de 1816 à 1822, environ deux mille lettres autographes du roi à son ministre, véritable histoire du règne, écrite au jour le jour par un des premiers acteurs. Tour à tour ministre de la Police, ministre de l'Intérieur, président du Conseil, Decazes, pour gagner la confiance du roi, avait imaginé de l'entretenir quotidiennement de toutes les affaires, même des moins importantes. A cet effet, il lui envoyait chaque matin, dans un portefeuille dont chacun d'eux possédait une clef, les lettres et les rapports de toute nature qui lui arrivaient de divers côtés. Après en avoir pris connaissance, le roi les lui retournait en les accompagnant d'une missive tantôt longue, tantôt brève, où sa verve s*exer-

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