‹ Louis XVIII et le duc Decazes, 1815-1820;Chapitre 6 sur 36 · PREFACE. V · texte numérisé non relu

PREFACE. V

que son désespoir rend pathétique, Louis XYIII, non content d'avoir fait « ,$on ami » comte et pair de France et de l'avoir marié à une héritière riche et de noble race, le crée duc et le nomme ambassadeur à Londres.

Decazes arrivé en Angleterre, la correspondance se continue, modifiée quelque peu en la forme, mais non dans le fond. Si « mon cher duc » succède à « mon cher fils », si le roi renonce au tutoiement, c'est qu'il craint que ses lettres confiées au directeur des postes ne soient lues par des indiscrets. Trouvet*il une occasion de les expédier par une voie plus sûre, il revient bien vite aux anciennes formules. Elles sont ainsi maintenues, quoique espacées, même quand Mme du Cayla commence a remplacer Decazes dans les habitudes de favoritisme et d'intimité du vieux monarque. En voilà assez, semble-t-il, pour marquer de quel prix est, au point de vue historique, sa correspondance avec l'homme qu'il a plus tendrement aimé qu'il n'aima d'Avaray et Blacas.

Sans doute, sera-t-on disposé à penser qu'à côté d'un tel document, tous ceux que contiennent encore les archives de la Grave — rapports diplomatiques, dossiers de police, copies de lettres provenant du Cabinet noir — n'ont plus qu'une valeur secondante. Ce serait vrai si, dans ces archives, ne se trouvaient les cahiers où la duchesse Decazes a consigné ses impressions et ses souvenirs. Elle était née de Sainte- Aulaire. Elle tenait par sa naissance à d'anciennes et illustres maisons, notamment aux Noyan, aux Soyecourt, aux Nassau-Saarbruck, aux Brunswick. Elle

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