‹ LouiseChapitre 11 sur 38 · DEUX MOIS APRÈS · texte numérisé non relu

DEUX MOIS APRÈS

Dans la petite chambre, au bas de la maison, Devant la même vitre et le même horizon, — Moins lugubre pourtant, car déjà l'hiverpasse, — Louise avec sa mère, en étouffant la voix, Cause... Tout fait vibrer ces murailles de bois. Le blessé dort là-haut, il dort depuis deux mois. Les femmes parlent à voix basse.

Tous les autres soldats sont partis. Le blessé Est resté là, fiévreux, dans le somme affaissé, Et son souffle brûlait l'air tiède de l'alcôve. La Mort voulait toujours sa proie. Il a fallu Se battre avec la Mort comme on repousse un fauve. Et voilà bien deux mois que Louise n'a lu ! Mais, à présent, la vie est sauve.

Seulement, c'estbienlong! Pierreabeau, tous lesjours, Auprès de ce chevet retenant ses pas lourds, Allégeant, de son mieux, des mains brunes de hâle, En tant de menus soins aider comme il le peut ; Quelques heures par jour, parnuit même, c'est peu ! La mère a ses yeux las noircis d'un cercle bleu ;

Louise, amaigrie, est bien pâle.

Toutes deux, à voix basse, en causent près du feu.

IILOUISE

Page 1