‹ LouiseChapitre 29 sur 38 · UNE NUIT · texte numérisé non relu

UNE NUIT

(.(. Voilà deux mois, pauvre fille, Que tu perds ton teint vermeil.

L| Suis-je pas de la famille ^

iî Refuses-tu mon conseil ?

« Chaque jour ton cœur t'annonce ^i;iiii Le beau blessé de retour :

lllll Mais tes lettres sans réponse

Te dégrisent chaque jour.

i «Il

« N'es-tu pas sa fiancée?

Un beau matin il a lui.

Vrai ! tu n'es pas bien pressée De t'expliquer avec lui !

« Regarde-toi dans la glace.

Folle, et cesse de pleurer !

Moi, si j'étais à ta place.

Au lieu de désespérer,

« Me sachant jolie, accorte

Et sûre de ma vertu,

J'irais frapper à sa porte

En lui disant: « M'aimes-tu? »

« Douze heures pour le voyage,

Autant pour s'en revenir !

On ferait le mariage: *'

Il faut se voir pour s'unir». 1

Qui donc murmure ces choses Est-ce un démon tentateur Qui, sous les paupières closes.

Lit le trouble de ce cœur ?

C'est tout simplement Marie, La gringalette aux yeux fous.

Louise a dit : « Je t'en prie... »

Et l'autre : « Décidons-nous !

(c Si tu préfères, niaise, Loin de ton cher vagabond.

Pleurer toujours, à ton aise!

Mais mon conseil était bon.

« Fais ce que ton cœur préfère.

Je vais me coucher... Bonsoir! »

— Partir! que dira la mèrer- Aller seule, dans le noir !

Mais, dans ce cœur en détresse.

Tout halète, tout se tord.

Et le doute qui l'oppresse Devient pire qu'un remord.

Des voix câlines, sans nombre.

L'attirent en l'abusant.

Dans la forêt vaste et sombre Louise court, à présent ;

Et, se cachant derrière elle Avec des airs de serpent, Une fillette au corps frêle.

Soit à genoux et rampant,

Soit debout, soit accroupie, Etouffant ses légers pas.

De ses yeux brillants l'épie.

La voit fuir, — et rit tout bas.

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