‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 103 sur 126 · Archives du Ministère de la Guerre · texte numérisé non relu

Archives du Ministère de la Guerre

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(( nant une entière confiance dans ses talents, sa « valeur, son expérience à la guerre, sa vigilance « et bonne conduite, ainsi que dans sa fidélité et (( son affection à notre service, à ces causes, « l'avons nommé et le nommons par les préce sentes, signées de notre main, au grade de nia- « réclial de camp. » C'est un témoignage non équivoque de satisfaction.

Mais M. de Polastron, nous l'avons vu, est resté sans aucune fortune, tous ses biens, mis sous séquestre, ont été vendus et il n'a pu rentrer dans aucun de ses domaines. Depuis longtemps, du reste, la situation des Polastron était obérée, et leurs dépenses excédaient de beaucoup leurs revenus. M""^ d'Andlau raconte que le vicomte de Polastron, le père, accourut à Versailles peu de mois après le mariage de son fils, escomptant déjà le crédit dont sa bru jouissait près de la Reine. Il arriva de Toulouse « la bouche enfarinée », espérant se faire renvoyer avec de l'argent et des grâces. Un peu refroidi par l'accueil de la Reine, qui ne lui parlait pas, il se mit bientôt à l'aise, « se montrant partout, causant plus qu'un autre » et forçant, par son insistance, Sa Majesté à lui adresser la parole.

Moreau, dans ses Souvenirs', nous apprend que

1. Souvenirs de Moreau, bibliothécaire de Marie- Anloinelle, 2 volumes in-S". Paris, Pion, 1898.

LA COMTESSE DE POLASTRON. 3o5

la vieille comtesse de Polastron, mère de M"" de Coulange, n'avait pas été plus prévoyante. Oubliant égoïsteraent ses enfants, elle avait mis tous ses fonds en viager, en spécifiant qu'on lui servirait une rente considérable jusqu'à quatre-vingts ans. Son existence s'étant prolongée au delà de ses prévisions, elle se trouva sans ressources, et ce fut sa petite-fille qui dut, pendant huit ans, subvenir à ses besoins. M. de Polastron, on le voit, en revenant en France, n'avait guère d'héritage à recueillir. Il sollicita donc du Gouvernement, dès sa rentrée, une situation lucrative qui vînt s'ajouter à son grade de maréchal de camp.

En 1816, il s'adresse directement au comte d'Artois et, dans une supplique, il invoque, pour obtenir un commandement, « ses vingt-cinq ans de malheurs et de dévouement sans borne ».

Monsieur ne reste pas sourd aux souvenirs qu'il invoque, et la demande est transmise aussitôt au ministre de la Guerre avec une recommandation, très chaude : « Le Prince daignant honorer M. de « Polastron de sa protection, verrait avec plaisir « que M. le duc de Feltre pût l'employer à un « commandement de département. »

Ce désir est immédiatement exaucé :

Le 4 septembre 1816, M. de Polastron est nommé commandant du département du Gers, et

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nous possédons une lettre du préfet du Gers, ■datée du 29 septembre 1817 et adressée au ministre de la Guerre, dans laquelle il déclare qu'il •croit « de son devoir de faire connaître combien il a à se louer de M. le comte de Polastron. Etant ■de ce pays-ci, il a la double influence que lui donnent sa .place et le rang distingué que sa famille y occupe ».

Cette brillante attestation ne devait pas empêcher celui qui en était l'objet de perdre son commandement. L'ordonnance du Roi du 6 novembre 1817 supprimait les subdivisions militaires par département. Deux maréchaux de camp seulement devaient être désormais à la disposition des lieutenants généraux commandant les subdivisions militaires pour être employés suivant les besoins du service. Dans la 10" division militaire, le comte d'Héricourt et le baron Yasserot étaient seuls désignés, et par une lettre signée du maréchal de France Gouvion-Saint-Cyr, datée du 13 novembre 1817, M. de Polastron était invité à résigner ses fonctions.

Il restait avec la demi-solde du grade de maréchal de camp, à titre de traitement d'expectative ou de non-activité. Ce traitement était de 500 francs !

C'était la misère la plus profonde et l'impossi-

bilité matérielle de vivre. Des amis s'entremettent, entre autres le comte Jules de Polignac, le comte du Coëtlosquet, le duc de La Force* et le vicomte de Partouneaux. On fait valoir les souvenirs que le comte de Polastron, son père, a laissés dans le département des Basses-Pyrénées, où il a jadis commandé, et le prestige qu'il exerce dans une province oîi sa famille jouit d'une juste considération ; •aussi, le 18 novembre 1818, les démarches actives faites auprès du directeur de la maison du Roi le font nommer « lieutenant de Sa Majesté en la ville de Bayonne » .

A cette époque, M. de Polastron demeurait rue de Grenelle-Saint-Germain^ à V Hôtel du jirince de Galles : cette adresse nous est indiquée dans la réponse faite au ministre de France à Garlsruhe, ce dernier ayant écrit que le gouvernement grandducal désirait savoir si M""^ de Polastron, née Becker, était encore vivante et où elle résidait. Celle-ci demeurait évidemment avec son mari, car le 9 février 1821^ M. de Polastron demande au baron Gudin, son chef immédiat, la permission de faire ratifier son mariage d'après la loi française, « s'étant marié il y a treize ans en Allemagne, suivant les usages du pays ». La permission fut

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