‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 3 sur 126 · AVANT-PROPOS. VU · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. VU

Elle fut aussi belle que bonne. « Elle était d'une beauté accomplie, faite pour enchaîner », écrit le comte de Tilly. — « C'était la tendresse vivante », ajoute Lamartine; et M. de Vaublanc, en quelques mots, complète son portrait : « Elle penchait légèrement, dit-il, la tète sur Fépaule, ce qui lui donnait une grâce languissante qui lui allait à ravir. »

La séduction qu'elle exerçait ne peut guère être mise en doute, puisqu'elle fut assez grande pour fixer à jamais un prince galant et frivole dont les aventures ne se comptaient plus et qui n'avait, disait-on, point encore trouvé de cruelles. Etrangère à toute coquetterie, elle sut pourtant attacher à son char ce Don Juan étourdi et volage, ce bourreau des cœurs qui faisait tourner toutes les têtes, et son charme fut assez puissant pour que l'amour du comte d'Artois demeurât constant jusqu'à l'heure de la séparation dernière. Sa mort même ne put chasser son souvenir du cœur de son amant; le prince resta fidèle au serment prêté au chevet de celle qui lui avait tout sacrifié et qui, durant vingt années, n'avait eu d'autre désir que de lui complaire et pour unique but que son seul bonheur.

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