VIII AVANT-PROPOS
Faut-il croire, comme on essaj^e de le prétendre, que rintensité même de cet amour exclusif ait eu sur le comte d'Artois une influence néfaste et que le souci de s'éloigner d'une femme adorée ait pu influer sur ses décisions et ses projets politiques dans ses entreprises contre la Révolution? Après avoir écouté sans passion les témoignages des contemporains, c'est une supposition qu'il est difficile d'admettre. Les lettres des amis du comte d'Artois, de M. de Vaudreuil, par exemple, montrent chez le prince un attachement que le temps paraît augmenter au lieu d'en atténuer la sincérité ; elles laissent deviner peut-être « ces raisons du cœur », comme les appelle M. de Contades, plus fortes parfois que la prudence, qui entraînent le comte d'Artois à se rapprocher sans cesse de celle à laquelle il était uni par une si tendre affection, mais rien dans^ toute cette correspondance ne permet de supposer que sa tendresse Tait jamais arrêté à l'heure du devoir à accomplir.
De son côté, si, à son tour, M"* de Polastron manifestait des inquiétudes qui faisaient couler ses larmes, « semblables à la rosée sur les fleurs », jamais on ne la voit rien tenter pour