‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 37 sur 126 · Il était situé au bout de la rue de Reuilly · texte numérisé non relu

Il était situé au bout de la rue de Reuilly

128 LES REINES DE l'ÉMIGRATIOX.

Nous l'avons vu, dès l'arrivée à la Cour de ^^[me ^Q Polastron, en 1780, séduit, par sa grâce et par son charme, allant s'installer gaiement à son chevet, avec Marie-Antoinette, lorsqu'une indisposition la retient chez elle, et son retour à la santé ne fera qu'augmenter ses empressements auprès de la séduisante jeune femme. Désormais, il va se trouver constamment à ses côtés, dans cette société Poiignac qui est devenue celle de la Reine et dont il est la gaieté et l'ornement. C/esl lui qui brille au premier rang dans ces réunions dont il est l'àme; il y donne libre cours aux originales reparties et aux brillantes saillies de son esprit léger et futile, et c'est avec un entrain inlassable qu'il préside à tous les plaisirs, toujours prêt à imaginer quelque distraction nouvelle.

Un peu plus tard, lorsque Marie-Antoinette donnera à sa jeune protégée un brevet de dame pour accompagner, en 1782, ce sera non seulement journellement, mais presque à toute heure, que le prince se trouvera eu contact avec elle, car son nouveau poste, en effet, donnera droit à M™" de Polastron à un logement au château et cet appartement se trouvera tout près de celui de la Reine '.

1. Le Château de Vpmnilles au teynpt de Marie-Antoinette, par P. de Nolhac. Versailles, Auberf, 1889.

D'après un plan dressé le 12 septembre 1786, on voit qu'elle habitait Tentresol sur l'attique du midi, au-dessus de l'appartement de M""'' de Polignac dont la séparait le n° 49. Elle occupait sept pièces, dont trois à cheminées'.

Dans ses Souvenirs, la duchesse de Gontaut, dont nous avons relevé maintes fois les défaillances de mémoire, nous a montré le comte d'Artois tombant amoureux de M""" de Polastron dès leur première rencontre, qu'elle place le jour même de sa présentation à la Cour, et la poursuivant aussitôt de ses obsessions au point de l'obliger à quitter Versailles et à se réfugier à Paris, auprès de M™'" de Montault. Rien, dans les Mémoires de l'époque ni dans la correspondance des parents de j^jmc jg Polastron, n'est venu justifier ce récit fantaisiste. Louise d'Esparbès était retenue à Versailles par son service auprès de la Reine ; c'est là qu'elle résidait le plus habituellement, et elle n'eut point à abandonner son poste pour fuir les assiduités du comte d'Artois. M""' de Gontaut s'est trompée à la fois sur les événements, sur les faits et sur les dates.

Rentrée à Panthemont dès le lendemain de son mariage, la jeune épousée ne fut nullement délais-

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