‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 5 sur 126 · AVANT-PROPOS. IX · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS. IX

empêcher celui qu'elle aime de marcher sur le chemin de Fhonneur. Son affection pour son prince était trop haute pour qu'elle ne sût pas, lorsqu'il le fallait, faire bon marché de ses alarmes ! Ceux qui ont porté de pareilles accusations ont oublié que le courage était héréditaire chez tous les Bourbons et que la duplicité des Puissances vint maintes fois mettre obstacle à la réalisation des projets des frères de Louis XVI.

La vérité est que M™^ de Polastron, objet d'une affection que les dangers, l'adversité, l'infortune et la maladie elle-même, n'avaient pu affaiblir, vécut dans un rêve de tendresse partagée qui résume sa vie et hors duquel, pour elle, rien n'était plus. Ce fut son ambition unique et constante : honorée de la faveur royale, elle ne rechercha ni la fortune, ni les richesses ; placée assez haut pour tout obtenir, elle ne voulut rien solliciter ni rien accepter, et l'intrigue de tout temps lui demeura étrangère. Elle n'existait que pour son amour, cet amour qui lui fut comme un bouclier contre lequel s'émousse la calomnie, et qui semble garder le mystère de son âme, le volontaire sacrifice si complet de toute son existence !

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