‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 48 sur 126 · Ibidem, page · texte numérisé non relu

Ibidem, page

154 LES REINES DE l'ÉMIGRATION.

<c santé est à présent fort bonne. Oui, de façon ou c( d'autre, vous la re verrez au printemps. »

Mais, auparavant, le prince devra modérer l'expression des regrets que lui cause la séparation; c'est Yaudreuil qui le lui conseille, qui le lui demande dans son intérêt, dans l'intérêt de l'objet aimé.

Il écrit le 9 janvier 1790 :

« Il faut que je vous gronde, Monseigneur; vos <( lettres à votre amie sont faites pour anéantir a son courage. Au lieu de la soutenir, de la conc( soler, vous vous laissez aller à votre tristesse ; « vous ne lui dissimulez aucune de vos peines^ et ce vous vous noircissez mutuellement, au lieu de « chercher dans l'avenir des motifs de consolation <.( et de forces pour supporter le moment actuel, ce On est perdu quand on monte son style à ce « ton. Il faut, au contraire, s'armer de courage et (( se le communiquer réciproquement. »

Ce réconfort parait d'autant mieux nécessaire que M""^ de Polastron devient « mécontente de l'air de Rome ». Cependant, le 20 février 1790, M. de Yaudreuil déclare, en répondant à une question du prince, qu'il est « extrêmement content de sa santé, que l'union la plus parfaite r^gne

■entre elle et ses parents, et je vous réponds, ajoute-t-il, que cela continuera* ».

Mais le prince insiste pour revoir son amie, et, •en mars 1790, Vaudreuil se voit contraint de lui réitérer ses sages avis de la fin de Tannée précédente. Il craint que l'arrivée de M™" de Polastron à Turin la fasse destituer par la reine Marie-Antoinette de « sa place » de dame du palais ; que son mari, « faible d'esprit, se brouille avec elle, fasse un esclandre et réclame son fils ». 11 redoute surtout qu'un rapprochement à Turin ne donne à la malveillance une nouvelle occasion de s'exercer ■contre le prince et son amie. Certes, M. de Yau- •dreuil apprécie celle-ci. « Plus je la connais et plus je l'aime », écrit-il; mais c'est pour son bonheur et pour celui du prince qu'il donne des avis toujours dictés par son affection.

La famille de Polignac l'approuvait et s'opposait au voyage, comme le prouve ce que le comte d'Artois écrivait, de Turin, à la comtesse Diane- :

« Voyez mon amie et causez avec elle, alors « vous aurez la preuve que je sacrifie tout ce qui <( est en mon pouvoir. Mais savez-vous ce que j'ai

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