‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 49 sur 126 · Correspondance de Vaudreuil au comte d'Artois, page · texte numérisé non relu

Correspondance de Vaudreuil au comte d'Artois, page

2. Le comte d'Artois à la comtesse Diane de Poliguac. Lettre du 24 mars 1790.

d56 LES REINES DE l'ÉMIGRATION.

« souffert, ce qu'elle a souffert elle-même ? Qu'elles '< vous le dise et vous serez moins sévère envers « moi. Croyez au surplus que plus je l'aime, plus '(je sais ce que je lui dois, plus je me conduirai- « de la manière la plus sage et la plus mesurée. « Vous saurez ce que je lui mande et peut-être^ « m'approuverez-vous. Au moins, pensez que je- « ne puis rien de plus, et de toute manière ayez « soin d'un ange qu'on ne connaît pas encore. »

C'est l'aveu d'une passion violente : Vaudreuil ne tente plus de lui résister. Il écrit, le 1" avrils que retarder encore le voyage de trois semaines serait « un supplice en pure perte ». Il regrette que le prince ne soit pas « vraiment digne de louanges », puisqu'il ne renonce pas à son projet; « mais je suis las d'être sévère, s'empresse-t-il d'ajouter, ce rôle va trop mal à mon cœur » !

Pendant que Vaudreuil s'occupe de la jalousiepossible de M. de Polastron, celui-ci semble fort tranquille ou tout au moins paraît fort bien prendreson parti de l'éloignement de sa femme.

Vf J'ai été hier, rue d'Artois, chez M""' de Poul- « pry », écrit le 20 mars M. Rougeot, dans une lettre datée de Paris, « j'y ai trouvé M. de Beru cheny, et tous deux m'ont tranquillisé sur le ft sort de M. de Polastron et de son fils, qui se-

« portent bien en ce moment; j'ai eu ici pendant « quelques jours son mari, qui est, Dieu merci,. « auprès de son père et de son oncle à l'Isle de « iS'Oë^.. »

Enfin, le départ de M'"" de Polastron est décidé-. « Demain, elle prendra sa volée », écrit YaudreuiU confident et conseiller qui reprend son rôle en apprenant que le prince veut louer une maison d& campagne pour son amie. Pour plusieurs raisons,, il s'oppose à ce projet.

« J'en ai causé avec elle », écrit-il, « et nous « avons conclu ensemble que ce serait très mal « fait : 4° parce que rien n'a plus l'air d'un éta- « blissement, et c'est ce qu'il faut éviter; 2° parce « que vos visites,, sans être accompagné, lui cau- « seraient des frayeurs mortelles, et ce ne serait « pas sans ^raison -. Songez que vous êtes la sau- « vegarde de votre famille et de la monarchie et « que vous seriez coupable de vous exposer alors (' que le crime veille. Il faut aussi qu'après un « certain temps elle aille en Suisse, et que son

1. Propriété du comte de Polastron, entrée dans la famille en 1767, par suite de son mariage avec Anne-Charlotte de Noi'.

2. Correspondance de Vaudreuil au comte d'Artois, tome I"", page 156.

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