Mémoires de Malouel
proche bien autrement grave et on portera sur elle ■de sérieuses accusations dont Gontades, dans ses Souvenirs, se fera Técho :
« M™^ de Polastron, maîtresse bien affichée de
« M. le comte d'Artois », dit-il', « voyait dans
« son amant un héros, sans songer que, dans ses
■« bras, il oubliait la gloire et négligeait les af-
« faires. Son air de douceur et de bonté lui avait
« acquis tous les cœurs. En comparant M. le
<( comte d'Artois à Henri IV, elle se trouvait tout
« naturellement Gabrielle; mais le Grand Henri
<( ne passait pas tous les jours quinze heures chez
« sa maîtresse, et l'on n'était pas obligé de l'y
« aller chercher toutes les fois que son devoir
« l'appelait ailleurs. Les partisans de M'"'' de Po-
« lastron assuraient qu'elle ne se mêlait en rien
-<( des affaires ; mais il faudrait bien peu connaître
« le cœur humain pour penser qu'un amour aussi
<( vif peut ne pas entraîner les conseils, pour
u ignorer que les conseils de l'amour l'emportent
« toujours sur les conseils de la raison,
« Si M. le comte d'Artois eût été Louis XIV,
« M""^ de Polastron, aimée et aimante comme
« M"" de La Vallière, lui eût fait goûter une longue