‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 65 sur 126 · Lettres du 28 décembre 1792 et du 9 janvier · texte numérisé non relu

Lettres du 28 décembre 1792 et du 9 janvier

2. Le priuce Henri de Prusse était le l'rère du praud Fi-édéric.

il n'est pas d'attentions et de prévenances que Catherine n'ait pour son hôte.

« Je me crois ici chez une fée », écrit le comte d'Artois à Yaudreuil, le 23 mars 1793; « tout est « grand, tout est beau, tout est neuf, mais il n'y « a rien d'aimable comme la fée. Je sais qu'elle « est contente de moi, j'excite son amour-propre, « j'anime sa gloire, enfin j'emploie tous les « moyens qui sont en moi, et de bonne foi je crois- « à un succès. »

Logé dans un palais somptueux, avec les gentilshommes de sa suite^ défrayé de tout et comblé de présents, le comte d'Artois a séduit tout le monde, même le favori du moment, Platon Zouboff', tout-puissant sur l'esprit de sa maîtresse, et il a conquis les cœurs de toutes les femmes de la Cour. Il n'en est pas une qui ne soit subjuguée par sa bonne grâce, son élégance et le charme inné qui se dégage de toute sa personne. Mais, malgré tant de conquêtes qui lui seraient faciles, le comte d'Artois ne songe pas un instant à se montrer infidèle ; c'est en vain que les beautés moscovites

!. Favori de Catherine, qui succéda à Potemkin en 1791. 11 avait vingt-quatre ans et rimpératrice soixante. Elle en avait fait son premier ministre et sa toute-puissance était sans bornes.

multiplient leurs avances, son unique pensée est pour celle qu'il a laissée derrière lui,

{( Je ne te recommande pas de soigner mon amie », €crit-il encore à Vaudreuil, « je compte sur toi et <( je suis tranquille; je n'ai pas de ses nouvelles <( depuis son départ de Cassel, il y a près d'un <( mois^ et cela est bien dur, mais j'ai senti la force <( du sacrifice, j'ai eu le courage de le faire... »

Cependant, le prince ne saurait regretter la dé- ■cision qu'il a prise, car « jamais voyage », dit-il, « n'a été plus nécessaire et plus heureux pour « moi et pour les affaires' ».

(( ... L'Impératrice met tant de grâce dans tout « ce qu'elle fait et elle prend un tel intérêt à nos <(. affaires, qu'elle est en vérité aussi contente et <( aussi heureuse que moi-même; elle m'a dit et <( répété plusieurs fois qu'elle répondait de tout. »

Enfin^ il annonce son retour et son projet de se rendre en Angleterre, où Catherine lui a promis son appui auprès du roi d'Angleterre, qui seul peut se charger de le transporter au moment voulu sur les côtes de France. Naturellement, au milieu <ie ces importants projets qu'il recommande de tenir secrets, M'"" de Polastron n'est pas oubliée.

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