CHAPITRE XI
Les Désastkes.
Cependant, l'hiver se passait tristement pour le comte d'Artois à Hamm, oii il était reste avec T^jine jjg Polastron, après le départ du Régent. Tandis que celui-ci se mettait en roule, décidé à se rendre à Toulon et implorer le secours de l'Espagne, le comte d'Artois attendait le bon plaisir de l'Angleterre, et il atteignait ainsi le mois d'avril de 1794.
A cette date, croyant qu'une occasion de partir va enfin lui être fournie, il fait aussitôt ses préparatifs et annonce à son fidèle correspondant la résolution qu'il vient de prendre.
« Je vais faire », lui écrit-il, « un grand sacri- « fice en me séparant de mon amie. Du moment « que la campagne est commencée et que je ne suis « pas à cheval, ce sacrifice devient nécessaire, et « nous nous y sommes décidés, quelque chose « qui nous en coûte ! »
Mais la possibilité de réaliser ces généreuses
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résolutions ne se présentera pas pour le comte d'Artois, victime encore une fois du mauvais vouloir des Puissances, et^ au mois de mai 1794, le prince est encore à Hamm avec son amie.
La douloureuse nouvelle de la mort de Madame Elisabeth, guillotinée le 10 mai, vient de lui parvenir.
« Hélas! » écrit-il à Yaudreuil, « je prévoyais (( le malheur affreux dont j'étais menacé, mais le « coup ne m'en a pas moins déchiré le fond du « cœur...
« Les monstres, les tigres! Dieu permettra-t-il « que je puisse les déchirer ! C'est tout mon espoir « et c'est ce qui soutient mes forces. Elle est heu- « reuse à présent, et je suis bien siir que cet ange (( veillera sur nous. Cela redouble mes forces et « me donnera les moyens de conserver ma santé; « sois sur que je la ménagerai pour mes devoirs « et pour mes amis. Je n'ai pas la force de te « parler d'autre chose'! »
« J'étouffe de rage et de douleur », dit-il encore ce môme jour à la comtesse Diane, « mais je me « fais un peu de bien en pensant que ma trop mal- « heureuse sœur reçoit à présent la récompense