‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 78 sur 126 · Communication du major Hall · texte numérisé non relu

Communication du major Hall

256 LES REINES DE l'ÉMIGRATION.

facilement les agents anglais ou français occupés dans les entreprises royalistes, avec lesquels il fut en relations journalières, surtout depuis la rupture de la paix de 1803 jusqu'en 1804.

M™" de Polaslron, on le devine, était logée non loin de là ; 230 mètres à peine séparaient la maison du prince du n" 18, Thayer Street, où elle habitait, dans le quartier de Manchester Square. C'est aujourd'hui une petite rue étroite et sombre, qui compte parmi les moins élégantes. On n'y voit guère maintenant que des boutiques fort modestes et des logements meublés des plus médiocres. Mais le n" d8 est le plus bel immeuble de la rue, et en consultant le plan de 1784 qui est à une grande échelle, on peut constater que le numéro est toujours le même.

La maison, la seizième du côté ouest do la rue, se composait et se compose encore d'un sous-sol, d'un rez-de-chaussée et de trois étages; au rez-dechaussée, deux grandes fenêtres donnent sur la rue, des deux côtés de la porte. Chacun des autres étages a trois fenêtres de façade, et un petit balcon de fer s'étend sur toute la largeur du premier. La salle à manger et un petit salon se trouvaient en bas, des deux côtés du vestibule d'entrée, avec le grand salon au premier étage, les chambres de maîtres au deuxième, et celles de domestiques au

troisième ^ Dans son Histoii'e des Emigrés, M. Forneron, et M""" de Gonlaut dans ses Mémoires, racontent que M™® de Polastron habitait à Londres avec M™" de Lage et de Poulpry, ses amies d'enfance. Rien ne l'indique^ mais c'est possible, car les règlements n'obligeaient pas alors les loueurs à donner à la police les noms de leurs locataires. Sur les registres de l'époque, c'est le nom d'Anna Beyer qui figure comme étant celui de la loueuse. Comme pour le propriétaire du comte d'Artois, l'absence du titre de « Madame », dans le Court Guide, indique que c'état là sa profession.

L'immeuble appartient aujourd'hui à M""" Lloyd- Verney. Le loyer était de 70 livres sterling et l'impôt municipal de \2 livres et o schellings. Il est probable, en raison de ce prix, que M™" de Polastron, qui occupait la maison tout entière^ avait suivi une coutume anglaise fort répandue, qui consiste à faire faire tout le service de la niaison^ même la cuisine, par le loueur, ce qui permet, tout en commandant les repas à sa guise, de ne pas s'embarrasser d'un mobilier à soi et de n'avoir, comme domestiques, qu'un valet de chambre ou une femme de service.

Toute la colonie française s'était groupée dans

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