‹ Louise d'Esparbès, comtesse de PolastronChapitre 83 sur 126 · Souvenirs, tome H · texte numérisé non relu

Souvenirs, tome H

« temps, je vous en conjure, pensez que j'ai cru, « et longtemps, d'Avaray perdu pour moi, et « qu'aujourd'hui, si je n'ose le regarder comme « tout à fait sauvé, du moins mes espérances sur- « passent de beaucoup mes craintes. Si cette pen- « sée vous comble et vous fortifie, les peines que (( j'ai souffertes m'auront procuré un grand bien. »

M. Ernest Daudet \ en citant cette lettre dans l'une de ses magistrales études sur l'Emigration, suppose que la perte à laquelle le Roi fait allusion dans sa correspondance,, c'est la mort de son fils unique, et il ajoute que, dans ce malheur qui l'avait si durement abattue, son âme exaltée avait cru voir le châtiment de ses faiblesses pour un prince qu'elle continuait à adorer. C'est une légère inexactitude de l'éminent historien. Le jeune Louis de Polastron était vivant et fort bien portant à cette époque, et, d'après les renseignements que j'ai pu recueillir, terminait son éducation au coll^ge des Pères de la Foi, à Kensington House, qui n'était distant que d'un kilomètre de Brompton Grave. C'est même vraisemblablement cette proximité qui avait décidé M'"" de Polastron à choisir cette résidence de préférence à toute autre. Outre la sa-

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