N» III
Lettre de Henri Frédéric de Nassau à sa sœur la duchesse
de la Trémaïlle.
{Archives de M, Je duc de la Trémoille.)
« Madame ma sœur, il y a si longtemps que je n'ay point eu « de vos nouvelles, que je croy que vous ne vous ressouvenez « plus de moy. Je confesse ma faute, d'avoir esté si longtemps «sans vous escrire; mais j'espère de mieux faire une aultre «foys. J'ay veu le portrait de vostre petit fils, que ma mère a
(caporté. Je le trouve fort beau en peinture, mais j'aimerais «bien mieux le voir là où il est, à ceste heure, car j'espèrerois «de voir la mère aussy bien que le fils. On m'a dit que vous «estes si fort changée, que je ne vous recognoistrois point. «J'espère que je le verrai dans peu de temps, peult-estre encores «cest hy ver qui vient. En attendant que j'aye ce contentement, «je vous suplye de croire que je seray à jamais vostre très « humble frère et serviteur. »
Lettre de Maurice de Nassau à la même, 30 février i603.
{Archives de M, le duc de Trvmoîlle.)
« Ma sœur, je sçay que vous croyés que je vous ay oubliée, «puisque vous n'avez eu de mes lettres, en quelque temps; « mais quand vous penserés à l'affection que je vous ay tousjours « portée, je m'asseure que vous changerés d'opinion. Je vous suys « tousjours le mesmes que je vous estois quand vous parties de «ce pays. Ceste volonté ne me changera jamais. J'attends icy «les députez de Madame l'Electrice et de mes aultres sœurs. Je « feray pour vous tout ce qui me sera possible. Je suys extrême- «ment en peine pour Madame de Bouillon. Je luy ay escrist. Je «souhaite extrêmement de vous voir, etc., etc. »