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«encores, et que par -vostre faveur je pourrai estre logée dans un «quartier de la maison de M. de Bouillon où vous estes logée. «Ce me sera un extrême contentement, si nous pouvons estre «ensemble ; et, sur ceste espèrance, je vous baise les mains. »
Une lettre adressée de La Haye, le 13 mai, par Maurice de Nassau à sa sœur M”° de la Trémoiïlle !, contenait, à la suite de maintes protestations d'amitié fraternelle, ce qui suit: «Vostre «fille devient bien sage et grandit. Nous avons souvent des que- «relles ensemble, et je m’asseure que vous la trouverés bien chan- «gée, quand vous la verré. Si l’armée du roy vient vers Juliers, «j'espère que je seroi alors plus près de vous; mais je ne m'ose «pas encore promettre ce bonheur de vous voir, selon l'extrême «envie que j'en ay et le grand contentement que ce me serait.»
Comme Maurice de Nassau, Louise de Coligny savait que Henri IV se disposait à entrer en Allemagne, à la tête d'une armée ; mais ni le prince, ni elle, non plus que la nation française, au moment où ils appelaient de leurs vœux le succès de ses armes, ne pouvaient se douter de ce qui allait advenir.
A l’activité déployée, dans le présent, et à la perspective d'un avenir prospère, comme devant couronner une entreprise résolument conçue et exécutée, devait tout à coup succéder un immense sujet de deuil, d’une désastreuse portée.
Avec quelle rapidité les affaires publiques ne changèrent-elles pas alors de face! |
Henri [V, voulant rehausser et affermir la situation politique de Marie de Médicis, durant l'absence qu’il allait faire, avait décidé qu'il serait préalablement procédé à son couronnement.
Le 8 mai, la reine, à l’approche de cette solennité, écrivit, de Paris à la princesse d'Orange?: «Ma cousine, j'ay reçeu vostre
{ Archives de M. le duc de la Trémoille.
? Bibl. nat. mss. Ve Colbert, vol, 88, fo 25,
«lettre avec plaisir, pour y avoir recogneu vostre bonne santé. «Je serai tousjours très aise de recevoir semblables nouvelles «et de tout ce qui vous apportera contentement. Quant à ce «qui se passe de deçà je vous assurerai de la bonne disposition «du roy, mon seigneur, de la mienne et de nos enfants, et vous «dirai que tout mon soing est de faire advancer toutes choses. «Pour ce qui est des cérémonies de mon couronnement et de «mon entrée en ceste ville, j'espère, Dieu aydant, que ce sera «dans peu de jours avec joye et allégresse, àlaquelle j'espère «que vous participerez, par la bienveillance et bonne affection «que vous m'avez tousjours portée !, laquelle je vous prie me «continuer, conserver, et faire estat de la mienne. »
Le jour même, 13 mai, où Maurice de Nassau écrivait à sa sœur M°° de la Trémoïlle, la reime était couronnée en grande pompe, à Sant-Denis.
Elle devait faire, le 16, son entrée solennelle dans Paris, lorsque, le 14, un horrible attentat vint frapper d'épouvante la capitale et plonger dans la consternation la nation entière : Henri IV, à sa sortie du Louvre, venait d’être assassiné !
Retenue en Hollande plus longtemps qu’elle avait pensé devoir l'être, Louise de Coligny ne put arriver à Paris, que la veille des funérailles du souverain.
1 Marie de Médicis s'était déjà, plus d’une fois, montrée touchée de ces sentiments de la princesse, à son égard, elle lui avait adressé notamment en 4609, ces lignes : «Ma cousine, je vous prie de croire que vos «lettres ne m'importuneront jamais, et que ce m’est un singulier conten- «tement d’en recevoir et d'apprendre par icelles, comme j’ay fait par vos «dernières, la continuation de vostre bonne disposition et de l’affection «que vous me portez, dont comme je fais tous jours estat asseuré, aussy «vous devez faire le semblable de mon amitié et bienveillance envers «vous et les vostres» (Bibl. nat. mss. Ve Colbert, vol. 87, p. 329).