‹ Louise de Coligny princesse d'Orange (volume 3)Chapitre 16 sur 55 · Archives de la maison d'Orange-Nassau, n · texte numérisé non relu

Archives de la maison d'Orange-Nassau, n

«son fils, dont il s’est volontairement départi au profit de ladite «dame, pour en estre ‘doresnavant payée par les Trésoriers de «son espargne, chacun en l’année de son exercice, ‘outre et « pardessus la somme de six mille livres tournois, aussy de «pension à elle cy-devant accordée sur le petit estat; voulant, à «ceste fin, qu’elle soit employée és estatz qui seront doresnavant «faite de ses pensionnaires, pour ladite somme de dix mille «livres, en vertu du présent brevet, qu’elle a signé de sa main «et fait contresigner à moy, son conseiller d’estat, secrétaire de «ses commandemens et finances. — Louis. — de Loménie.»

À trois jours de là, la duchesse de Bouillon adressait ? à Louise de Coligny ces lignes, dans lesquelles elle lui exprimait la joie qu’elle éprouverait à la recevoir à Sedan :

« J'ay bien appris certainement la guérison de monsieur mon «Mary ;, mais son eslongnement, en un temps où sa présence «m'est si nécessayre, m'est un desplaisir si sensible, que j'en «suis toute troublée, et sy mal, que je ne me puis donner l’hon-

1 Le premier recu délivré par la princesse d'Orange, depuis la conces- . sion du brevet ci-dessus reproduit, est du 20 juin 1611. Il est ainsi libellé : «Nous, Loyse de Colligny, princesse douairière d'Orange, confessons «avoir reçu comptant, de M. de Beaumarchais, conseiller du roy en son «conseil d'état et trésorier de son épargne, la somme de dix mille livres «à nous ordonnée par sa majesté, pour la pension qu'il plaist à sadite «majesté nous donner, durant la présente année 1611, de laquelle nous «nous tenons contente et bien payée, et acquittons ledit sieur de Beau- €marchais, trésorier de l’espargne susdite et tous autres. En tesmoing «de quoy nous avons signé la présente de nostre propre main et icelle «fait contresigner par nostre secrétaire, le 20e de juing mil six cent onze. «— Loyse de Colligny, princesse douairière d'Orange. — Par madite «dame Tassin» (Bibl. nat. mss. Collect. de pièces originales, vol. 814, dossier 18,338, pièce n° 93).

? Lettre du 29 mai 1611, avec cette suscription : «À Madame ma belle- «mère, Madame la princesse d'Orange» (Archives de M. le duc de la Trémoille).

«neur de vous entretenir davantage. Je vous ay mandé, bonne «princesse, comme Jj'aVois gouverné madame de Rohan, et la «promesse que j'en avois, qu'à son retour, elle feroit plus «de séjour icy. Celle qu'il vous plaist me faire d’estre à nos «baptesmes m’apporte un grand contentement: je ne puis pas «recevoir un honneur plus cher. — Vostre très humble servante «et très-obéissante fille. — Adieu, bonne princesse. »

La princesse d'Orange vint, ainsi qu’elle l'avait promis, à Sedan , dans le courant de l'été, et y fit preuve, comme mère et comme aïeule, d’une sollicitude que la duchesse de Bouillon mentionne, dans ce passage d’une lettre à sa sœur Brabantine !:

«Je vous escris sy à la haste, que je n'ai point le loisir de vous «dire de belles paroles, car il ne me faut quitter que le moins «je pourray ceste bonne grand’maman, quy part demain. Vous «sçaurés par elle comme elle laisse en bonne santé tout le mé- «nage. Elle m'a fait voir plus souvent mon petit garçon, que je «n’eüsse fait. Il amende fort, Dieu mercy, et gagne fort mon «cœur. La nourrice nous a donné quelque alarme, de n'avoir «assez de lait, et un jour surtout que l'on me fit la mesme «charangue que vous ouïtes, estant icy, qui me fit parler à elle, «à part; mais je trouve que l'on m'avoit dit la vérité. II mange «sa boulye comme un petit homme; enfin il veut vivre. Dieu «me le conserve, par sa grâce et pour servir à sa gloire?!»

Ainsi débuta dans la vie, sous la double égide d’une tendre

1 Archives de M. le duc de la Trémoille.

? Le 14 novembre 1611, la duchesse de Bouillon mandaït à sa sœur Brabantine : (Mon petit garçon se porte fort bien, Son visage luy fait beau- «coup d'honneur, car il l’a plus gros, à proportion, que non le corps, qui «est tousjours menu. Il a de bonnes petites jambes; il a aussy le teint «fort paré, sans aucune élevure; mais je le trouve un peu pâle, en dor- «mant. Quand il a esté remué, c’est un bel enfant, car il a pris de la «couleur» (Archives de M. le duc de la Trémoille).

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mère et d’une aïeule dont la touchante bonté égalait la foi, le : petit enfant qui, un jour, devint l’illustre maréchal de Turenne. Félicitons-nous de pouvoir ici, grâces à ces deux nobles femmes, saluer, dès le berceau, l’un des plus grands hommes qu’ait possédés la France.

Arrivée de Sedan à Paris, Louise de Coligny, qu’assistait l'ambassadeur d'Angleterre, présenta au baptème un enfant, dans l’église réformée, le 7 août !.

Vers cette époque, la princesse d'Orange, toujours pleine d'égards pour le connétable, apprit que forcé de sévir contre le le duc de Guise, il avait obtenu de celui-ci la réparation d'une faute commise. Elle écrivit aussitôt à son noble parent?:

« Monsieur, autant que j'avois reçu de desplaisir du juste «sujet que vous aviez de vous plaindre de M. de Guize, autant «je me rejouys maintenant de la satisfaction qu'il vous en à «faicte, et que vous en soyez demeuré content; vous remer- «cions très-humblement, Monsieur, de l'avis qu'il vous a pleu «m'en donner par ce gentilhomme; et me ferés beaucoup d’hon- «neur de croyre que vous n'avez servante ny parente quy Soit «plus sensible que moy à tout ce qui vous touchera. Et sçay «bien que j'ay des beaux-fils et particulièrement un fils qui «auront tousjours aussy les mesmes ressentimens pour vostre «service; de façon, Monsieur, que, quand vous aurés affaire de (vos serviteurs, je suys certaine que ceux-là seront tousjours

1 Au f 18 du registre des baptèmes, pour l’année 1611, «en l’église «réformée de Paris recueillie par permission du roy, à Charenton- «Saint-Maurice, lèz Paris », se lit la mention suivante : (Thomas, fils de «David Bargnette, tailleur d’habits, et d’Élisabeth Poly, né le 3 août, fut «présenté au baptème, le 7, par messire Thomas Edmond, ambassadeur «pour le roy d'Angleterre, et dame Louyse de Colligny, princesse douai- «rière d'Orange. »

? Lettre d’août 1611. Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 3832, fo 109.

«des premiers à vous rendre preuve de leur affection, et vous «pouvez estre asseuré que je les animerai à ce devoir, comme «je suis obligée, et par l'honneur que j'ay de vous estre proche, «et par celuy que vous m’avés tousjours rendu de vostre bien- «veillance. » |

Habituée à saisir chaque occasion qui s’offrait à elle de venir en aide à quelque infortune, la princesse terminait sa lettre par ces simples paroles: «Monsieur, la pauvre madamoyselle de «Senneterre s'assure tousjours, pour consolations, en toutes ses «afflictions, que vous ne l’abandonnerés point. Je vous en sup- «plie très humblement. » |

Louise de Coligny se trouvait depuis plusieurs années à Lierville, lorsqu'elle se décida à partir pour la capitale, où M°° de Rohan lui donnait rendez-vous. Arrivée, le 19 juillet 1612, à Paris, elle écrivit, le 20 juillet, à sa fille Brabantine !:

«Me voici de retour à Paris, d'hier au soir seulement, n'ayant «vù personne aujourd'huy, pour n’avoir pü voir la royne, pour «estre trop lasse, et n’ayant averty aucune de mes amies de «ma venue. Je suis venue en une fort grande diligence, et ayant «laissé infinies petites affaires en ma maison où ma présence «estoit du tout nécessaire, pour ne manquer point au Jour que CM” de Rohan m'avait asseuré par ses lettres qu’elle seroit 1cy; «mais, à ce que j'apprends, elle n’y sera encores de deux jours. «Je croy qu'elle vous aura vue à Saumur et M°° de Bouillon «aussy, et que vous aurez résolu ensemble du voyage de Sedan, «Mais je viens d'apprendre une nouvelle qui me met en peine: «c’est que l'on m'a dit que la contagion y est recommencée. . «Ce seroit bien pour mettre M"° de Bouillon en nouvelle peine. «Je luy viens d’escrire, tout à ceste heure, pour la supplier de «me mander de ses nouvelles. Je suis trop nouvelle venue pour

{ Archives de M. le duc de la Trémoille.

‘ «vous en mander icy. J’ay bien appris par mon nepveu Chastil- . «lon de celles de Saumur. Il est bien glorieux de la bague qu’il «a gagnée de M de la Trémoille, et dit qu'il n’a jamais rien «vû de si Joly que vostre cadet; et moy je dis que je n’ay point «de desir plus affectionné que celuy de vous faire service. En «ceste volonté, je vous baise les mains en toute humilité, et, «par vostre permission, à toute la petite troupe. »

La princesse d'Orange ne fit, cette fois qu'un court sejour à Paris et revint à Lierville. Le 25 octobre, elle écrivit à M"° de la Trémoille :

. «Madame, ma chère fille, j’attendois le retour d’un des miens, «qui estoit allé à Paris pour sçavoir si vous y estiez et envoyer «Sçavoir comment vous vous portez des eaux de Spa, lorsque «vostre laquais m'a rendu vos agréables lettres, estant extrè- «mement aise d'y apprendre vostre estat et celuy de vostre «petit peuple, particulièrement de M" de la Trémoiïlle. Jay «tousjours crû que ces eaux luy feroient du bien, car, lorsqu'elle «en prit sur le lieu, elles lui profitèrent beaucoup. J’aurois «un merveilleux regret de ne vous pouvoir voir devant vostre «partement, sans ce que vous me mandez, que vous n'avés que «six semaines pour vostre voyage. Ce sera donc à ce retour-là, «que nous nous verrons, s’il plaist à Dieu, car je fais estat de «partir, après cette Toussaint, avec beaucoup de regret de ne «voir point planter mes arbres ; mais j'ay icy M°° de Ricey, qui «me veut emmener par force.

«Je me suis trouvée fort mal, depuis trois semaines, d’un mal «qui n’est pas honneste; mais, à ceste heure, je me porte fort «bien, ét ne m’en reste qu’un peu de foiblesse. Durant ce fâcheux

«mal, je reçus vos lettres, avec celles que m'envoyés de Madame

1 Archives de M. le duc de la Trémoille.

«'Électrice et de ceste pauvre nouvelle veuve !, auxquelles j’ay «faict réponse, mais non à vous, parceque j'attendais tousjours «vostre retour à Paris; Madame de Rohan, qui m'a faict l'hon- «neur de passer icy, m'ayant asseurée que vous deviez arriver «deux jours après son partement de Paris; et depuis dix Jours «j'ay icy M°° de Ricey qui m'en dit autant. Vous. avés rai- «son de dire que n’avés point eu de mes lettres, car je ne vous «ai escript qu’une foys, depuis que vous estes à Sedan. Il y «avoit dans un mesme paquet des lettres pour vous et pour «Madame de Bouillon, et le tout adressé à M"° de Ricey; ce «qu’elle n’a point reçeu, tant le messager a esté sûr !

«Je suis estonnée de ce que vous ne me parlez point du ma- «riage de M. l’Électeur 2. M. d’Aerssen me mande qu'il est «arrivé, le 9 de ce mois, à la Haye, et qu'il n’y devoit séjourner «que peu de jours; que le mariage se doibt faire à Noël. — «Puisque vostre frère a l'honneur de l'accompagner, je croy, «quand je serai à Paris, que j'en apprendrai des nouvelles. On «m'a dit que vous estes priée d'aller quérir ceste belle prin- «cesse, pour l'accompagner à son ménage: ce sera un fort «beau et honorable voyage, et que je m'asseure qui vous rap- «portera du contentement ; mais au moins en devriés-vous man- «der quelque chose à votre pauvre maman, afin qu'elle s'en «réjouisse avec vous. Mais, puisque l’on vous verra dans six «semaines, il faut remettre tout discours à ce temps-là. Cepen- «dant, chère fille, je prie Dieu qu'il vous donne heureux voyage «et beau temps pour le faire; mais je suis marrie que je ne «verrai point mon fils M. de la Tremoiïlle, car ce laquais m'a dit «que vous le laisserez en Poitou, et que le petit est demeuré à «Sedan; mais j'espère que vous ramènerez M'"° de la Trémoiïlle.

‘ Catherine Belgie, comtesse de Hanau, dont le mari était mort le 9 août 1612, * Frédéric V, qui épousa une fille de Jacques Ie, roi d'Angleterre.

Mantes Meas? res

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«Si j'eüsse esté à Paris, je vous eüsse priée de me la laisser, pour «l’exempter de ceste petite corvée. J'attends, tous les jours, le «marquis de Mirabeau; sans cela, j'eüsse pu partir plus tost «pour vous trouver encores à Paris; mais, à ceste heure, il n’y «a point de moyen.

«Encores faut-il que je vous prie de m'esclaircir d’une chose «dont je vous priois par mes autres lettres: c’est qu'il y a bien «deux mois, que M. de Bouillon me fit mander que j’avois este «refusée, au conseil, d'un don que la royne m’avoit faict. Moi, «qui n'avois demandé, ni eu aucun don de Sa Majesté, fus fort «estonnée; et depuis, me faisant acquérir que c’estoit, on me «dit que c'estoit vous {, et que cependant on croyoit que ce fust «moy. Je vous supplie, éclaircissez-moy ceste énigme, car, «depuis, j'en ay tousjours esté et suis encore en peine ; et ne

1 S'il s'agissait, en effet, d’un refus opposé par le conseil à Mme de la Trémoille, quel acte était atteint par ce refus ? c’est ce qu’il est impossible de préciser. Ce qu’on sait du moins, c’est qu’une décision royale, rendue le 31 mai 1612, en faveur de Mme de la Trémoille, portait : «Aujourd’huy, dernier mai, l’an 1612, le roy estant à Fontainebleau, « desirant gratiffier et favorablement traiter Madame de la Trémoiïlle, «duchesse de Thouars, Sa Majesté, par l’advis de la royne régente, sa «mère, luy a accordé et fait don de la somme de douze mille livres, si «tant s’en trouve à prendre sur les deniers revenans bons à sadite «majesté, des paiemens aux gens de guerre et pensionnaires qu'elle en- Ctretient, par chacun an, en Hollande, dont une année est escheue le «premier jour du présent moys; lequel don de ladite somme ou de ce «qui pourra revenir de bon desdits payemens, par chacun an, sadite «majesté a accordé et accorde à ladite dame, pendant le temps que «lesdits gens de guerre et pensionnaires seront entretenuz, selon les «estatz qui en ont esté ou seront expédiez; m’ayant recommandé luy . Gexpédier toutes lettres nécessaires, en vertu du présent brevet, que «sadite majesté a voulu signer de sa main et estre contresigné de «moy, son conseiller, secrétaire d’estat et de ses commandements et «finances. — Louis. — de Loménie» (Archives de M. le duc de la Trémoille), |

«faut que laisser vos lettres, s’il vous plaist, à M. d’Aerssens. «Je vous baise bien humblement les mains.»

Cédant aux instances de M'* de Ricey, Louise de Coligny, quitta Lierville et vint résider chez cette amie, dont la demeure était située dans la circonscription de la paroisse S'-André-des- Arts. Là fut dressé, le 3 février 1613, l'acte authentique d’une vente faite par la princesse à Sébastien de Bruneau, écuyer, sieur de la Martinière !. |

Un peu plus tard intervint entre elle et la maréchale de Fervaques une négociation d'un autre genre, savoir : un emprunt de trois mille livres ?.

La double circonstance, de la vente et de l'emprunt dont il s’agit tend à prouver la limitation des ressources pécuniaires de la princesse, pour faire face aux dépenses que lui imposait sa situation personnelle, quels que fussent d’ailleurs l'ordre et l’économie qu’elle apportàt dans la tenue de sa maison.

Le moment du départ pour la Hollande approchait. Avant de quitter la France, Louise de Coligny donna une nouvelle preuve de son attachement à l’église réformée de Paris, en y présentant au baptème deux enfants, avec le concours, quant à l’un, de M. Desmarets, et, quant à l’autre, de M. de Chastillon *.

En allant prendre congé de Marie de Médicis, la princesse d'Orange, qui déjà, dans plus d’un entretien, avait abordé, devant elle, la question du mariage, projeté, de Henri-Frédéric et d'Anne de Rohan, revint sur cette intéressante question, avec la délicate insistance que lui inspirait son cœur de mère; mais

! Cet acte est déposé aux Archives de la maison d'Orange-Nassau, sous le n° 2263.

? Acte souscrit, à Paris, le 19 avril 1613 (Archives de la maison d'Orange-Nassau, n° 2247 à).

* Registre des baptêmes de l’église réformée de Paris, année 1613, fos 91 et 37,

quelque bien disposée que füt, d'habitude, envers elle son inter- locutrice, elle eût, cette fois, le regret de constater, que la régente, cédant à des préjugés qu'avaient fait naître, dans son esprit, certains ennemis des maisons .d'Orange-Nassau et de Rohan, n'était nullement favorable à l’union projetée.

Ce fut donc sous le coup d’une douloureuse impression, que la princesse se sépara de la régente, mais sans éprouver d’ailleurs le moindre sentiment d’amertume à son égard, tant était grande, chez la digne fille de Coligny et de Charlotte de Laval, la générosité de caractère qu’elle tenait d'eux. Il y eut plus: dans le cours de ses relations ultérieures, avec la veuve et les enfants de Henri [V, la princesse d'Orange ne cessa de déployer un dévouement touchant.

Peut-être, à l'issue du dernier entretien qui vient d’être mentionné, ni elle,ni M de Rohan ne perdirent-elles pas encore toute espérance de voir, un jour, la régente, se désister d’une opposition, que rien ne justifiait, à l’accomplissement de leur vœu le plus cher. Voici, en effet, la communication que leur ami commun, Ph. de Mornai, reçut d’Aerssens, à une époque assez rapprochée de l’entrevue, qu'avant son départ, Louise de Coligny eut avec la régente!: «Quant à M. le prince Henri «Frédéric, je sais véritablement qu'il n’est embarqué nulle part ; «mais je ne vois rien d'assez fort pour gagner sur la royne «d’agréer l'alliance de Mademoiselle Anne de Rohan, car vous «sçavés combien Sa Majesté s’y est opposée, et lors encore que «Madame la princesse d'Orange eut l'honneur de prendre congé «d'elle. Toutefois, je fais estat de me rendre, dans quinze jours «ou trois semaines, en Hollande, et ferai ce qui me sera possible «pour tenir les volontés en haleine, attendant que Madame de

1 Lettre du 31 mai 1613. Mém. et Corresp. de Mornai, éd. de 1824, (212, p« 240.

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