‹ Louise de Coligny princesse d'Orange (volume 3)Chapitre 22 sur 55 · LOUIS EME NCO TONY · texte numérisé non relu

LOUIS EME NCO TONY

Sous l'influence des démarches, des écrits et des conseils d'hommes d’une haute valeur, tels que Barnevelt, Grotius et Witenbogard, tous trois soutenant la cause de l’arminianisme, et, par cela même, celle de la tolérance, mais d’une tolérance qui ne s'élevait pas encore à la saine notion de la vraie liberté religieuse , les États de Hollande promulguèrent, en 1614, un édit contenant les dispositions suivantes : — exhortation à tous ceux qui expliqueront les textes de l’Écriture-Sainte dans lesquels il est parlé de la prédestination, de suivre le précepie de saint Paul, recommandant l'esprit de support à l'égard des faibles en la foi; — injonction aux prédicateurs d'annoncer que le début, les progrès et l’accomplissement de l’œuvre du salut proviennent de la seule grâce de Jésus-Christ, et non du fait de ceux qui sont appelés ; — défense d'enseigner que Dieu ait créé des hommes pour les damner; ni qu'il les mette dans la nécessité de pécher; ni qu'il appelle au salut des êtres qu'il a résolu de ne pas sauver; — ordre de ne pas troubler ceux qui, en expliquant les passages de l'Écriture-Sainte relatifs à la prédestination, admettraient que les hommes sont sauvés par la seule grâce de Jésus-Christ, en persévérant dans la foi jusqu'à la fin, et que ceux qui ne croyent pas en Jésus-Christ sont damnés; — quant aux autres dogmes, défense d’en prêcher aucun qui ne soit pas conforme à la doctrine communément reçue dans les églises de Hollande 1.

Cet édit, loin d’obtenir l’assentiment des deux partis en présence, ne satisfit que l’un et mécontenta l’autre.

Les contre-remontrans, éclatant en déclamations furibondes, presserent le peuple de ne pas s’y soumettre et lancèrent publiquement contre les États de Hollande la dérisoire accusation de papisme. |

! Levassor, Histoire de Louis XIII, Amst. 4757, in-4o, t, 4er, p.291.

Witenbogart prit en main la défense de l’édit, dans un écrit . que d’autres écrits attaquèrent.

Non contents d'avoir poussé la controverse jusqu'à l’état suraigu, les contre-remontrants déclarèrent ne plus vouloir rester en communion avec leurs adversaires, et s’assemblèrent, en certaines localités, dans des maisons particulières, pour s’y livrer à l'exercice de leur culte. Il firent plus, en fomentant çà et là des séditions.

L'agitation se propageait surtout dans les villes : les unes tenaient pour un parti, les autres pour le.parti opposé.

Trois aus environ s'étaient écoulés depuis la promulgation de l’édit de 1614, et les États de Hollande continuaient à s’épuiser en vains efforts pour apaiser l'agitation, lorsque Barneveld se décida à avoir un entretien avec Maurice de Nassau, qui jusque-là avait paru se tenir à l'écart des partis, mais qui, en secret, inclinait déjà du côté des contre-remontrants, circonvenu qu’il était par les astucieuses obsessions d’Aersens, leur patron intéressé et ennemi de Barneveld.

Ce dernier étant venu trouver Maurice, lui dit que les États le priaient de se joindre à eux pour les aider à maintenir leur autorité contre les factieux qui soulevaient une partie de la population et même des villes entières. Maurice répondit qu'il n’en ferait rien, attendu qu'il lui convenait de ne pas sortir d’une neutralité qui serait compromise, s'il s’immisçait dans une querelle théologique {.

Barneveld fut loin d’être satisfait de cette réponse.

Il en fut de même de Witenbogard, qui, bien qu'il vit Maurice assister encore à ses prédications, ne lui supposait pas moins des intentions malveillantes à son égard ; aussi fit-1l part de ses

: Levassor, Histoire de Louis XIII, t. 1°, p. 525.

apprébhensions sur ce point à Louise de Coligny, qui aussitôt lui écrivit 1 :

«Monsieur mon beau-fils vient de partir d'icy. Nous avons «fort parlé de vous, et surtout je luy ay représenté le grand des- «plaisir que vous aviés de ce que chascun vous disoit que vous «estiés eslongné de sa bienveillance, et qu'il l’avoit tesmoigné, «en pleine assemblée des Estats. Là-dessus il m'a fait le dis- «cours de ce qui s’y estoit passé. et me dit que Je pouvois vous «tesmoigner de quelle façon il parloit de vous et honoroit vostre «personne et vostre ministère ; que, s'il estoit autrement, il ne «fréquenteroit vos presches, comme il fait. Et sur ce que je luy «ay dict que vous craygnés de prescher devant luy, craygnant «de luy estre désagréable, 11 m’a priée de vous oster ceste crainte «et de vous assurer qu'il prend un très grand plaisir à vous «ouïr. Et croy que demain il vous pourra envoyer quelqu'un ? «pour parler à vous, pour vous dire sa pensée sur l'ordre, qu'à «son advis, on doibt donner aux affaires qui se présentent, et «ceroy qu'en cela vous trouverez de mesme advis. Si vous avés «la commodité de me venir voir demain, au matin, je vous en «diray davantage. Je prie Dieu qu'il vous console et coïserve ; «et Croyés-moy tousjours,

« Vostre très affectionnée amye, «la princesse douayrière d'Orange. »

. Ur, qu'était, en réalité, la prétendue neutralité de Maurice

entre les deux partis qui se trouvaient aux prises? Elle masquait

une sourde hosulité contre les remontrants, et spécialement

contre Barneveld et Witenbogard, qui tout à coup fit explosion,

dans un entretien de ce dernier avec le prince, au sujet de la ! Vers mai 1617. — Rogge, Brieven, erste deel, p. 263, n° 189. Voir Appendice, n° 9.

LOUISE DE COLIGNY. 245 séparation du ministre Roseus, dont les procédés agressifs avaient jeté le trouble dans l’église de La Haye, en lui aliénant une partie de ses membres.

«On m'a chargé, dit Witenbogard à Maurice, des calomnies «les plus odieuses ; mais je suis prêt à ne plus remplir aucune «fonction demon ministère, si Messieurs les États veulent bien me «le permettre. J’assisterai sans difficulté à toutes les assemblées «publiques et je ne formerai aucun parti. — Je n’approuve pas «votre pensée, répondit Maurice ; il n’est point question de se «condamner au silence, ni de se chasser, les uns les autres. N'y a-t-1l donc aucun moyen de s’accommoder? — Je n’en sais «que deux, reprit Witenbogard, qui sont, de s’assembler sépa- «rément, ou bien de se supporter mutuellement avec charité. «— Celui-ci est, je l’avoue, le meilleur, répliqua Maurice, mais «quoi ! les esprits sont si échauffés, qu'il faudra nécessairement « donner à chacun des deux parts une église particulière, pour y prêcher et administrer les sacremens. —— Voilà donc un «schismetout formé, dit Witenbogard ; et croyez-vous, Monsei- «Cgneur, que nos adversaires nous laissent une église dans les «villes qui sont à leur dévotion? — Je l’espèrerois, répartit le «prince avec un accent de colère, si vos gens ne les avaient pas «tant irrités. On s'est avisé d'interdire un ministre, à Rotter- «dam, parce qu’il prêchait la doctrine contenue dans la confes- «sion de foi et dans le catéchisme. » |

L’altération qui parut alors sur le visage de Maurice, fit juger à Witenbogard que ce prince n’était pas aussi neutre qu’il le prétendait. Il lui représenta que le ministre de Rotterdam n'avait été interdit qu'à cause de son emportement et de sa désobéissance, et qu'il était bien plus étrange que Goulard füt frappé d'interdiction, à Amsterdam, sans qu’on pût lui reprocher autre chose que d'avoir prêché la doctrine arminienne.

«Quoi qu'il en soit de ces interdictions réciproques, dit Mau- «rice, il y à, dans le corps des États de Hollande, certaines gens «qui vont bien vite et qui n'ont pas envie de lever les obstacles à «un prompt accommodement. L’ordonnance publiée pour la «tolérance mutuelle, et le renouvellement de la loi ecclésias- «tique de 1591, sont des mesures prises à contre-temps. Il «semble qu’on veuille établir un esprit d'inquisition. A-t-on pu «se flatter que les contre-remontrans obéiraient à des règle- «ments qui leur paraissent dressés par leurs adversaires? Pour «moi, je sais bien qu'ils ne s'y soumettront point. — Je ne vois «pas, Monseigneur, répondit Witenbogard, qu'on doive imputer «aux États d'établir une inquisition. C’est un reproche que nous «adressons justement à nos antagonistes. [ls veulent contraindre «leurs collègues à signer, sous peine de suspension, des formu- «laires de foi, dressés sans la participation des magistrats : et «qu'y a-t-il dans ces formulaires ? Certains dogmes spéculatifs «et nullement essentiels à la religion, qu'on prétend faire rece- «voir comme des articles fondamentaux. Nous n'avons pas «dressé les ordonnances dont les contre-remontrans.se plaignent; «elles sont émanées de nos seigneurs les États, qui sont les pères «communs de la patrie. — Vous direz tout ce qui vous plaira, «interrompit brusquement le prince : une pareille affaire doit «s’accommoder avec douceur ; il ne fallait pas commettre si faci- «lement l’äutorité souveraine de la province f. »

Informés par Witenbogard de la teneur de son entretien avec Maurice, les remontrans s’alarmèrent des dispositions malveil-

lantes de celui-ci à leur égard, et décidèrent entre eux d’em-

ployer les moyens qui seraient à leur portée pour ne pas perdre la faveur des Etats de Hollande, dont Maurice avait directement visé le membre le plus considérable, Barneveld, en se plaignant

! Levassor, Histoire de Louis XIIT, t. 1°r, p. 525, 526.

«de ce qu'il y avait dans le corps de ces États certaines gens «qui allaient bien vite, et qui n'avaient pas envie de lever les «obstacles à un prompt accommodement. »

Peu soucieux de la souveraineté que chacune des sept Provinces-Unies était fondée à exercer, dans l'étendue de son propre

territoire, Maurice imputait à Barneveld le tort de défendre

avec trop d’ardeur la souveraineté des États de Hollande, et d'avoir acquis une trop grande influence dans leurs délibérations. Le prince venait de se déclarer contre les remontrants, et, par cela même, 1l tendait, en secret, à laisser se refroidir ses bonnes dispositions antérieures envers le gouvernement fran- Çais, quil supposait porté en faveur de ces mêmes remontrants et de Barneveld, leur adhérent et leur soutien.

L'’ambassadeur de France, Dumaurier, ne se méprit pas sur les intentions de Maurice.

Dans une première dépêche !, uniquement destinée à faire ressortir l’attitude parfaitement nette de Louise de Coligny et de Barneveld, à l'égard de la France, 1l disait: «Madame la «princesse d'Orange a toujours affectionné le service de leurs « Majestés. M. de Barneveld, certainement, s’est porté si vigou- «reusement, en tout ce qui concerne le bien de la France et le «contentement de leurs dites Majestés, en toutes occurrences, «depuis que je suis en ce departement, qu'il en mérite, et tous «les siens, recognoissance et gratification, ayant employé son «autorité, que nul n'a égale à lui, en ce pays, pour empescher «le mal et promouvoir le bien du service de leurs Majestés, en «toutes occasions, vous asseurant que je ferais grand tort à la «vérité, si je ne lui rendois ce tesmoignage. »

Une dépêche postérieure de Dumaurier ? portait : «la maladie

1 31 février 4617. Grœn de Prinsterer, Corresp. 2série, t.2, p. 474. ? 47 mars 1617, ibid, p. 497.

cintérieure que je vous ai découverte va plustost en empirant «qu’en amendant; une puissante et dangereuse faction ayant «éclaté soudainement, comme un coup de tonnerre, sous cou- «leur de religion: On voyait bien des nuées s’assembler et gros- «sir, il y a déjà assez longtemps, mais on ne croyait pas que «jamais elles arrivassent à S’entrechoquer de la sorte et à faire un si grand bruit. La meilleure part, qui est celle qui a toujours «esté inclinée au bien de la France, est après, à bon escient, à «se rallier fermement; ce que j'espère qui se fera, avec le temps; «mais il lui en faut donner pour cela, les choses bonnes ne se

«faisant ici qu'avec la patience; d'autant que plusieurs esprits,

«qui tous pensent avoir égale part à la souveraineté, ne sont ni «traitables, ni capables des meilleures raisons, en un instant. «— Je vous dois dire librement une particularité que je vous «supplie très humblement mesnager, car, divulguée, elle feroit «préjudice au service de Sa Majesté, qui est que le prince «Maurice se monstre, grandement changé, en nostre endroict, «bien qu'en apparence 1l dissimule, comme aussi nous faisons, «pour n’aigrir son humeur, qu'il faut plustost tascher à reblan- «dir.»

Les contre-remontrants, se sentant soutenus par Maurice, redoublèrent d’arrogance, et s’attachèrent à rendre de plus en plus manifeste la rupture de tout lien religieux entre eux et les remontrants. En conséquence, ils réclamèrent l'usage de locaux spéciaux pour la célébration de leur culte; et, comme Maurice les entendait dire que, pour le moment, ils s’assembleroient, à cet effet, dans des maisons, à défaut d’églises, il s’écria avec indignation : CEh quoi ! nousirions prier Dieu dans telle maison «particulière, ou même dans une grange! Non, il n’en sera «rien. Les églises nous appartiennent : nous les aurons f. »

1 Brandt, Hist. de la réf. ap, Levassor, loc. cit., p. 740.

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Mais comment commencer par en avoir au moins une? Peu scrupuleux sur le choix des moyens, les contre-remontrants, de leur autorité privée, s’emparèrent, à La Haye, de l’ancienne église d’un monastère, alors inoccupée, désignée ultérieurement

sous le nom d'église du cloître, et y installèrent l’exercice de

leur culte.

11 y avait dans ce coup d’audace une flagrante usurpation du droit d'autrui, dont Barneveld demanda aux États de Hollande la répression. La pusillanimité est mauvaise conseillère : et ces États, dans la crainte de voir éclater une sédition, fermèrent les yeux sur l’usurpation commise. Une telle faiblesse, de leur part, dégénéra en un encouragement donné à la violence et au désordre.

Fiers de l’impunité qui les laissait agir en maîtres dans l’église du cloître, les contre-remontranis se félicitèrent de voir Maurice se rendre au culte qu'ils y célébraient. Sa présence fut saluée par eux comme un présage du succès final de leur cause, dans le débat qui s'agitait. |

Tandis que le prince s'érigeait ainsi, ostensiblement en protecteur des contre-remontrants, la princesse d'Orange et Henri- Frédéric, fidèles à leurs antécédents, continuaient à se rendre à la grande église de La Haye, dans laquelleprêchait Witenbogard.

A cette disparité de conduite des trois principaux membres de la famille d'Orange-Nassau s’applique la dépêche suivante, que le secrétaire d’ambassade Franchimont adressa à de Puisieux, le 3 août 1617, en l’absence momentanée de Dumaurier ! :

«Messieurs les Estats ont tousjours esté assemblez pour trou- «ver un expédient par le moyen duquel on puisse apaiser les «différends-de la religion. Ladite assemblée se doit séparer à la «fin de cette semaine, et toutefois on n’apprend point qu'il sy

Bibl: nat. mess. f. fr. vol. 15,957, 68.

«soit encore rien fait. Cependant Monseigneur le prince Mau- «rice discontinue, depuis quelques jours, de se trouver aux pré- «dication des ministres qui ont meu lesdits différends, pour aller «ouyr ceux qui professent l’ancienne opinion. Tous nos Français «qui sont pardeçàa en font de mesme. Madame la princesse «douairière d'Orange et Monseigneur le prince Henri, son fils, «continuent, de façon que son Excellence va d’un côté, et mon- «dit Seigneur, son frère, de l’autre. Cette séparation rend ces «peuples plus turbulens et licencieux, mesprisant leurs magis- «trats; et est grandement à craindre que cela enfin ne produise. «de mauvais effects : ce que Dieu veuille détourner! »

L’effervescence, qui s'était étendue de la Hollande aux autres provinces, menaçait de s’accroître. Dumaurier, revenu de France, s’empressa de rendre compte au roi de l’état de choses qu'il avait sous les yeux, en lui écrivant de La Haye, le 10 novembre 16171: | | |

«Je fus voir ces messieurs des États, en leur assemblée, le «à de ce mois, leur remettre les lettres de Vostre Majesté, et «leur expliquer la créance dont 1l lui a pleu me charger, laquelle «a esté reçue à grand tesmoignage de sa bienveillance, en un «temps auquel ses bons avis et l'intervention de son autorité «leur sont si nécessaires pour consolider les divisions qui se «forment entr'eux. J’ay recueilli cela de leur réponse verbale, «ensuite de laquelle ils me demandèrent par écrit que ce que je «leur avois dit; à quoy je satisfis deux jours après. J’estime «que ce sera pour my répondre aussi par écrit, mais non peut- «être Si promptement qu'ils feroient, si tous se rencontraient de «mesme sentiment. Cependant j'ai crû, Sire, ne devoir délayer «plus longtemps à donner compte à Vostre Majesté de ceste «mienne action, en lui faisant voir les propres termes desquels

? Bibl. nat. mss. f.fr. vol. 15,957, fe 82.

LOUISE DE GCOLIGNY. 251

«j'ay usé, m'estant estudié, de les assaisonner de sorte que l’un «des partis ne puisse justement soupçonner ni se plaindre qu’elle «penche vers l’autre, à son préjudice.

«Pour lestat présent de lalfaire, 1l est tel, Sire, qu’en ces «différends de religion, trois provinces, à savoir Gueldres, Zé-

«lande, Frise, Groninghen et la partie de la Hollande dont est

«la ville d'Amsterdam, qui suivent l’opinion de M. le prince «Maurice, insistant sur la tenue d’un synode national, pour faire «un règlement général, pour lPavenir, sur lesdits différends; et «l’autre partie de la Hollande, composée de plus grand nombre « de villes, avec les provinces d'Utrecht et d'Over-Yssel, s’op- «posent audit synode national, demandans qu'il s’en tienne un « provincial, de Hollande, auquel on mettra peine de composer

«les différends survenus en «celle ; et que si, par ce moyen, elle

«ne peut se guérir soy-mesme, elle consentira le national, appe- «lez en iceluy quelques docteurs de leur mesme confession, des «pays circonvoisins. Ceux qui font instance pour le national «prennent, pour raison de s'opposer au provincial de Hollande, «qu'ils imputent au plus grand nombre de ses docteurs en théo- «logie d’estre de l'opinion qu'ils impugnent comme nouvelle, et «partant, que ce qui y seroit décrété tendra infailliblement à la «maintenir. D'ailleurs, la province de Hollande résiste au natio- «nal, sur ce fondement, qu’elle seule a, de tout temps, eu droit «de régler ce qui la concerne, tant au fait politique qu'au fait «ecclésiastique, sans que les autres provinces s'y puissent ni «doivent ingérer, non plus que par le passé; adjoustant que, pour «empescher le synode provincial de Hollande d’estre accusé de «passion et partialité, on ne souffrira y estre admis que les plus «pacifiques docteurs, et qui jusques à présent et lors de la tenue «dudit synode provincial, ne se seront engagés, par disputes ou « par écrits, en toutes ces contestations.

«Sire, une autre difficulté non petite se rencontre encore à la

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