PRET
ner :
«commence à dépouiller ce bon homme, avant in estre con- «vaincu et Jugé. »
Au cours des derniers événements qui viennent d’être rapportés, et avec lesquels coïncidait le séjour de Madame de la Trémoïlle en Hollande, sa seconde mère, maintes fois éprouvée déjà dans sa santé, venait de l'être, une fois de plus. Elle avait fait une chute de laquelle étaient résultés, selon ses propres expressions, «beaucoup de petits accidens ». Elle ne s’en trouvait pas encore rétablie, lorsque sa chère Brabantine se vit con- ‘trainte de retourner en France. Les regrets d’une-séparation à laquelle 1l fallait, des deux parts, se résigner, furent adoucis, pour la princesse, par l'assurance qu'elle reçut de pouvoir conserver, pendant quelque temps, auprès d’elle, le jeune comte de Laval. S'il en coûtait à la duchesse de laisser son fils à La Haye, il lui était du moins bien doux de sentir qu'il y serait entouré des soins affectueux d’une aïeule vénérée, dont le cœur s'était appliqué naguères, avec tant de succès, à développer celui de la petite Charlotte de la Trémoïlle, devenue désormais une jeune fille accomplie. Au frère était réservé un accueil semblable à celui dont avait joui sa sœur.
La duchesse, qui, à son départ de La Haye, s'était proposé de passer par Bruxelles, n'avait pas encore informé de son arrivée dans cette ville la princesse, quand celle-ci lui écrivit, le 12 décembre ! :
«Jay sçeu par vos lettres et par ceux qui vous ont accompa- «gnée, le succès de votre voyage jusqu’à Breda. Je desire bien «de sçavoir si le reste se sera aussi heureusement passé, et com- «ment vous avez esté satisfaite de la cour de Bruxelles. Je vous «ay extrêmement plamte du mauvais temps que vous avez eu. «Je croy que c’est ce temps qui me fait continuer mon mal de
1 Archives de M. le duc de la Trémoille.
«costé, dont je suis au mesme estat que vous m'avez laissée ; «mais je n’ay plus la douceur de vostre compagnie qui me fai- «sait porter patiemment tous mes maux.
«Nous avons eu, peu de jours après votre partement, l’arri- «vée de mon neveu de Chastillon, qui est devenu si gros, que «nous ne le recognoissions presque pas. [l ne parle que des «contentemens du mariage. Je luy dis qu'il est plus heureux que «sage, et luy fais de petits reproches de ce qu'il m'a condamnée «sans m'avoir vüe; et là-dessus, Dieu sçait s’il s'excuse.
«Je ne sçay si vous avez sçeu la mort de celuy qui devait:
«espouser vostre jeune cousine de Hanau, dont la mère me fait «de grands regrets par ses lettres.
«Vostre fils se porte et conduit fort bien, et ne manque pas «au commandement que vous luy avez fait de me venir voir, «tous les Jours.
«Que je sçache de vos nouvelles, je vous supplie, et en quels «termes vous estes de vosire mariage 1.»
La correspondance de Louise de Coligny, à l’époque qui nous occupe en ce moment, montre dans quel esprit de conciliation et avec quel tact elle s’attachait, en toute occasion, à éviter une rupture, non seulement entre elle et Maurice, mais entre ce dernier et Henri Frédéric. |
Ainsi, par exemple, s’agissait-1l d'elle personnellement? Elle faisait indirectement sentir à son beau-fils qu'elle ne demeurait nullement indifférente au maintien de son autorité dans la principauté d'Orange, puisqu'elle félicitait sur le succès de sa mission à Orange même, Gaspard de Vosbergen, que le prince avait chargé d'y aller rétablir l’ordre?. S’agissait-il de Henri
! C'est-à-dire de celui du fils de la duchesse avec Mademoiselle de Bouillon,
* Lettre de Louise de Coligny à Vosbergen, du 5 décembre 1618 (Bibl. nat. mss. f. fr. vol. 15,957 fo 203), — Une lettre de Maurice, datée de
CP te VE