‹ Louise de Coligny princesse d'OrangeChapitre 45 sur 64 · LOUISE DE COLIGN Y. AG · texte numérisé non relu

LOUISE DE COLIGN Y. AG

«liem, comme le titre des biens de la maison Vanderbuch et «Poland, en Hollande, où sont appartenans diverses seigneuries <estant des plus anciennes partie qu'a esté de la maison de Nassau «en ces Pays-Bas, sans que icelle ayt aucune faulte, ains seule- «ment la basse, et, en aulcun lieu, la moïenne justice, qu'ils «plaise à Sa Majesté faire remonstrer aux Estats d’Hollande «qu'ils veuillent honorer ladite maison de la susdite haute «justice, laquelle, en regard des prouflits, n’est de grande impor- «tance, ensemble la moïenne partout.

«liem, comme la ville de Gertruydenberg est semblablement «appartenant à ladite maison de Nassau par titre d'engagement, «que icelle soit quicte par lesdits Estats d’Hollande et accordé «en achat perpétuel. Tant parceque ladite feu Excellence, par «sa diligence, l'a reprise des mains de l’ennemy qui l’occu- «pait, que pour les fortifications et garnisons qui y ont esté «faictes et longtemps entretenues, à la seule charge de Son « Excellence.

«tem, comme Son Excellence, en l’an LXXIX, par contract «faict avec les Estats-généraux a achepté la terre et comté «de ...., et sur ce donné en paiement notable somme, savoir : «septante mille florins ou environ, sans que lesdits Estats l'en «ayent sçeu mettre en possession, à raison de ce que la garnison «qui y estoit, prétendant paiement de ce qui leur restait dû, fit «refus de quitter la place ou faire serment à Son Excellence ; que «partant il plaise à Sa Majesté le faire remonstrer auxdits Estats (SÉNÉTAUX , alin que, à la premiere opportunité, ils fassent jouir «mesdits seigneurs les enfans dudit achapt.

«Mais comme, par tous ces moyens avant dits, ladicte maison «mortuaire ne sera secourue sitost que la nécessité le recquiert, «pour leur conserver sa dignité, attendu la très grande presse «que font plusieurs créditeurs, commençans, de tous costez, à «procéder par voye de justice, arrêts et aultres rigueurs pour

«ausquels obvier et donner aucun contentement raisonnable «auxdicts créditeurs, ladicte maison a très nécessairement «affaire, pour le moins, de cent mille florins de Brabant, des- «quels les curateurs supplient, en toute humilité, Son Excellence «Monseigneur le comte de Leycester faire secourir ladite maison «par tels moyens que icelle sçaura mieux penser et adviser, que «lesdits curateurs sçauroient icy proposer.

= «Et espèrent lesdits curateurs que par l’effect des moyens «avant dits ladite maison pourra estre conservée et, avec le «temps, restituer en son entier, soubz la protection de sadite «Majesté.

«Au regard de la personne de Monseigneur le comte Maurice, «lesdits curateurs supplient Vostre Excellence que son bon plaisir «soit se souvenir de la requeste que dedit sieur luy a cydevant «faicte par les mémoires donnés à M. Davidson, l’ayant bien « humblement supplié de luy estre en après au lieu de père et le «tenir pour son fils. Et ne doubtans lesdits curateurs que Vostre «Excelle ayant veu la prompte et bien disposée affection et dévo. «tion dudit sieur comte au service de Vostre Excellence, elle «sera aussy contente de luy continuer l'honneur de ses bonnes «grâces et faveur, et qu'il ne serait, à ce regard, besoim d'en « faire autre instance vers Vostre Excellence, si est-ce que lesdits «curateurs, sachant le zèle entier et sincère dudit s' comte pour, «en tout et partout faire très humble service à Sa Majesté, et «aussy à Vostre Excellence, désirant entièrement dépendre d'elle, «ont bien voulu très humblement supplier Vostre Excellence, «qu'il luy plaise, mettant en considération les bonnes qualités et «estat dudit sieur comte, avoir sa personne en bonne et favo- «rable recommandation, en ce qui touche son bien et advance- «ment.» |

Lettres de Louise de Coligny au vicomte de Turenne.

(Archives nationales de France.)

Lettre du 29 mars 1591.

«Cette lettre (du 16 mars) m’a esté rapportée, M. de la Tour «estant desjà parti de Hollande lorsqu'elle y est arrivée. Depuis j'ay reçeu de vos lettres pour M. de Buzanval et M. de Lafon- «taine, que Je leur ay envoyées, et point pour moy, mais ledit «s’ de Buzanval m'a fait voir la sienne, qui m'a fort resjouye, «pour la peine où j'estois de n’ouir point de vos nouvelles. Elle «estoit du 18 de février. Jésus! que je crains les longueurs ! « vû que n’aviez encore en ce temps, vü le duc de Saxe!

«Nous n'avons point sû de nouvelles de France depuis le paz- «sage de M. de la Tour, sinon la prise de Fécamp, de quoy M. de «Hallot a pensé enrager, car on l’avoit fait venir avec un irès «bon secours ; et cependant'on fit la composition peu devant sa «venue, à ce qu'aucuns disent assez à propos. Le bruit vient de «tous costés que Chartres est au roy; mais, à cause du vent con- «traire, on n’en peut encore bien sçavoir la vérité. Le duc de « Parme est encore à Bruxelles et se hâte assez lentement pour «aller en France, mais toujours ses forces s’apprestent, et beau- «coup ont opinion qu'il regarde ce que vous ferez et le chemin «que prendrez, à vostre retour, pour empescher, s'il se peut, «vostre passage; mais je sçay que le sieur de Buzanval vous «avertit plus particulièrement et du bon chemin où sont celles «pour lesquelles l’avez laissé.

« Les gens icy feront pour vous plus qu'ils ne feroient pour «personne du monde, pour la bonne odeur qu'ils ont prise de

«de vous, à vostre passage...

«Les marchands n’ont encores nulles lettres pour vous faire «donner de l'argent, ni nul avis que les leurs aient esté acceptées «à Bordeaux, ou ni ailleurs.»

EE Lettre du 19 avril 1591.

«Monsieur, c’est seul vostre bel esprit et non ce papier qui «vous peut représenter le contentement que j'ay reçue, voyant «de vos lettres, et les bonnes espérances que prenés d’un bon «succès en vostre négociation. J'espère que Dieu, qui l'a, dès «le commencement, favorisée, continuera à y étendre sa bénédic- «lion, et qu'en bref, les fruits de vos travaux paraïtront pour le «service de Dieu, de nostre roy et du salut de la France.

«Je n’entreprendray pas de vous mander des nouvelles, puis- «que M. de Buzanval est icy qui vous escrit. Seulement Je vous «dirai que de Dieppe on m'escrit, du 16 de ce mois, que ceux «qui venaient de Chartres assuraient avoir vü les Ôtages que «ceux de dedans avaient envoyés au roy, avec promesse de luy «rendre la ville, si dans ledit jour du 16, ils n’avoient secours.

«Mon beau-fils est party aujourd’huy d’icy (Middelbourg), «en intention d'estre bientost aux champs et faire parler de «luy, cest été. Je ne vous puis dire combien 1l se sent heureux «et honoré de vous avoir vü et de l'assurance que luy avez «donnée, que vous l’aimez..….

«Je vous envoie un pacquet de M. de Beauvoir, et ay envoyé «des vostres en France et en Angleterre par les bateaux «exprès, de façon que j'espère que n’en arrivera point de «faute. S'il y a des lettres pour vous, ils les apporteront. M. de «Lafontame m'asseure que vous aurez, à ceste heure, touché «de l'argent. Les marchands d'ici ont eu réponse de leurs lettres «de change; mais on ne leur mande de nul lieu qu’ils vous

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« fassent fournir davantage. Je suis en peine si avez reçu force «lettres que je vous ai écrites avec force paquets que je vous ay «envoyés de M. de Beauvoir, et tout par la voye de Cologne, «selon l'adresse que m'avez laissée. La lettre que m’avés escrite «par le capitaine Blaye est la seule que j’aye reçue de vous depuis «vostre partement d'Utrecht. Je suis extrêmement aise de ce que « dites que n'avez point bû 1. J’étais en toutes les appréhensions «du monde de cela. On m'avait dit, ces jours icy qu'’estiez «malade, mais hier il y eut un marchand qui reçut lettre que «vous esliez arrivé à Francfort en bonne santé : Dieu vous y «maintienne avec autant d'heur et de contentement qu’en méritez «et que le souhaite « Vostre obéissante cousine, à vous faire service.»

SA Lettre du 24 mai 1591.

« Monsieur, ce n’est que pour vous rendre le tribut que je vous « paie, toutes les semaines, que je vous escris celle-ci; car je ne «sçay rien qui vous puisse contenter, estant tousjours attendant «la rescription du receveur général des Estats que M. de Buzanval «nous doit envoyer de La Haye, pour recevoir icy la part de «Zélande, qui est prête, il y à trois semaines. Je sçay que ledict «sieur de Buzanval use de toutes les diligences qu’il est possible, «et y a plus de huit jours qu'il m'a mandé qu'il me l’envoyeroit «dans deux jours. Je luy viens encore de faire une dépesche «pour sçavoir ce qui le retarde, vous supliant croyre que nous «n'oublions rien du tout ce qui peut avancer ceste affaire ; et «pour moy, je désespère et languis de voir ces longueurs ; mais, «en matière d'argent, il y en a tousjours.

1 C'est-à-dire souffert du gros temps en mer.

«Je crois que vous avez reçeu plusieurs de mes lettres et «entre autre dépesche que je vous ay envoyée par homme ex- «près. Depuis, je n’ay rien reçeu de France, ni de M. de Beau- «voir. J’ay reçeu seulement des lettres de M. Duplessis par un «gentilhomme de Poitou qui vient de La Rochelle, où il à laissé «ledit sieur Duplessis depuis un mois, qui m’escrit qu'il sera, «à la Sainct-Jean, auprès du roy. M. de la Trémouille estoit «encores en sa maison, à cause de sa blessure, mais on espèroit «qu'il seroit bientost guéri. Ce gentilhomme m'asseure que «Madame devait bientôt arriver en France, et que M. Duplessis Qluy a dict pour me dire que M. de Peujas l'estoit allé quérir. «Je me réjouis fort de son contentement, car je m’asseure que «ce luy en est un très grand d’approcher du roy.

«Mon beau-fils est party de La Haye pour se mettre en cam- «pagne avec de belles troupes. J'espère que dans peu vous en «ouirez parler. Le duc de Parme ne remue point encore, sinon «qu’il assemble ses gens, mais On ne sçayt point encore ce qu'il «fera. Tout bruit de vostre belle armée, et se dit que commencerez «à marcher, ceste semaine. O Dieu! qu’il me tarde que je voie «ceste nouvelle certaine ! jamais rien ne me tarde tant, et je sçay «combien ces jours vous durent, qui fait que ce temps m'ennuie «encore davantage, car, outre le bien public, je désire aussi «vostre contentement, que je sçay ne pouvoir estre qu'en rendant «ce bon service à la France et à vostre roy. Or, Dieu vous fasse «la grâce que ce soit bientost et vous donne toute la prospérité «et le parfait bonheur que vous souhaite

« Vostre humble et obéissante cousine.

«Ma cousine d’Andelot est partie depuis quatre jours. Sa pré- «sence m’a fait couler icy deux mois beaucoup plus doucement que «je ne l’eüsse faict. Mais, à ceste heure, je rachèterai son séjour

«d’une longue péniteñce. La vue et le contentement de deux

«mois d’une cousine et de huit jours d’un cousin, c’est le seul

«auquel depuis sept ans j'ai participé. Je crains bien que je ne «soye pas preste de le revoir. Cependant, vivez assuré, je vous «Supplie, que rien ne vous est sous le ciel, si religieusement «gardé que l'affection et parfaite amitié de vostre misérable «cousine, laquelle ne finira qu’avec sa vie.»

Leitre du 31 mai 1591.

« Monsieur, je croy que vous sçavez desjà comme M. de Bu- «zanval enfin a mis une fin à vostre principale affaire de decà «et quil à donné ordre que vostre argent vous sera baillé à «Cologne, je vous réponds, pour la part de Zélande, qu’elle a esté «comptée en ceste ville, à Moucherois, marchand, qui est celuy «qui à accordé avec mondit sieur de Buzanval. M. de S'° Alde- «gonde recevra une partie de ce que luy avez ordonné sur ceste «part ici, et l’autre quand tout sera reçu. Cela luy viendra bien à propos pour donner à des hommes qu'il a en main pour luy «faire sçavoir de bons et certains avertissemens des desseins « du duc de Parme, qui sont encores si secrets, que l’on ne peut «avoir nul jugement de ce qu’il veut faire ; car, une fois, 1l fait «des préparatifs pour assiéger une ville, et puis cela s’évanouit ; «une autre, on dit que c’est pour donner en une des iles de «Zélande ; de quoy souvent je suis alarmée. À cest instant, on «a nouvelles icy qu'il est party de Bruxelles avec quinze cents «chevaux et quatre mille hommes de pied, et qu’il tient le chemin «de Gueldres, pour traverser les entreprises de mon beau-fils. «Ceulx du conseil d’icy viennent aussi de recevoir lettres de «Calais du 23 de ce mois, par lesquelles on leur mande que le «gouverneur de la Fère a esté tué d’un coup de hallebarde par «le curé de la ville, et que depuis le duc de Meyne (Mayenne)

«a mis la ville entre les mains du duc de Parme, quy y à fait centrer garnison Espagnole ; de quoy tous les catholiques de ces «quartiers-là murmurent extrêmement.

«Que l’on me faict de dépit, quand on me dict que vous ne «pouvez marcher devant le commencement d'août. Si j'estois «homme, pour certain j'eüsse desjà présenté mille combats là «dessus. J’appréhende tant l'ennui que vous apporte ceste lon- «gueur, que si le ressentiment d’autruÿ pouvait diminuer vostre «peine, croyez qu’elle seroit beaucoup diminuée par le mien. «Je compte si bien les jours, que vous ne me reprocherez pas, «comme vous avez fait, que je ne date jamais mes lettres, car «je vous asseure que l’on ne me peut prendre, sans sçavoir, à «ceste heure, combien nous avons du mois. C’est aujourd’huy le «dernier de mai. Il y a quatre mois que vous estiez en Hol- «lande et que vous limitiez ce temps pour vostre séjour en Alle- «magne. Dieu veuille que vous ayez été prophète ! »

NX Lettres de Louise de Coligny à Huyghens.

-«Middelbourg, 18 janvier 1590.

«Monsieur Huyghens, j'escris à M. de Braele pour le faict de «la rente de mon fils, due par Messieurs d'Utrecht, de laquelle «est échue une année entière, et le prie de me faire ce plaisir «el à mon fils, d'en parler auxdicts seigneurs, et où il trouvera «convenir, et tant faire que je puisse recevoir ladite partie. Je «luy mande aussy que je vous envoye un blanc pour donner «quittance de ladite ‘parte, et le prie qu'il vous l’envoye. Vous «trouverez cy-Joints ledit blanc et les lettres adressantes audict

«sieur de Braele. Je vous prie, Monsieur Huyghens, suyvant vos «précédentes diligences et bons offices que vous avez faicts en «ceste mesme affaire, aussy que vous vouliez continuer et «ne laisser passer aucune occasion. Ce faisant, vous m’obligerez «de plus en plus à vous, où vous aurez affaire de moy; et, après «m'estre recommandée à vous, je prierai Dieu, Monsieur «Huyghens, de vous tenir en sa garde. |

« Vostre bien bonne amye, Louise de Colligny.

«Je ne vous envoie point d’autre blanc que celuy que vous «avez de moy, que vous ferez servir pour l’acquit de ceste partie «qui est échue, le 12 de décembre dernier.

Sh2 «Middelbourg, 12 février 1590.

«Monsieur Huyghens, je vous ay cy-devant escrit et prié de «vouloir avoir souvenance de mon affaire envers Messieurs « d'Utrecht ; et aussy, sur l’avis que vous m'aviés donné par les «vostres, j'en escrivis, par mesme moyen, à M. le conseiller « Walker, et vous envoyai les lettres pour les luy faire tenir. « Toutesfois je n’ay depuis entendu nulles nouvelles, ni de vous, «ni de luy; occasion que, se présentant ceste commodité, je vous «fais ceste requeste et vous prie ne vous lasser en ceste pour- «suite, laquelle je vous recommande autant et plus qu'aupara- «vant j'ay faict, pour le besoin que j'ay d’estre promptement «secourue d'argent. C’est dont vous aurez, s'il vous plaist, sou- «venance, qui m'obligera tousjours à le reconnaître, comme «j'espère faire, d'autant bonne volonté, que je me recommande «à vous, et prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous donner ce que

« désirez.

. « Vostre bien bonne amye, Louise de Colligny.»

Le «Middelbourg, 10 mars 1590.

«Monsieur Huyghens, depuis vous avoir escrit le .... de ce «moOISs, Jay reçeu vostre pacquet, dans lequel estoient les copies «des deux ordonnances de Messieurs d'Utrecht, avec copie des «quittances que l’on veut avoir de moy; et, sur l’avis que me «donnez, j'escris présentement à M. Thin, luy remonstrant qu'il «semble que, par le contenu desdites ordonnances et quittances, «on me veuille retrancher le paiement des deux dernières années ; «OCCasion que, pour en sçavoir la vérité et l'intelligence du «contenu desdites ordonnances, que je le priede m'en vouloir «mander la résolution; ce qu'attendant, j'ay différé d'envoyer «mes quittances. C’est aussy ce dont je vous prie vouloir prendre «la peine de solliciter, afin qu'après en avoir esté avertie, J'avise «à y procéder par conseil, et sur ce, me recommandant à vous, «je prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous donner, en bonne «santé, longue vie.»

«Vostre meilleure et plus assurée amye, Louyse de Colligny.»

«Middelbourg, 12 avril 1590.

«Monsieur Huyghens, ayant vü la bonne volonté que Mes- «sieurs d'Utrecht ont de me faire payer les deux années d’arré- «rages qui me sont dues, suyvant les lettres que le s' Thin m'a «escrites, j'aye avisé d'envoyer exprès ce porteur audict Utrecht, «avec les quatre quittances qu'ils demandent. Je luy ay donné «charge de vous porter la présente, et vous prier de ma part, luy «vouloir donner instructions pour négocier promptement ceste «affaire, qui m'est d'importance, pour le besoin que j'ay à

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« présent d’estre secourue d’argent. Je m’asseure tousjours que, «de vostre costé, vous vous y emploierez volontiers : c’est ce «qui me fait vous en escrire souvent. Aussy, j'ay autant bonne «volonté de le reconnaître, comme, après m'estre recommandée «à vous, je prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous donner, en «parfaite santé, longue vie,

« Vostre meilleure et plus assurée amye, Louise de Colligny.»

«Middelbourg, 16 avril 1590.

«Monsieur Huyghens, j'ay aujourd’huy reçeu la vostre du 12 «de ce mois, vous remerciant, de bon cœur, de vos honnestes «offres, lesquelles j'ay toujours fort volontiers acceptées, comme «Je fais encore à présent, pour me voir en estat d’avoir affaire, «en plusieurs façons, de mes bons amis, au nombre desquels «vous vous faites paroistre des premiers. Au reste J'ay reçeu les «trois cents florins de M. le trésorier Mannemaker, et partant, «vous ne différerez d'envoyer mon récépissé au trésorier de M°"° la «comtesse de Meurs, comme vous le mandez, et, à tant, Je me «recommande à vous, et prie Dieu, Monsieur Huyghens, vous «avoir en sa saincte garde.

« Vostre bien bonne amye, Louyse de Colligny.»

«Middelbourg, 25 juin 1590.

« Monsieur Huyghens, au mois de mars dernier, je reçus une «lettre de vous, par laquelle vous me donniez quelque espérance, «qu’en peu de temps, je pourrais estre satisfaite des arrérages «de la rente que Messieurs d’Utrecht doibvent à mon fils, selon «mesme que M. de Brakel m'en avoit aussi escrit; et toutesfois,

«cela n'ayant esté effectué, j'en ay depuis deux ou trois jours «en çà parlé au s' Boks, qui m'a promis s’y employer. En «outre, je luy ay baillé une lettre que j'escris audit sieur « Brakel, pour le mesme faict. J'espère qu’ils y feront leur mieux, «et vous prie aussy que, de vostre part, vous v vouliez servir et centr'aider. J’ay mandé audit sieur Brakel que vous aviez des «blancs de moy. Vous les ferez servir à cest effect. Il est à pré- «sent dù trois termes de ladite rente. Si vous Îles recevez, vous «les délivrerez au s' de Kinschot, qui me les fera tenir de deçà. «Et n’estant la présenté à autre effect, Je me recommande à «vous, et prieray Dieu, seigneur Huyghens, vous donner, en «bonne santé, longue vie.

«Vostre bien bonne amye, Louise de Colligny.»

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«Middelbourg, 7 juillet 1590.

«Monsieur Huyghens, suyvant la vostre, je vous envoie présen- «tement deux blancs pour servir de quittance de ce qui m'est dû «par Messieurs d'Utrecht. Je vous prie les vouloir faire remplir «comme vous sçavez bien faire ; et si recevez argent, vous le «délivrerez, au s' de Kinschot, qui me le fera tenir par deçà. «J’estime vous avoir envoyé par cy-devant un autre blanc, «outre celuy que m'avez renvoyé, et toutefois n’en estant «pas bien assurée, je n'ay laissé de vous envoyer les deux «cy enclos. Vous me faictes, en cela, beaucoup de plaisir, que «je recognoistrai tousjours très volontiers ; et m’estant recom- «mandée à vous, je prie Dieu, seigneur Huyghens, vous donner «en bonne santé, longue vie.

«Vostre bien bonne amye, Louise de Colligny.»

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«Middelbourg, 8 août 1590.

«Monsieur Huyghens, j'ay reçu les 560 florins que Lobert, «secrétaire de M. le comte de Meurs, vous avoit cy-devant «fournis, lesquels m'ont esté envoyés par le s' Kinschot. Et pour «ce que vous vous plaignez, par la vostre, du déchet qui s’est «trouvé en ladite somme, je suis certes très marrie de la «fascherie que vous en avez prise, vous voulant bien asseurer «que je vous reconnais et estime tel, que, tant en mon particu- «lier que envers ceux pour lesquels vous ferez ce bien de vous «employer, je vous réputerai tousjours très fidèle et asseuré «amy, comme je l’ay connu une infinité de fois; et tant s’en «faut que je voulusse entrer en aucune sinistre présomption «de vous, qu'en outre, si j'avais quelque affaire de sérieuse «importance, je ne voudrois faire élection de personne plus «fidèle pour la négocier, que vous. Pourtant vous me ferés «plaisir de n'entrer plus en ceste défiance, et quant et quant «continuer en la bonne volonté que m'avez tousjours portée ; «ce que j'espère reconnoistre, Dieu aidant, auquel, après «m'estre recommandée à vous, je prie vous donner, en bonne «santé, longue vie.

« Vostre bien bonne amye, Louise de Coligny.»

«Middelbourg, 9 décembre 1590.

«Monseigneur Huyghens, d'autant qu'on m’a dit que M. le «comte mon beau-fils, estabsent de La Haye, et que je croy bien «que ses gens sont avec luy, je vous prie me faire le plaisir de pré- «senter une lettre que je vous envoie cy-jointe à Messieurs du con-

«seil provincial d’Hollande, et le faire aussitost que vous l'aurez «reçeu; car c’est une réponse sur une apostille qu'ils ont donnée, «laquelle il faut que je fasse dedans le temps limité en ladite «apostille aussi, je vous prie me mander ce que vous aurez fait «pour moy, à Utrecht, car j'en ay bien affaire. Ce faisant, vous «m’obligerez de plus en plus à vous. Et sur ce, je prie Dieu, «Monsieur Huyghens, vous donner, en bonne santé, longue vie.

« Vostre meilleure et plus assurée amye, Louyse de Coligny.»

«Middelbourg, 143 mars 1591.

«Monsieur Huyghens, je n’ay trouvé aucune propre occasion « pour vous advertir que j'ay cy-devant reçu les vosires, avec celles «qui sont écrites à Tergoes; et depuis j'ay aussy receules vostres du «h de ce mois; sur quoy je vous diray, qu’estant icy Lobat, secré- «taire de feu M. le comte de Monin, Jay, par son avis, faif par- «ler au sieur de Mannemaker, pour savoir de lui si, au cas où «M la comtesse de Meurs, ou son trésorier, recevrait à Utrecht «les 300 florins qui me sont dûs de reste, il me fournirait par- «deçà ladite somme sur ce qui est ordonné pour ladite dame «comtesse par Messieurs les Estats; ce que ledit Mannemaker «m'a promis faire, estant averti de la réception desdits 300 flo- «rins; et dès lors je vous en escris par ledit Lobat de ladite «résolution, laquelle je desire faire effectuer selon qu'elle a esté «proposée, C’est pourquoy je vous prie me faire ce bien, de pour- «chasser que ladite somme de 300 florins soit reçue audit Utrecht «par ladite dame comtesse de Meurs, ou par son trésorier et «secrétaire, et m'en envoyer la réception, pour en avertir ledit «Mannemaker, duquel je recevray, en ce faisant, plus commo- «dément icy ladite somme, que à Tergoes, où il faudrait que «j'envoyasse exprès, et en danger de ne trouver le receveur, ou

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, LOUISE DE COLIGNY. 475 LR 2 TP D EN PL UT «autre telle incommodité; et après avoir sçeu de vous ce que . Cvous en avez fait, je vous renverrai la lettre escrite audit « Tergoes, laquelle je retiendrai encore pardevers moy, en atten- «dant vostre réponse, que je vous prie diligenter comme il vous «sera possible, estant pressée du service desdits deniers ; ce que «m'assurant, que ferez volontiers, je vous présente mes recom- «mandations, et prieray Dieu, Monsieur Huyghens, vous don- «ner, en bonne santé, longue vie.

«Vostre meilleure et plus asseurée amye, Louyse de Colligny.»

«Middelbourg, 15 mars 1591.

«Monsieur Huyghens, j'ay reçue avec la vostre, celle de «Lobat, secrétaire de mon fils, le comte de Nassau. Il me mande, «comme 1l a encore fait par une autre sienne lettre que je trouve «aujourd huy, qu'il vous a envoyé le formulaire des quittances «quil est besoin que j'envoye pardelà pour recevoir les 900 «florins dont il dit avoir ordonnance. Toutefois, puisque ainsi «est que vous ne les avez pas reçus, je vous prie luy envoyer «incontinent celle que je luy escris, afin qu'il en envoie d’autres, «car ceste affaire-çy mérite une prompte sollicitation. Et encores «que ledit Lobat reçoive argent pour moy, je luy mande qu'il «vous le fasse tenir, ou au trésorier Kinscot, afin puis apres que «vous me le puissiés faire rendre sûrement pardeçà, avec moindres «frais. Le s' Lobat m'escrit auscy que les 300 florins qui restent «des arrérages des deux années, vous m’en donnerés avis. C'est «ce que j'attendrai, avec réponse de la présente, vous remerciant «de la peine que prenez, qui je recognoistrai toujours très volon - «tiers ensuite; me recommandant à vous, je prierai Dieu vous «donner, en bonne santé, longue vie.

«Vostre meilleure et plus asseurée amye, Louyse de Colligny.»

«Middelbourg, 7 avril 1591.

«Monsieur Huyghens, suyvant la vostre du 30 mars dernier, «je vous renvoie présentement la lettre que m'aviez cy-devant «envoyée pour Tergoes, vous remerciant de la peine que prenez «pour moy, vous asseurant que je serai tousjours de revanche, «où l’occasion s’offrira. J’espère renvoyer au s' de Mannemaker les « 300 florins dont vous avez envoyé la quittance par le s' de Ton- «dorf, en me recommandant de bon cœur à vous, je prie Dieu, « Monsieur Huyghens, vous donner en bonne santé, longue vie.

«Vostre meilleure et plus asseurée bonne amye, Louyse de «Coligny.» |

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