‹ Louise et VictorineChapitre 3 sur 28 · FRAC À · texte numérisé non relu

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Ce rut laissant deux orphelines dans le monde.

Qu’elles durent être affreuses ses pensées dernières ! Qu’elle a dû souffrir, notre bonne mère, en songeant qu'elle allait nous quitter Hélas! je n'avais guère que neuf ans, et mon âge si peu avancé devait exciter dans son cœur des craintes sur notre avenir. © ma bonne mère! continua la sensible Louise avec exaltation, du séjour céleste, jetez un regard d'amour sur vos pauvres filles, qui vous ont à peine connue, et qui ne cessent de prier pour vous, et de vous régretter.

Voilà , ma sœur, la seule pensée qui m’agcable : que dis-je? une autre vient encorg s’y mêler. Ce pauvre père, que nous n’avons

. jamais vu, car lorsqu'il partit pour l’Améri-

que, nous étions au berceau; notre mère nous a raconté bien des fois cette touchante circonstance, qui sépara l'époux ae l'épouse, le père de ses pauvres enfants. Hélas! est-il encore vivant? Le reverrons-nous un jour ? Passant successivement de la plus horrible incertitude au plus séduisant espoir, jé ne puis trouvér de repos ; cependant dorsque je descends dans ma conscience, je me dis : Je remplis mon devoir én travaillant ; ma mère est satisfaite là-haut; et si mon père revient, il

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qe pourra bénir sa fille. Victorine, ma sœur, s'écria Louise, en donnant un tendre baiser -à la jeune nonchalante, console-toi, w’ajoute pas à més peines, celle non moins vive, de ta douleur sans motif, et de ton “affreux découragement.

Mais Victorine resta froide sous les vives -caresses de sa sœur ; elle demeurait iñsensibleà sestendresexhortations ; et poursuivant le cours dé ses coupables pensées: — Quoi due tu dises et fasses, dit-êllé, je né pourrai jamais m’ärmer de cette tranquillité d'esprit que tu possèdes, et je regrette toujours cette fortune que nous “’avons pas, ‘et qui est bien la seule félicité dé cé monde. Puisje voir de sang-froid de jeunes filles d’unenaissance, d’un rang bien au-dessous : des nôtres , m’accueillir sous le titré d’ou- :vrière, rire peut-être dema parure plus que ‘modeste, m’accablér d’un mépris injurieux, me parler enfin comme si je leur étais infé- . rieure? Haine faut encore dévoreren silence tous ces affronts, il me faut leur sourire, lorsque mon cœur est rempli d’amértumeé ét de colère, et cela dans la crainte dé n'être plus leur très humble servante. Oh ! si jamais nôtre père revenait, ccmine je me véngerais de leur dédain!

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