‹ Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon Penthièvre, duchesse d'OrléansChapitre 102 sur 168 · Communication de M. le comte de Chastellux · texte numérisé non relu

Communication de M. le comte de Chastellux

2. Communication de M. le comte de Chastellux, d'après les archives de sa maison. M. de Chastellux oppose à juste titre cette version à celle de M'"' de Genlis, d'après laquelle M«i*^ de Chastellux lui aurait dû sa place et l'aurait payée d'ingratitude en la desservant auprès de la duchesse dOrléans. Au soir d'une sombre vie, M™^ de Genlis, que la vieillesse ne gâtait point, écrivait ses Mémoires avec un peu d'amertume. Il est vraisemblable pourtant qu'elle usa de son influence auprès du duc d'Orléans pour le décider à ratifier le choix de la princesse. C'est, du moins, le bruit qui courait au moment de la Révolution.

3. Dans ses lettres à la princesse, M ^ de Chastellux appelle toujours la princesse « mon amie ».

DUCHESSE D'ORLÉAXS 1&5

près de vingt-sept ans, à travers toutes les vicissitudes les plus diverses, ne devait plus la quitter qu'en de bien rares circonstances.

A peine la duchesse d'Orléans était-elle revenue à Paris, que sa tille Adélaïde fut baptisée et qu'on songea à son avenir. Le lendemain de son baptême M^i^ d'Orléans vit le duc d'Angoulème et ils furent, dit on, promis l'un à l'autre. jyime de Genlis assure que la maison de la princesse fut nommée, le mariage arrêté, et que seule la Révolution empêcha d'y donner suite. On avance même que la duchesse d'Orléans insista auprès de son père pour qu'il assurât à sa petitetille l'hôtel de Toulouse et la terre de la Ferté.

Toutefois, il convient de faire des réserves avant que de nouvelles preuves soient versées au dossier de l'histoire. D'après une autre source, la duchesse d'Orléans aurait été seule à s'occuper de ce projet avec le comte d'Artois qui était bienveillant visà-vis du Palais-Royal, et le Roi ainsi que le duc d'Orléans n'auraient ni «. bourse délié » ni pris le projet au sérieux. Telle est du moins la version que la duchesse d'Orléans elle-même donnera par la suite * .

Cette année 1787, d'ailleurs, compte parmi celles qui apportent le plus de déceptions et de désillusions à la princesse.

A quel moment fut-elle édifiée sur la nature des rapports de son mari avec M^^ de Genlis ? Gela est bien difficile à préciser... Au moment de la

I. Par la voix de son chambellan, M. Rouzet de Folmon, dont il sera question dans la suite de ce volume.

Révolution, suivant M. de Moriolles? Je tends à croire que la lumière se fit beaucoup plus tôt et que, vers 1787, le voile se déchira, puis qu'il y eut ensuite des raccommodements et peut-être des illusions nouvelles :

]\j[me (Je Genlis nous dit elle-même que la princesse lui témoigna une grande affection pendant quinze ans. Gela nous donne 1786 ou 1787 comme date approximative du refroidissement de celte amitié. Or, en 1787, M^e d'Oberkirch, qui a connu la princesse « souriante », la retrouve les yeux souvent mouillés de pleurs. Et c'est en 1787 encore que cette même M^^^ d'Oberkirch rencontre dans le parc de Neuilly, « un couple amoureux qu'elle y dérange beaucoup ^ » :

« C'étaient M. le duc d'Orléans et M^^^ de Genlis. Ils étaient censés brouillés, par respect pour 31"^^ d'Orléans, qui r avait obtenu à force de larmes — écrit très formellement M^'^^ d'Oberkirch — et ils furent bien contrariés de nous voir là. Son Altesse Sérénissime avait demandé le huis clos du jardin. M. de Saint-James le lui avait promis, mais le concierge comprit mal ; il nous laissait toujours entrer avec le laisser-passer de M. de Pnységur et ne nous crut pas enclavés dans l'exclusion. Le prince nous salua assez platement, la dame prit un air superbe et releva la tête en nous regardant fixement comme une impératrice. Je la revis le soir je ne sais plus où, avec son éternelle harpe qu'elle traînait partout à sa suite ; elle ne sembla

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