Paroy : Op. cit., pp
Bien qu'elle soit parfois un peu apprêtée et plus sentimentale que bien comprise, la charité est alors à la mode. Un grand mouvement d'humanité signale l'époque, et Louis XVI donne l'exemple en favorisantles œuvres philanthropiques. Cela est bien conforme aux goûts de la duchesse d'Orléans. Dans les pauvres villages qui sont en bordure de la forêt de Bondy, elle trouve souvent l'occasion de continuer ses « promenades de charité », et de se signaler par des traits dont ses biographes nous ont laissé le récit. Il y en a de trop aimables pour qu'on les passe sous silence :
Un jour, la duchesse d'Orléans et la princesse de Lamballe découvrent dans une cabane un vieillard paralytique. Suivant la formule d'usage, « le vieillard gît sur un grabat et sa famille vit de pain noir et de racines ». Les princesses ne se nomment pas, « jettent sur la table leurs bourses pleines d'or )j, et toute la famille du paralytique — lui excepté, sans doute — tombe à genoux, « ne pouvant se défendre d'un grand attendrissement ». Des larmes abondantes sont versées de part et d'autre, et le vieillard se fait connaître. C'est un ancien militaire du régiment de Chartres. Touchée jusqu'au fond de l'àme, la duchesse d'Orléans consent à se nommer, et les bienfaits des « deux anges de vertu », suivis d'une pension du duc de Penlhièvre, mettent le vieillard « à même de se procurer les petits meubles utiles aux commodités de la vie ^ ».
On pourrait multiplier les anecdotes de ce genre.